Adolescente happée mortellement dans le Centre-du-Québec

« Tu es partie trop tôt »

Les larmes coulaient sur les joues des résidants de Saint-Majorique-de-Grantham dimanche soir, au lendemain de la mort tragique d’une adolescente de 13 ans happée par une voiture. Famille et amis lui ont rendu un dernier hommage à la lueur des bougies sur les lieux du drame, appelant les automobilistes à ralentir dans le secteur.

Près de 100 personnes se sont regroupées autour d’une croix blanche plantée sur le boulevard Saint-Joseph Ouest, dans la petite municipalité du Centre-du-Québec.

La croix était ornée de photos d’Émily Villeneuve. Des proches de l’adolescente s’enlaçaient, en pleurs, pendant que des amies de la victime posaient des fleurs et des peluches sur le sol.

Émily a été percutée par une voiture vendredi soir, alors qu’elle marchait sur le boulevard Saint-Joseph Ouest, près de la rue Élisée. Elle a succombé à ses blessures le lendemain, à l’hôpital.

Agenouillée devant la croix, la mère d’Émily, Nathalie Demers, a adressé quelques mots à sa fille. « Je voulais juste te dire bon voyage. Va voir mamie, elle va t’aider à suivre le bon chemin », a-t-elle soufflé. « On m’a enlevé mon bébé », a-t-elle poursuivi, la voix brisée par un sanglot. La sœur et le père d’Émily étaient à ses côtés.

« Tu es partie trop tôt », a lancé Mme Demers, inconsolable. Seuls les pleurs se faisaient entendre dans l’air frais d’octobre.

L’oncle d’Émily, Patrice Demers, habite tout près du lieu où sa nièce a perdu la vie. « Ça roule en fou », a-t-il déploré en désignant le boulevard Saint-Joseph Ouest. De nombreuses familles résident dans ce secteur, et des enfants traversent fréquemment cette voie.

« Quand on a de jeunes enfants, c’est préoccupant », a renchéri Marie-Lyne Raymond, qui habite sur le boulevard. Pour inciter les automobilistes à ralentir dans cette zone, des résidants ont peint des panneaux sur lesquels on peut lire : « 30 attention ralentissez ».

Le manque d’éclairage est aussi dénoncé par les villageois. L’adolescente a été happée dans une portion qui n’est pas éclairée de la route, les lampadaires les plus près se situant à plusieurs mètres du lieu du drame. Il n’y a par ailleurs aucun trottoir.

« Ça pourrait être l’un de nos enfants, c’est difficile », a affirmé la mère d’un jeune qui fréquente la même école qu’Émily, qui n’a pas voulu être nommée. De nombreux camarades de classe sont venus pleurer leur amie.

« Il y a un sentiment d’injustice. Elle ne méritait pas ça. Elle était aimée de tous, c’est ce que [ma fille] m’a dit », a affirmé la mère d’une amie d’Émily, qui a également souhaité préserver son anonymat par respect pour la famille.

Onde de choc

La mort de l’adolescente a ébranlé la petite communauté de Saint-Majorique-de-Grantham. Le centre de services scolaire (CSS) des Chênes a assuré qu’une équipe de psychologues serait disponible afin de soutenir les élèves qui en ressentiraient le besoin.

« Nous sommes fortement ébranlés par ce drame. Il est difficile de trouver les mots justes quand une tragédie de la sorte fauche la vie de l’une des nôtres, l’une de nos étoiles. Nous sommes de tout cœur avec la famille, les amis et les proches d’Émily, à qui nous envoyons nos meilleures pensées et souhaitons toute la sérénité possible pour surmonter cette épreuve », a affirmé le directeur général du CSS des Chênes, Lucien Maltais, dans un message sur Facebook.

La conductrice ayant happé l’adolescente a été transportée dans un centre hospitalier pour un choc nerveux. Selon les premières informations obtenues par la Sûreté du Québec, aucun élément criminel n’est en cause dans cette affaire. Une enquête est toujours en cours.

La mort d’Émily est survenue quelques jours après un accident semblable à Saint-Lin–Laurentides, dans la région de Lanaudière. Un piéton de 16 ans est mort le 29 septembre après avoir été percuté par un véhicule, dont le conducteur a pris la fuite.

— Avec la collaboration de Mayssa Ferah, La Presse

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