Crise des opioïdes

Montréal appelle les arrondissements à se doter de naloxone

La Ville de Montréal appelle les arrondissements qui n’ont pas encore introduit la naloxone dans leurs trousses de premiers soins à le faire. La Presse rapportait mercredi que les employés de plusieurs arrondissements ne peuvent l’administrer même s’ils soupçonnent une surdose d’opioïdes. Une approche qui va à l’encontre des recommandations du ministère de la Santé et des Services sociaux.

« Dans l’arrondissement de Ville-Marie, comme dans plusieurs autres arrondissements, nous avons introduit la naloxone dans les trousses, et on voit déjà les effets positifs », a déclaré à La Presse Robert Beaudry, conseiller de la Ville de Montréal dans Ville-Marie. La Ville aura des discussions avec les arrondissements qui ne l’ont pas encore fait « pour les sensibiliser et les inciter à emboîter le pas ».

La Presse rapportait mercredi que les employés de Rosemont–La Petite-Patrie, de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension et de LaSalle ne peuvent pas administrer de la naloxone s’ils soupçonnent une surdose d’opioïdes. Les employés – autant les cols bleus que les cols blancs – ont plutôt la consigne d’appeler le 911.

Bien qu’appeler les services d’urgence lorsqu’une personne est en surdose demeure essentiel, ça « peut ne pas suffire » pour sauver la vie de cette personne, estime l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP).

À Montréal-Nord, Lachine et L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève, les formations de secourisme offertes aux employés n’incluent pas non plus l’administration de naloxone. Le ministère de la Santé recommande pourtant l’emploi de la naloxone par les secouristes en milieu de travail et encourage les employeurs à offrir la formation nécessaire à cet égard, afin de contribuer à contrer la crise des opioïdes.

Campagne de sensibilisation

Le ministre responsable des Services sociaux, Lionel Carmant a déclaré mercredi matin sur X que « tout le monde devrait pouvoir utiliser de la naloxone ». Son équipe travaille d’ailleurs avec l’AQPP sur une campagne de sensibilisation pour tous les citoyens.

Plusieurs arrondissements forment toutefois certains de leurs employés à son utilisation : Le Plateau-Mont-Royal, Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Saint-Laurent, Verdun, Saint-Léonard, Ville-Marie, Pierrefonds-Roxboro et Le Sud-Ouest.

La naloxone est un médicament qui renverse temporairement les effets d’une surdose d’opioïdes, dont le fentanyl, l’héroïne, la morphine et la codéine. Elle peut être administrée par voie intranasale, en insérant le vaporisateur dans une narine, ou en injection intramusculaire, grâce à une seringue dans l’épaule ou la cuisse. L’effet du médicament s’étend généralement sur une période de 20 à 90 minutes.

Depuis 2017, des trousses contenant l’antidote sont offertes gratuitement dans toutes les pharmacies du Québec et dans certains établissements de santé et organismes communautaires à toute personne âgée de 14 ans et plus, sans ordonnance.

Les trousses de naloxone ont permis de neutraliser des milliers de surdoses d’opioïdes au pays, selon le gouvernement du Canada.

Élection partielle dans LaSalle–Émard–Verdun

Le NPD donne le coup d’envoi à sa campagne

Rassemblés au bureau du candidat Craig Sauvé, les néo-démocrates ont lancé mercredi leur campagne en vue de l’élection partielle dans LaSalle–Émard–Verdun. Pour l’occasion, le chef Jagmeet Singh était de passage dans la métropole.

Laissée vacante par le départ du ténor libéral David Lametti, officialisé en février dernier, la circonscription est dans la ligne de mire du Nouveau Parti démocratique (NPD), qui ne lésine pas sur les moyens pour la ravir. Ce faisant, même si le parti vient de donner le coup d’envoi de sa campagne, le candidat Craig Sauvé fait depuis plusieurs mois déjà du porte-à-porte.

« Ça va super bien, assure-t-il. […] Ce qu’on ressent, c’est que les gens veulent quelque chose d’autre. Les gens aiment notre chef, Jagmeet Singh. » Et la campagne « all-in » que mènent les néo-démocrates s’est bien fait sentir, mercredi soir, au bureau de circonscription, rue Wellington. Malgré le retard d’une quarantaine de minutes du chef Jagmeet Singh – intempéries obligent –, les militants n’ont pas dérougi, l’accueillant avec enthousiasme.

Un enthousiasme dont a aussi été auréolé Craig Sauvé, conseiller municipal de l’arrondissement du Sud-Ouest depuis 2013, bercé par les chants répétés de son prénom. Dans son désir de faire quelque chose de « next level », il a surtout insisté sur l’importance d’attaquer de front l’enjeu de la crise du logement, dont souffrent les résidants de LaSalle–Émard–Verdun. Une crise, dit-il, « inacceptable » qu’il est « urgent de changer ».

