Banque mondiale

Omicron, la menace numéro un en 2022

La croissance mondiale va ralentir cette année et un scénario du pire n’est pas exclu sous l’effet du variant Omicron, qui se répand comme une traînée de poudre sur tous les continents, accentuant pénurie de main-d’œuvre et problèmes logistiques, a prévenu mardi la Banque mondiale. L’institution a révisé en baisse de 0,2 point sa prévision de hausse de PIB mondial pour 2022, à 4,1 %, après 5,5 % en 2021, également en baisse de 0,2 point par rapport à l’estimation de juin dernier. Mais, selon différentes hypothèses, « les perturbations économiques simultanées provoquées par Omicron pourraient réduire davantage la croissance mondiale cette année, de 0,2 à 0,7 point de pourcentage », indique l’institution, ce qui ferait tomber la croissance à 3,9 %, voire 3,4 %. Dans ce scénario du pire, « la grande partie du choc se ferait sentir au premier trimestre 2022, suivi d’un rebond notable au deuxième trimestre », précise-t-elle. — Agence France-Presse

Forum de Davos

Les grands risques pour l’économie mondiale

La cybersécurité et l’espace sont des risques émergents pour l’économie mondiale, s’ajoutant aux défis existants posés par les changements climatiques et la pandémie de coronavirus, a déclaré mardi le Forum économique mondial dans un rapport.

Le rapport sur les risques mondiaux est généralement publié avant le rassemblement hivernal annuel des PDG et des dirigeants mondiaux dans la station de ski suisse de Davos, mais l’évènement a été reporté pour la deuxième année consécutive en raison de la COVID-19. Le Forum économique mondial prévoit toujours des séances virtuelles la semaine prochaine.

Voici un aperçu du rapport, qui est basé sur une enquête menée auprès d’environ 1000 experts et dirigeants :

La COVID-19, « menace critique »

Alors que 2022 commence, la pandémie et son impact économique et sociétal constituent toujours une « menace critique » pour le monde, selon le rapport. Les grandes différences entre l’accès des pays riches et pauvres aux vaccins signifient que leurs économies se rétablissent à des rythmes inégaux, ce qui pourrait aggraver les divisions sociales et exacerber les tensions géopolitiques.

D’ici 2024, l’économie mondiale devrait être inférieure de 2,3 % à ce qu’elle aurait été sans la pandémie. Mais cette donnée masque les différents taux de croissance entre les pays en développement, dont les économies devraient être 5,5 % inférieures à ce qu’elles étaient avant la pandémie, et les pays riches, qui devraient voir leurs économies augmenter de 0,9 %.

L’angle mort des dangers numériques

La pandémie a forcé un énorme changement en obligeant de nombreuses personnes à travailler ou à suivre des cours à domicile et donnant lieu à une explosion du nombre de plateformes et d’appareils en ligne pour faciliter la transformation, ce qui a considérablement fait augmenter les risques de sécurité, selon le rapport.

« Nous en sommes maintenant au point où les cybermenaces se développent plus rapidement que notre capacité à les prévenir et à les gérer efficacement », a déclaré Carolina Klint, responsable de la gestion des risques chez Marsh, dont la société mère Marsh McLennan a coécrit le rapport avec Zurich Insurance Group et Groupe SK.

Les cyberattaques deviennent de plus en plus agressives et répandues, car les criminels utilisent des tactiques plus dures pour s’attaquer à des cibles plus vulnérables, selon le rapport. Les attaques de logiciels malveillants et de rançongiciels ont explosé, tandis que l’essor des cryptomonnaies permet aux criminels en ligne de masquer facilement les paiements qu’ils ont collectés.

Bien que les personnes ayant répondu à l’enquête aient cité les menaces de cybersécurité comme un risque à court et à moyen terme, Mme Klint a précisé que les auteurs du rapport s’inquiétaient du fait qu’on n’accorde pas davantage la priorité à cet enjeu, suggérant qu’il s’agit d’un « angle mort » pour les entreprises et les gouvernements.

Course effrénée à l’espace

L’espace est la dernière frontière – pour le risque.

La baisse des coûts de la technologie a conduit à une nouvelle course à l’espace entre les entreprises et les gouvernements. L’année dernière, l’entreprise de tourisme spatial du fondateur d’Amazon Jeff Bezos, Blue Origin, et celle de Richard Branson, Virgin Galactic, ont décollé, tandis que l’entreprise Space X d’Elon Musk a réalisé des avancées dans le décollage d’astronautes et de satellites.

Pendant ce temps, une multitude de pays renforcent leurs programmes spatiaux alors qu’ils recherchent une puissance géopolitique et militaire ou des gains scientifiques et commerciaux, selon le rapport.

Mais tous ces programmes font courir un risque de frictions en orbite.

« L’exploitation accrue de ces orbites comporte un risque de congestion, une augmentation des débris et la possibilité de collisions dans un domaine avec peu de structures de gouvernance pour atténuer les nouvelles menaces », indique le rapport.

Crise climatique

L’environnement demeure la plus grande préoccupation à long terme.

La santé de la planète au cours de la prochaine décennie est la préoccupation dominante, selon les répondants à l’enquête, qui ont cité l’incapacité d’agir sur les changements climatiques, les conditions météorologiques extrêmes et la perte de biodiversité comme étant les trois principaux risques.

Le rapport note que différents pays optent pour des approches différentes, certains avançant plus rapidement que d’autres pour adopter un modèle carboneutre. Les deux approches ont des inconvénients. Alors qu’un mouvement lent pourrait radicaliser davantage de personnes qui pensent que le gouvernement n’agit pas de manière urgente, un abandon plus rapide des industries à forte intensité de carbone pourrait provoquer des troubles économiques et mettre des millions de personnes au chômage.

« L’adoption de politiques environnementales hâtives pourrait également avoir des conséquences inattendues pour la nature, note le rapport. Il existe encore de nombreux risques inconnus liés au déploiement de technologies biotechniques et de géo-ingénierie non testées. »

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