Radios de Stingray

La baisse des dépenses publicitaires gruge les revenus

Les revenus publicitaires des stations radiophoniques de Stingray n’ont pas encore repris le terrain perdu durant la pandémie, alors que les concessionnaires automobiles doivent composer avec des stocks serrés.

Les revenus de la centaine de stations de l’entreprise montréalaise ont atteint 32 millions, en hausse de 9,5 % par rapport à l’an dernier. Les revenus se trouvent tout de même près de 25 % sous leur seuil d’avant la pandémie.

Les stocks serrés font en sorte que les concessionnaires automobiles, qui représentaient « de 10 % à 12 % » des revenus publicitaires, n’ont plus besoin d’annoncer pour attirer la clientèle, a expliqué Eric Boyko, président, cofondateur et chef de la direction de Stingray, lors d’une conférence téléphonique, mercredi, visant à discuter des plus récents résultats trimestriels. « Tout ce que les concessionnaires reçoivent, c’est déjà vendu. »

Les actionnaires devront se montrer patients avant que la reprise du segment radio soit complétée, croit Matthew Lee, analyste de Canaccord Genuity. « Nous croyons qu’il faudra encore du temps pour une reprise complète tandis que le retour continue. »

L’entreprise est toutefois parvenue à attirer de nouveaux annonceurs, souligne M. Boyko. L’assouplissement de la réglementation entourant les paris sportifs en Ontario a été une nouvelle source d’annonceurs.

« Nous avons aussi réduit nos coûts de 10 millions à 12 millions. Notre nouvelle structure de coûts nous permet d’avoir une rentabilité comparable à celle d’il y a trois ans avec des revenus moindres. »

– Eric Boyko, président, cofondateur et chef de la direction de Stingray

La société a atteint ses objectifs de revenus publicitaires pour le premier trimestre et est sur la bonne voie pour le deuxième trimestre, a dit M. Boyko. Il a toutefois reconnu qu’un ralentissement était possible pour la deuxième moitié de l’exercice (octobre à fin mars).

Le dirigeant a d’ailleurs fait le point sur les démarches de l’entreprise afin de bonifier son offre publicitaire, particulièrement dans le segment de la diffusion de musique en entreprise (la musique diffusée dans les commerces).

Il a souligné que ce segment était moins influencé par l’état de l’économie. « La bonne nouvelle pour les annonces en magasin est que l’économie ne changera pas les plans d’une entreprise qui veut annoncer un spécial sur les tacos le mardi. »

Un réseau qui s’élargit

En mai dernier, Stingray a ajouté l’épicier Metro à son réseau. L’entreprise aura la responsabilité exclusive des publicités audio numériques diffusées dans les épiceries du détaillant en Ontario et au Québec ainsi que dans ses pharmacies, notamment l’enseigne Jean Coutu.

La semaine dernière, Stingray s’est aussi associé à Geopath pour lancer l’évaluation de la publicité extérieure audio fondée sur l’emplacement aux États-Unis.

M. Boyko a dit que la société avait l’équivalent de 80 millions d’espaces publicitaires invendus au Canada et, également, 80 millions aux États-Unis. « Nous avons beaucoup d’inventaires à vendre, mais ça va prendre du temps pour avoir le bon prix, les bons partenaires. »

Les résultats

Au premier trimestre (terminé le 30 juin), la société a enregistré un bénéfice net de 9,4 millions, comparativement à 4,2 millions à la même période l’an dernier.

Le bénéfice ajusté par action s’établit à 19 cents. Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient un bénéfice ajusté par action de 19 cents.

Les revenus, pour leur part, ont progressé de 21,6 % pour s’établir à 78,1 millions. L’entreprise a attribué cette augmentation à l’acquisition d’InStore Audio Network, à l’assouplissement des mesures sanitaires, à l’augmentation du nombre d’abonnés et à l’augmentation des ventes de services d’installation et de matériel liées à l’affichage numérique.

Alors que les marges de Stingray avaient déçu au trimestre précédent, Scott Fletcher, de Marchés mondiaux CIBC, s’est dit « encouragé » de voir les marges s’établir à 33,4 %, comparativement à 33,1 % à la même période l’an dernier.

Mercredi après-midi, l’action gagnait 3 cents, ou 0,49 %, à 6,20 $ à la Bourse de Toronto.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.