COVID-19

Québec a « manqué de respect » envers la religion, tonne Mgr Lacroix

Les autorités québécoises ont « manqué de respect » envers les groupes religieux pendant le confinement, a tonné dimanche en chaire l’archevêque de Québec, Gérald Cyprien Lacroix. Publiée sous forme de communiqué lundi, sa prise de position a trouvé un écho immédiat dans les autres communautés.

« Nous avons collaboré dès le début avec les autorités pour fermer les lieux de culte, dit Mgr Lacroix en entrevue. Nous avons essayé de savoir selon quelles modalités il serait possible de les rouvrir, mais nous n’avons jamais pu parler aux autorités. Nous avions un point de contact qui faisait de son mieux, mais il n’avait pas de réponses aux questions que nous lui demandions de relayer. Jamais M. Legault n’a remercié les sacrifices des fidèles durant Pâques, le ramadan. Si nous voulions avoir des réponses, il nous fallait demander aux journalistes de les poser. Les casinos ont pu rouvrir avant les églises ! »

En ce moment, les lieux de culte peuvent accueillir 50 personnes, mais Mgr Lacroix a accueilli 200 personnes à Sainte-Anne-de-Beaupré dimanche dernier. Tout le monde portait le masque et pratiquait la distanciation physique, les hosties étaient données sans contact par une personne qui s’était désinfectée auparavant. Les confessions se font dans une salle plutôt que dans le confessionnal, les cérémonies de première communion ont été reportées à l’automne. Les autres groupes joints par La Presse s’en tiennent tous à 50 personnes, attendant la semaine prochaine pour passer à 250 dans les lieux où c’est possible.

« À la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, par exemple, la capacité est de 1200 personnes, mais on a calculé qu’il fallait rester sous les 200 personnes, alors on n’ira pas à 250, dit Christian Lépine, archevêque de Montréal. Je pense, par contre, qu’on pourrait laisser les églises ouvertes pour les fidèles individuels s’il y a une seconde vague. Et il était injuste que les salons funéraires puissent faire des funérailles avant les églises, qui sont généralement beaucoup plus grandes. »

Fête du sacrifice

Salam Elmenyawi, du Conseil musulman de Montréal, est choqué par le manque de considération du gouvernement. « On a rouvert les lieux de culte quelques jours après la fin du ramadan, et là on va passer à 250 fidèles quelques jours après la fête du sacrifice, cette fin de semaine, la plus importante du calendrier musulman. Il n’est pas normal qu’on [ait pu] aller acheter des patates, mais pas se nourrir spirituellement. »

L’ancien directeur des communications du diocèse de Québec, Jasmin Lemieux-Lefebvre, qui habite maintenant la Pologne, ne pense pas qu’il y ait de la mauvaise foi de la part du gouvernement. « Ils n’ont simplement aucune idée des besoins des gens qui croient, dit M. Lemieux-Lefebvre. Partout en Europe, sauf en Belgique et au Royaume-Uni, les lieux de culte ont pu rester ouverts aux fidèles individuels désirant se recueillir. »

En Ontario, le ministre du Travail a été nommé comme point de contact avec les lieux de culte, et a tenu plusieurs réunions virtuelles avec chaque groupe, selon Neil MacCarthy, responsable des communications à l’archidiocèse de Toronto. La règle pour les lieux de culte en Ontario est de 30 % de la capacité du lieu, plutôt qu’un nombre de personnes.

« Le Québec est la seule province qui n’a pas discuté avec les lieux de culte de leurs besoins spécifiques », déplore Reuben Poupko, du Conseil des rabbins de Montréal.

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Le début de la fin pour le pont Champlain

Les premières étapes pour la déconstruction du pont Champlain ont commencé cette semaine. Les travaux d’une durée de trois ans et demi gagneront en intensité au cours du mois d’août, ce qui pourrait occasionner du bruit pour les résidants de L’Île-des-Sœurs, notamment.

