COVID-19 Pays-Bas

(tdg) « Le couvre-feu doit être levé immédiatement. »

« Le couvre-feu doit être levé immédiatement. »

— Extrait d’un communiqué diffusé par le tribunal de La Haye, qui a statué mardi que le gouvernement néerlandais devait mettre fin au couvre-feu en vigueur, mesure de lutte contre la COVID-19 qui a mené à de violentes émeutes dans le pays, estimant qu’il s’agissait d’un abus de ses pouvoirs d’urgence. (AFP)

Biélorussie

Des perquisitions visent des journalistes et des militants

Des perquisitions ont visé mardi une vingtaine de journalistes, de militants associatifs et de responsables syndicaux en Biélorussie, dans le cadre d’une enquête sur le mouvement de contestation de 2020 réprimé par les autorités. Ce pays a été le théâtre des mois durant de manifestations sans précédent contre la réélection en août du président, Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, sur fond d’accusations de fraudes électorales massives. Le régime biélorusse a répliqué par d’importantes vagues d’interpellations, des violences policières et l’arrestation ou l’exil forcé des principales figures de l’opposition. Mardi, la police a procédé à une nouvelle série de perquisitions qui ont visé 25 personnes, parmi lesquelles le président de l’Association biélorusse des journalistes, Andreï Bastounets, selon le centre Viasna de défense des droits de la personne, dont les locaux ont également été visités. « Ils ont fouillé nos deux bureaux et ma maison. Ils ont emporté des documents et une partie du matériel, sans m’emmener au poste », a raconté à l’Agence France-Presse le directeur de Viasna, Ales Beliatski, selon qui une quarantaine de perquisitions ont au total ainsi été effectuées. Pour sa part, la cheffe de l’opposition biélorusse, Svetlana Tikhanovskaïa, réfugiée en Lituanie, a dénoncé une « crise » du gouvernement qui « essaye de réprimer même ceux qui défendent les droits de la personne ».

— Agence France-Presse

France

Un projet de loi controversé sur les « séparatismes » adopté

Les députés français ont largement adopté mardi, en première lecture, un projet de loi polémique contre les « séparatismes », visant l’islam radical, mais décrié à gauche comme stigmatisant pour les musulmans et à droite comme trop « mou ». Alors que 250 voix étaient nécessaires à son adoption à la majorité, 348 députés ont voté pour le texte « confortant les principes de la République » voulu par le président Emmanuel Macron, qui crée un délit de séparatisme, renforce le contrôle des associations culturelles et cultuelles, durcit les règles de l’instruction à domicile et réprime la haine en ligne, notamment. Parmi les autres députés, 151 ont voté contre, 65 se sont abstenus. L’exécutif a ainsi voulu de nouveaux outils pour financer les cultes, les inciter à ne plus dépendre de « financements étrangers ». Pour ses opposants à gauche, le projet de loi est synonyme de restrictions des libertés, propose une vision étriquée de la laïcité, quand certains articles ne sont pas tout simplement superfétatoires, se surajoutant à des textes existants. De son côté, l’opposition de droite, Les Républicains, souhaitait notamment l’interdire à l’université et pour les accompagnatrices scolaires, au nom de la lutte contre « une forme de prosélytisme » et un « symbole d’asservissement ». — Agence France-Presse

Afrique du Sud

Les vaccins d’AstraZeneca offerts à l’Union africaine

L’Afrique du Sud, qui a reporté sa campagne d’immunisation contre la COVID-19 prévue initialement avec des vaccins d’AstraZeneca dont l’efficacité a été mise en doute contre le variant local du virus, va proposer le million de doses en sa possession à l’Union africaine. « Les doses que nous avons achetées ont été proposées à l’Union africaine pour être distribuées aux pays qui ont déjà exprimé un intérêt pour l’acquisition du stock », a déclaré mardi le ministre de la Santé, Zweli Mkhize. L’Afrique du Sud devait commencer à immuniser sa population de 59 millions d’habitants la semaine dernière, avec 1 million de doses du vaccin britannique d”AstraZeneca et d’Oxford, mais une étude de l’Université du Witwatersrand, à Johannesburg, a révélé une efficacité « limitée » du vaccin britannique contre le nouveau variant sud-africain baptisé 501Y. V2, ce qui avait contraint le gouvernement à suspendre sa campagne de vaccination. Les experts de l’Organisation mondiale de la santé ont tout de même recommandé l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca dans les pays où des variants sont présents. L’Afrique du Sud traverse une deuxième vague de coronavirus, largement causée par le nouveau variant. Officiellement le plus touché du continent, le pays compte près de 1,5 million de cas d’infection et plus de 48 000 décès.  

— Agence France-Presse

Royaume-Uni

Londres s’attaque à la cancel culture dans les universités

Le gouvernement britannique a annoncé mardi des mesures pour « garantir la liberté d’expression » dans les universités et tempérer les effets de la cancel culture qui priverait de leur droit de parole certains universitaires, s’attirant des accusations d’ingérence dans le fonctionnement des établissements.

Avec son projet de loi, le gouvernement veut ainsi éviter que des universitaires ne perdent leur emploi pour avoir exprimé des positions controversées, mais aussi empêcher que les pressions étudiantes ne conduisent à l’annulation de certains orateurs invités à des conférences, et décriés pour ces mêmes raisons.

« Je suis profondément inquiet de l’effet paralysant sur les campus d’une censure et d’un silence inacceptables », a déclaré mardi le ministre de l’Éducation Gavin Williamson. « Nous devons renforcer la liberté d’expression dans l’enseignement supérieur, en renforçant les obligations légales existantes et en veillant à ce que des mesures énergiques soient prises en cas de violation. »

Le gouvernement envisage donc de nommer un « champion de la liberté d’expression » pour enquêter sur les cas où cette liberté a été violée, mais aussi de permettre aux universitaires qui ont perdu leur emploi dans des litiges similaires d’éventuellement réclamer une indemnisation.

« La liberté d’expression est au cœur même de notre démocratie », a estimé le premier ministre Boris Johnson sur Twitter. « Il est tout à fait juste que nos grandes universités – lieux historiques de la liberté de penser – voient désormais cette liberté protégée et renforcée par des protections juridiques plus solides ».

« Il n’existe pas de preuve d’une crise »

« La plus grande menace contre la liberté d’expression ne provient pas du personnel ou des étudiants, ou de ce qu’on appelle la cancel culture, mais bien des tentatives du gouvernement de contrôler ce qui peut être dit ou pas sur le campus », a critiqué Jo Grady, secrétaire générale du syndicat des Universités et Collèges.

Selon Hillary Gyebi-Ababio, vice-présidente du Syndicat national des étudiants, « il n’existe pas de preuve d’une crise de la liberté d’expression sur les campus ».

Selon une étude récente, 0,06 % des conférences et des évènements organisés dans les universités britanniques ont été interrompus ou annulés en raison de l’opinion des intervenants.

Parmi les orateurs visés, on trouvait l’europhobe pro-Brexit Nigel Farage, la journaliste de la BBC Jenni Murray accusée de transphobie ou encore le philosophe Roger Scruton, à qui sont reprochés des positions islamophobes et antisémites.

— Agence France-Presse

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