Les causes sociales à l’avant-plan

Dans son discours d’une dizaine de minutes, Craig Sauvé a aussi nommé une kyrielle de causes se trouvant au cœur de son engagement politique. « Soins de santé », « dignité humaine », « environnement », lutte contre « le racisme, l’homophobie et la transphobie », de même que les « crises humanitaires » – de la guerre à Gaza à celle en Ukraine – ont été abordés.

Enfin, devant la foule, M. Sauvé a affirmé que non seulement le NPD était en position de l’emporter dans LaSalle–Émard–Verdun, mais qu’il « gagnait déjà ».

Alexandre Boulerice, député néo-démocrate de Rosemont–La Petite-Patrie et chef adjoint du parti, était aussi du nombre. Il a appelé à un vent de changement dans la circonscription du sud-ouest de Montréal, vantant les mérites de Craig Sauvé, qu’il connaît depuis de nombreuses années. « [Craig est] un formidable militant, quelqu’un qui a le cœur a la bonne place, qui a de vraies valeurs et qui travaille pour le monde », a-t-il déclaré.

Malgré les forts appuis dont bénéficient traditionnellement les libéraux dans LaSalle–Émard–Verdun, Jagmeet Singh a quant à lui estimé que le désaveu généralisé dont pâtit Justin Trudeau pourrait jouer en faveur des siens. « On a une opportunité d’envoyer un message clair aux libéraux : vous avez laissé les gens de côté », a-t-il tonné, déplorant coup sur coup la cherté de la vie et l’inaccessibilité des logements.

Bastion libéral

Lors du plus récent scrutin dans la circonscription, aux élections générales de 2021, le NPD était arrivé troisième (19,4 %) derrière le Bloc québécois (22,1 %) et le Parti libéral (42,9 %). Des partis représentés à la Chambre des communes, le Parti conservateur fermait la marche, avec 7,5 % des votes.

Le Bloc québécois, le Parti conservateur et le Parti libéral n’ont pas encore désigné de candidat en vue de l’élection partielle. Selon ce qu’a rapporté La Presse la semaine dernière, l’inquiétude et l’impatience commencent à se faire sentir dans les rangs libéraux1, le scrutin devant se tenir au plus tard le lundi 16 septembre.

De plus, même si LaSalle–Émard–Verdun est réputée être un bastion libéral, il semble que les châteaux forts soient plus que jamais susceptibles de tomber. En Ontario, la circonscription de Toronto–St. Paul’s, libérale 30 ans durant, a été ravie le 24 juin dernier par les conservateurs lors d’une autre élection partielle.

Le premier ministre Justin Trudeau a jusqu’au 30 juillet pour annoncer la date du scrutin.

Adolescente victime de proxénétisme

Son amie la « vend » à un proxénète

Recrutée par une adolescente en qui elle avait confiance, puis jetée dans les griffes d’un pimp : une fugueuse de 14 ans s’est retrouvée victime de proxénétisme il y a cinq ans alors qu’elle cherchait à fuir sa famille d’accueil.

La juge Guylaine Rivest a entériné la suggestion commune des deux parties, soit quatre ans de pénitencier pour le proxénète Raouf Khaled Laïb, mardi au palais de justice de Montréal.

Le trentenaire a tenté de commettre du proxénétisme à l’égard d’Anne-Marie*, une adolescente en fugue.

Juillet 2019. La victime, âgée de 14 ans, s’enfuit de son domicile de Gatineau, où elle est hébergée par une famille d’accueil. Elle sollicite ses abonnés sur l’application Snapchat pour à se rendre à Montréal. Ce sera le début d’un cauchemar pour la jeune fille.

Cassandre*, une adolescente de 16 ans dont on ne peut révéler la véritable identité en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents, répond à l’appel à l’aide et l’invite chez elle.

Les deux filles se rendent dans un appartement à Ottawa. C’est à cet endroit que deux hommes agressent sexuellement Anne-Marie, selon l’exposé conjoint des faits déposé par la procureure de la Couronne MJessica Drolet mardi lors de la sentence.

Pour Cassandre, il ne s’agissait pas d’un viol, mais plutôt « d’un test que la victime a réussi avec succès », selon le document judiciaire. C’était un piège : la bonne samaritaine tentait en fait de la recruter.

Manipulée

Les promesses pécuniaires sont vite ternies par une triste réalité : Anne-Marie est avisée que son pimp garderait 40 % de l’argent et elle, 60 %. Cassandre, 16 ans, l’avertit : elle devra également recevoir un avantage financier, « parce que c’est elle qui l’a fournie ».

La recruteuse insiste auprès de l’adolescente vulnérable : si elle veut des clients, elle doit prendre des photos explicites. Elle prend elle-même les clichés, qui incluent de la nudité, et les envoie à « des amis. »

La complice du proxénète prétend alors que la victime a 17 ans.

Elle amène Anne-Marie se faire poser de faux ongles et de faux cils, « pour avoir l’air plus vieille », selon cette dernière. Cassandre va même jusqu’à lui confisquer toutes ses cartes d’identité.