La déconstruction du pont Champlain a commencé à L’Île-des-Sœurs en début de semaine avec des travaux qui demeurent mineurs : arpentage, protection des éléments à conserver, etc.

La semaine prochaine, certains éléments du pont seront retirés, mais les plus gros travaux à L’Île-des-Sœurs auront lieu entre le 17 et le 29 août. La société Les Ponts Jacques Cartier et Champlain Incorporée (PJCCI) et le consortium Nouvel Horizon Saint-Laurent avisent le public qu’il y aura du bruit, des émissions de poussière et des entraves locales et ponctuelles.

La décision a été prise de ne pas démolir comme tel le pont, afin de minimiser l’impact sur l’environnement, entre autres. « La déconstruction se fait plus délicatement, puisque notre objectif n’est pas de faire exploser le pont Champlain et d’avoir 300 000 tonnes de débris au fond du fleuve Saint-Laurent. Même si ce serait moins long, ça ferait pas mal plus de dommages ! », explique la directrice des communications de PJCCI, Nathalie Lessard.

En plus d’être « très soucieux » de la faune et de la flore du fleuve, les coordonnateurs du projet veulent minimiser ce qui sera envoyé à l’enfouissement. Des matériaux seront recyclés et serviront à des projets notamment artistiques et récréotouristiques.

Mais surtout, « dans nos rêves les plus fous, une grande portion serait réutilisée telle quelle dans d’autres projets d’infrastructures », avance Mme Lessard. Des discussions avec plusieurs villes et organisations sont en cours pour voir tout ce qui pourrait être réutilisé. Par exemple, des treillis modulaires qui ont servi à renforcer le pont pourraient être utilisés pour construire des passerelles piétonnes.

Projets de compensation

Par ailleurs, puisque la déconstruction du pont Champlain aura une incidence sur l’habitat du poisson et sur des milieux humides pendant les travaux, trois projets de compensation sont prévus. Le premier est l’aménagement d’une terre agricole en plaine inondable, qui permettra notamment de créer de nouveaux habitats pour les poissons et de protéger la biodiversité.

La durée totale des travaux était évaluée à trois ans, mais la COVID-19 amène son lot de difficultés. « Prévu initialement à 36 mois, on a décidé de prolonger l’échéancier à 43 mois, puisqu’il y a des ralentissements sur les chantiers en raison des mesures de santé et de sécurité liées à la pandémie », précise Mme Lessard.

D’ailleurs « des frais liés à la pandémie » seront ajoutés à la facture d’environ 225 millions de dollars prévue pour la déconstruction du pont Champlain. Les sommes seront communiquées ultérieurement.

Square Dézéry, dans Hochelaga-Maisonneuve

Des campements temporaires de sans-abri tolérés par la Ville

De plus en plus de campements temporaires sont installés par des personnes en situation d’itinérance près du square Dézéry, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Les sans-abri qui profitaient des refuges temporaires pendant la pandémie ne savent plus où se tourner depuis leur fermeture.

En avril dernier, la Ville de Montréal a aménagé des refuges temporaires et des centres de jour extérieurs pour les personnes en situation d’itinérance. Or depuis, plusieurs refuges ont fermé leurs portes.

Des équipes de la Croix-Rouge continuent cependant de distribuer des denrées dans des centres de jour situés dans plusieurs parcs de la ville, souvent « du matin jusqu’en fin d’après-midi ». On en retrouve à la place du Canada, à la place Émilie-Gamelin, au square Cabot, au parc Jeanne-Mance et au square Dézéry, a expliqué par écrit Carole Du Sault, de la Croix-Rouge.

Depuis quelques jours, l’organisme Le Cap St-Barnabé, qui vient en aide aux plus démunis en travaillant notamment avec la Croix-Rouge au square Dézéry, remarque que de plus en plus de personnes en situation d’itinérance installent un campement temporaire non loin de la place publique.

