Le rêve d’accessibilité d’Andréanne Martin

La nouvelle directrice générale de Tennis Québec souhaite que tous puissent jouer au tennis, peu importe la région ou la saison

Nommée à la direction générale de Tennis Québec au début du mois de décembre, Andréanne Martin arrive en plein cœur d’une période faste et névralgique pour le tennis d’ici. Son plus grand objectif est d’y donner un accès privilégié au plus de gens possible, tout en faisant du Québec la référence canadienne. Un énorme défi qu’elle est prête à relever.

Eugenie, Félix, Leylah. Trois joueurs que l’on reconnaît par leur simple prénom. C’est dire à quel point leur impact sur le sport et la culture populaire du Québec a eu un effet monstre. Depuis huit ans, tous les yeux de la planète tennis regardent ce que fait le Canada, en particulier au Québec, pour développer de si bons joueurs. La bonne nouvelle est que la tendance est à la hausse et qu’il y aura d’autres vedettes en provenance du Québec sur la scène mondiale. Plusieurs autres.

Toutefois, pour réaliser la prophétie, Tennis Québec doit aller de l’avant dans plusieurs aspects de son développement. C’est du moins la mission que s’est donnée Andréanne Martin en arrivant à la tête de Tennis Québec.

Pour y parvenir, la clé est d’augmenter l’accessibilité aux centres intérieurs. Pour que les joueurs québécois de tous les milieux puissent se développer avec succès à longueur d’année et grimper dans les différents classements canadiens, les jeunes doivent disputer des tournois et jouer plus souvent. Personne ne va réinventer la roue, mais il serait possible de lui donner un meilleur élan.

Le besoin est d’autant plus flagrant en région. Le Grand Montréal est relativement bien équipé, un nouveau centre de six terrains a été inauguré à Québec l’automne dernier, mais ailleurs, l’offre est minime et problématique, affirme Mme Martin.

Dans un monde idéal, Tennis Québec aurait ses propres installations, dont un gros centre intérieur où la fédération pourrait organiser des tournois pratiquement toutes les fins de semaine, en plus d’offrir des formations pour les entraîneurs, pour les officiels et pour les activités de développement.

Accrocher les jeunes

Mme Martin précise aussi que ces centres ne seraient pas destinés uniquement au développement des joueurs d’élite et de haute performance. Elle veut aussi que les jeunes âgées de 7 à 10 ans prennent goût à jouer au tennis. Elle souhaite que les enfants puissent jouer à un coût raisonnable, dans des infrastructures de qualité et, qui sait, peut-être un jour intégrer les différents programmes de développement. Par contre, tout doit partir d’un accès simple et direct au sport.

Le tennis est en santé au Québec et les écoles de formation bouillonnent. Toutefois, elle souhaite que les plus jeunes s’initient à la discipline par le plaisir, et non par l’aspect purement compétitif.

« Pour 2022, on a proposé une nouvelle orientation pour les tournois chez les 10 ans et moins, qui ne seront pas axés sur les résultats, mais sur le plaisir de jouer au tennis et le plaisir de compétitionner. »

— Andréanne Martin, directrice générale de Tennis Québec

Dans la même optique, la fédération a misé sur deux aspects. D’une part, le recrutement de jeunes officiels, qui vont pouvoir assurer le déroulement dans le plaisir des matchs des plus jeunes. D’autre part, des ateliers destinés aux parents : « On veut vraiment sensibiliser les parents au fait qu’à 8 ans, si l’enfant ne gagne pas, ce n’est vraiment pas grave. Le plus important, c’est qu’il s’amuse et qu’il continue d’aimer le tennis », a expliqué Mme Martin.

Attirer les municipalités

Avec l’engouement engendré par les récents succès des Québécois sur la scène internationale et la pandémie qui a forcé l’arrêt des sports d’équipe intérieurs, le tennis profite d’un nouveau souffle.

Mme Martin croit que cette effervescence va peut-être réussir à convaincre certaines municipalités de se doter de centres intérieurs. En vérité, le simple fait de bien entretenir les terrains extérieurs, de créer des clubs et de s’intégrer à la structure de Tennis Québec serait déjà un excellent début, estime la directrice générale.

« On aimerait que toutes les personnes qui ont récemment commencé à jouer adhèrent à notre structure, qu’elles deviennent membres, mais on veut aussi augmenter notre nombre de clubs affiliés. Les clubs intérieurs comme les clubs extérieurs. On offre différents programmes à nos clubs. »

Une femme pour piloter le navire

Arrivée en relève à Jean-François Manibal, qui avait été directeur général de la fédération au cours des 32 dernières années, Andréanne Martin espère que tout le monde réalisera que le sort des femmes dans le monde du tennis compte aux yeux de Tennis Québec.

Même si l’organisation a toujours laissé une place de choix à différentes femmes au fil des années, en avoir une au sommet de la pyramide lance un message fort, selon la principale intéressée. Néanmoins, elle est consciente qu’il y a encore du travail à faire et elle est déjà sur le coup.

« Il faut vraiment qu’on augmente le nombre de femmes à tous les niveaux. Il faut qu’on ait plus d’entraîneurs féminins, plus d’officiels féminins et plus de joueuses dans nos ligues collégiales et universitaires. »

— Andréanne Martin, directrice générale de Tennis Québec

Avant d’être nommée dans ses nouvelles fonctions, Mme Martin a notamment été entraîneuse pendant de nombreuses années. Elle a aussi donné plusieurs stages de formation, organisé la tournée Sports Experts au début des années 2000 et, depuis six ans, était employée par Tennis Québec.

Elle est donc convaincue que sa longue expérience dans le monde du tennis lui sera fort utile pour comprendre les nombreux défis auxquels la scène québécoise fait face.

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