Prise au piège

C’est à ce moment que Raouf Khaled Laïb, 30 ans, entre dans le décor.

Il vient chercher la victime en BMW noire et lui explique qu’ils feraient 10 000 $ en deux semaines.

« L’accusé lui a dit qu’il allait l’entretenir et veiller à ses besoins, mais qu’il ne voulait pas qu’elle ait de l’argent comptant sur elle. La victime ne pourrait pas vraiment sortir non plus, puisque la business passe en premier selon lui », révèle le résumé des faits.

Il lui dit qu’il faut qu’elle commence à travailler dès le lendemain, ayant déjà publié les photos prises par Cassandre sur un site d’escortes.

La victime raconte avoir été agressée sexuellement par Laïb pendant la nuit dans un appartement au centre-ville de Montréal. L’adolescente est anéantie. Elle refuse de rencontrer des clients le lendemain matin et s’enfuie de chez l’accusé lorsque ce dernier lui lance un ultimatum : « travailler » ou partir.

Détenu depuis le 23 février 2023, Raouf Khaled Laïb a encore un peu moins de trois ans de prison à purger.

Sa complice, Cassandre, a plaidé coupable en 2020 devant le Tribunal de la jeunesse à des accusations de leurre, de proxénétisme à l’égard d’une personne âgée de moins de 18 ans, de distribution et de production de pornographie juvénile.

*Prénoms fictifs

Un sadique sexuel condamné à 12 ans de pénitencier

Un sadique sexuel qui a dominé, humilié et agressé sexuellement à répétition deux femmes a été condamné mercredi à une peine sévère de 12 ans de pénitencier. Véritable tortionnaire, Patrick Jacob traitait l’une de ses victimes comme une « chienne », forcée de boire à la gamelle. Dans sa décision, le juge Alexandre Dalmau cite une longue liste de facteurs aggravants : la grande vulnérabilité des victimes, la violence sexuelle délibérée et planifiée, le nombre d’agressions sexuelles, l’utilisation de drogues dures pour contraindre les victimes et la cavale de six mois de l’accusé. Le risque de récidive de l’accusé est « élevé », souligne le juge. Patrick Jacob sera inscrit à vie au Registre des délinquants sexuels. Il lui reste environ sept ans et demi à purger à sa peine compte tenu du temps passé en détention préventive.

— Louis-Samuel Perron, La Presse

Tribune de la presse

L’expulsion de Québecor refusée

La Cour du Québec refuse d’ordonner l’expulsion des journalistes de Québecor des locaux qu’ils occupent sans frais à la Tribune de la presse. Contrairement à ce qu’affirme l’Assemblée nationale, le tribunal considère qu’il n’y a aucune urgence à ordonner à Québecor de libérer les espaces qu’occupent ses employés. La cour se montre sensible aux arguments du Parlement, qui souligne que la filiale médiatique de Québecor, l’Agence QMI, occupe ses locaux sans payer de loyer depuis août 2023. Tous les autres médias présents à la Tribune de la presse payent pour accéder aux locaux qu’ils utilisent. Mais la juge Manon Gaudreault a refusé de trancher la question dans l’urgence et laisse les procédures se poursuivre. Après le rejet de la demande d’ordonnance de sauvegarde, les parties doivent convenir d’une marche à suivre pour la suite du procès, « dans un délai maximal de 45 jours ».

— Hugo Joncas, La Presse

Meurtre à LaSalle

Un homme de 55 ans tué par balle

L’homme dans la cinquantaine blessé par balle dans l’arrondissement de LaSalle au courant de la nuit de mardi à mercredi a succombé à ses blessures. Il s’agit du 18meurtre sur le territoire du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). C’est vers 1 h que des coups de feu auraient été entendus dans un quartier résidentiel de LaSalle. Les policiers ont découvert à l’intérieur d’un logement un homme de 55 ans atteint par projectile d’arme à feu au haut du corps. Selon nos informations, il s’agit de Paul Payne, un homme connu des services de police. L’enquête a été trasmise à la section des crimes majeurs du SPVM. Aucun suspect n’a été arrêté pour le moment, selon l’agent Jean-Pierre Brabant, des relations médias.

— Mayssa Ferah, La Presse

Pont Alexandra d’Ottawa

Le pont devra être remplacé

Les responsables fédéraux affirment que six décennies d’utilisation de sel de voirie ont sonné le glas d’un pont interprovincial vieux de 123 ans à Ottawa. Le pont Alexandra devra être démoli à cause de la rouille, ont déclaré des responsables fédéraux. Le processus d’approvisionnement pour un nouveau pont débutera à l’automne, lorsque le public aura l’occasion de se prononcer sur trois options de conception. Les responsables ont refusé de dire combien cela coûterait, selon eux, mais une évaluation de 2018 suggérait que le nouveau pont coûterait 800 millions. Le pont est actuellement fermé aux véhicules pour subir des travaux d’entretien jusqu’au début de l’année prochaine et sera probablement démoli d’ici 2030.

— La Presse Canadienne

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