« Il y a toujours eu plus ou moins de campements, mais avant on les voyait moins, explique Nina Bello, responsable des communications de l’organisme. Depuis que la Ville a commencé à fermer les refuges temporaires, beaucoup de gens se retrouvent avec rien. C’est pour ça qu’on en voit beaucoup plus dans la ville, qu’ils sont plus visibles. »

Du côté de la Ville, même si certains campements ont été bannis ailleurs à Montréal, pas question pour le moment de démanteler ce campement temporaire situé près de la rue Notre-Dame Est. « L’arrondissement travaille avec les partenaires sur le terrain, comme l’Anonyme, Cap St-Barnabé et Dopamine, pour s’assurer de la sécurité de tous sur les lieux », a indiqué par écrit Laurence Houde-Roy, du cabinet de la mairesse.

« Pas d’enjeu de sécurité », selon le SPVM

Même son de cloche du côté du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Pour l’instant, ce campement situé dans l’est de la ville est toléré, notamment parce qu’aucun citoyen n’a porté plainte pour des incivilités ou des méfaits en lien avec cet endroit. « Jusqu’à maintenant, il n’y a pas d’enjeu de sécurité ou de cohabitation entre les différents usagers du secteur », a spécifié par écrit le chargé de communication du SPVM Louis-André Bertrand. « La situation est évaluée en continu pour remédier à celle-ci au besoin, en concertation avec les partenaires. »

On observe la même tolérance à la place des Fleurs-de-Macadam, un terrain privé appartenant à la Ville qui a été pris d’assaut par des militants écologistes.

Par contre, depuis le 1er juin, les campements de personnes en situation d’itinérance ne sont plus tolérés au square Cabot, au parc Morgan et à la place Émilie-Gamelin. « Il s’agit d’une décision concertée de la Ville, de la Santé publique et du SPVM. Cette décision a été prise compte tenu des enjeux de sécurité et d’hygiène – comme le non-respect parfois de la distanciation physique – ainsi que de cohabitation entre les différents usagers », explique M. Bertrand.

Le SPVM informe que « lorsque des personnes itinérantes ou vulnérables s’établissent temporairement dans des endroits publics, leur expulsion n’est pas systématique. Si les policiers du SPVM procèdent à une expulsion, ce sera dans le cadre d’une démarche concertée et menée en collaboration avec les partenaires du milieu », conclut l’agent de ce corps de police.

Une carpe asiatique pêchée dans le bassin de Chambly

Une carpe asiatique a été pêchée dans le bassin de Chambly le 16 juillet dernier, selon le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Cette espèce exotique envahissante, qui a fait des ravages dans le fleuve Mississippi et la rivière Illinois, se propage maintenant dans les Grands Lacs. Il s’agit du deuxième individu de carpe asiatique capturé dans les eaux du Québec.

La carpe de roseau, une des quatre espèces de carpe asiatique, a été capturée par un pêcheur sportif, le 16 juillet dernier, dans le bassin de Chambly. Une équipe du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) dépêchée sur place le jour même a pu confirmer qu’il s’agissait bel et bien du redoutable poisson.

« La carpe de roseau pourrait provenir des Grands Lacs, où l’espèce est déjà établie, du fleuve Saint-Laurent où un individu a été capturé en 2016, ou encore du bassin versant du lac Champlain qui est relié à la rivière Richelieu », avance dans un communiqué le MFFP, qui a procédé à différentes analyses du plan d’eau les jours ayant suivi la capture.

Des échantillons d’eau permettent d’analyser l’ADN environnemental du bassin de Chambly et de déterminer s’il y a présence d’œufs ou de larves dans les zones visées.

« Aucune autre carpe de roseau n’a été capturée après trois jours de recherches et il est peu probable qu’une population importante soit dans le secteur », explique le Ministère.

