Inondations en Colombie-Britannique

Une course contre la montre

C’est un véritable branle-bas de combat qui se tient dans le sud de la Colombie-Britannique pour empêcher l’eau de faire encore plus de dégâts avant de nouvelles intempéries prévues la semaine prochaine. Pendant ce temps, le moral de la population est mis à l’épreuve alors que nourriture et produits de base commencent à manquer.

Réparer la digue

Environ 120 militaires de l’armée canadienne sont arrivés vendredi à Abbotsford, ville la plus durement touchée par les inondations qui ont frappé la vallée du Fraser. Le plan de départ était de construire une nouvelle digue de quelque 2,5 km pour empêcher l’eau de la rivière Fraser d’atteindre à nouveau les basses terres de la prairie de Sumas, où de nombreuses fermes laitières et avicoles ont été inondées.

En fin de journée vendredi, le maire d’Abbotsford, Henry Braun, a confirmé que 64 militaires étaient déjà au travail, mais que l’objectif était maintenant d’effectuer des réparations d’« urgence » à la digue existante au cours des trois prochains jours, alors que 100 mm de pluie sont attendus au cours de la semaine prochaine. « Nous avons confiance en notre plan, la digue devrait être terminée lundi matin », a affirmé M. Braun en conférence de presse.

Manque de nourriture

Une autre source d’inquiétude s’est ajoutée au sein de la population déjà durement éprouvée par les évènements : la nourriture. « Il y a beaucoup de gens qui commencent à paniquer, les épiceries sont de plus en plus vides », signale Taelyr Keely, l’un des responsables d’Archway Community Services, organisme communautaire de la région.

Une inquiétude partagée par Tracee Froment, jeune mère de famille qui vit à Abbotsford jointe par La Presse. « Je dois aller chercher du lait, et de nombreuses épiceries sont fermées. J’espère finir par en trouver. Mais ça commence à ressembler aux débuts de la pandémie alors que les gens paniquaient et achetaient tout ce qu’ils pouvaient à l’épicerie. » Sabrina Ratzlaff, elle, a pu se rendre au Costco d’Abbotsford, où elle dit avoir trouvé ce dont elle a besoin. « À la caisse, j’ai vu un homme qui venait de Hope et qui venait d’acheter pour 10 000 $ de nourriture ! »

17 000 sinistrés

Vendredi, les autorités estimaient que 17 000 personnes étaient concernées par un ordre d’évacuation touchant 6900 propriétés. Parmi eux, de nombreux producteurs aviaires et laitiers ont dû quitter leur ferme, laissant derrière eux leurs bêtes et leurs équipements. « Un de mes amis a perdu sa ferme et ses poulets, et sa maison est inondée », dit Sabrina Ratzlaff, qui vit à Abbotsford, mais dont la maison n’a pas été inondée.

« On ressent une telle compassion pour ces familles qui perdent leur maison et leurs moyens de subsistance juste devant nous. Quels mots peuvent exprimer ce que vivent ces familles ? » Le gouvernement de la Colombie-Britannique a annoncé qu’une aide financière serait offerte aux sinistrés touchés par les inondations et les glissements de terrain.

Mesures d’urgence

L’état d’urgence déclaré mercredi par la Colombie-Britannique pourrait s’accompagner de nouvelles mesures, a indiqué le ministre de la Sécurité publique, Mike Farnworth. Une ordonnance pourrait être décrétée afin d’interdire tout déplacement, sauf pour les voyages essentiels et les véhicules commerciaux. Vendredi, un avion de transport a quitté Trenton, en Ontario, pour aller chercher trois hélicoptères CH-146 Griffon et des militaires du 430e escadron tactique à la base de Valcartier.

De plus, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Marco Mendicino, a déclaré que des mesures provisoires étaient mises en place avec les États-Unis pour acheminer des marchandises commerciales vers la Colombie-Britannique, car un accès limité est lentement rétabli sur certaines routes. Le maire Henry Braun a d’ailleurs confirmé que les déplacements routiers étaient toujours risqués, un camion ayant failli se renverser après qu’une partie de la chaussée d’une voie d’accès vers Abbotsford se fut effondrée dans la journée.

Des contrecoups pour toute la province

La catastrophe pourrait également nuire à plusieurs secteurs de l’économie, d’autant que les activités du port de Vancouver, le plus important au Canada, tournent au ralenti. Les inondations ont causé des perturbations « importantes » du trafic ferroviaire et routier.

Déjà, de nombreuses entreprises de la Colombie-Britannique ont indiqué être ébranlées par la situation. La vallée du Fraser représente notamment 80 % de la production d’œufs de la province. Parallèlement, les compagnies ferroviaires CN et CP ont précisé qu’elles poursuivaient leurs travaux pour réparer les voies endommagées par les inondations et les glissements de terrain. Ceux-ci devraient se poursuivre jusqu’à la semaine prochaine.

— Avec La Presse Canadienne

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