La présence de la carpe asiatique au Québec a été scientifiquement confirmée dans au moins 16 sites, entre 2015 et 2017, grâce à des analyses d’ADN environnemental. Mais il s’agit seulement du deuxième individu physiquement observé et capturé. Le 27 mai 2016, deux pêcheurs de Lanoraie avaient capturé une carpe de roseau de 64 livres.

Prise inquiétante

Les carpes asiatiques sont dévastatrices pour l’écosystème. Elles mangent jusqu’à 20 % de leur poids par jour, et les herbiers et les zones humides du Québec sont des endroits de prédilection pour l’espèce, d’autant plus qu’elle n’a ni prédateur, ni compétiteur, ni maladie dans notre environnement. Elles affectionnent l’eau courante, où elles peuvent pondre jusqu’à 5 millions d’œufs par année.

« Le bassin de Chambly est un lieu très sensible, car le site des rapides de Chambly représente un habitat de reproduction crucial et indispensable à la survie du chevalier cuivré, un poisson dont la situation est extrêmement précaire et qui est désigné comme espèce menacée par le gouvernement du Québec depuis 1999 », souligne le MFFP.

La carpe asiatique a été introduite en pisciculture dans le sud des États-Unis dans les années 70. Après des inondations en 1993, elle s’est retrouvée en milieu naturel, notamment dans le fleuve Mississippi et la rivière Illinois, où elle occupe maintenant la majorité de la biomasse en poisson. Elle a remonté le fleuve jusqu’au nord, à Chicago, où elle a proliféré dans les Grands Lacs.

LaSalle

Une enfant de 11 ans meurt dans un incendie

Une enfant de 11 ans est morte dans un incendie survenu mardi matin dans une résidence de LaSalle, à Montréal, laissant une famille dans le deuil. Le feu a débuté vers 9 h 30 dans le sous-sol du domicile de la rue Marroni, près de la rue Saint-Patrick. Le père de la victime s’est précipité vers la maison. Ses autres enfants, un garçon de 10 ans et une fille de 18 ans, se trouvaient à l’intérieur sur un autre étage, précise Steve Fiset, porte-parole d’Urgences-santé. Ils ont tous été incommodés par la fumée, puis transportés à l’hôpital par prévention. La mère est arrivée sur les lieux un peu plus tard, en état de choc. Les ambulanciers ont retrouvé la fille de 11 ans inanimée dans la maison unifamiliale. Elle était dans un état critique à son arrivée à l’hôpital et n’a pas survécu. « Il y avait énormément de fumée, raconte Michel Girgonne, un voisin. J’ai vu les pompiers sortir la petite et tenter de la réanimer pendant au moins 20 minutes. Les paramédicaux ont tout fait pour la sauver. » On ignore pour le moment ce qui a provoqué l’apparition des flammes.

— Mayssa Ferah, La Presse

Tuerie en Nouvelle-Écosse

Ottawa ouvre une enquête publique

Ottawa a annoncé mardi le lancement d’une enquête publique sur la pire tuerie de son histoire, en avril dernier, afin de faire la lumière sur cette tragédie et de répondre aux demandes des familles qui réclamaient plus de transparence. Le gouvernement procédera à une « enquête publique complète », a indiqué le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, estimant que « les Canadiens méritent de savoir pourquoi une telle tragédie a pu se produire ». Déguisé en policier et circulant à bord d’une fausse voiture de police, Gabriel Wortman avait semé la mort, les 18 et 19 avril, dans une région tranquille de la Nouvelle-Écosse. Il avait été abattu par la police à l’issue d’une chasse à l’homme de plus de 12 heures, sur environ 150 km, au cours de laquelle il a tué par balle 22 personnes, dont une policière. Une enquête publique permettra de donner des « pouvoirs supplémentaires » aux commissaires : ils pourront convoquer des témoins, les contraindre à comparaître et à produire des documents.

— Agence France-Presse

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