Inabordabilité des logements

Un sommet en 30 ans

L’abordabilité du logement continue de se détériorer au pays, selon RBC.

Les coûts de détention d’une propriété résidentielle couvrent désormais 54 % du revenu médian des ménages à la fin du premier trimestre 2022. C’est du jamais-vu en une génération, indique un rapport de la Banque RBC publié jeudi.

La mesure de l’abordabilité de RBC indique la portion du revenu médian avant impôt des ménages qui serait nécessaire pour couvrir les versements hypothécaires (capital et intérêts), les impôts fonciers et les services publics, en fonction du prix de référence du marché.

L’abordabilité s’est dégradée dans tous les marchés, mais la situation est devenue extrême à Vancouver et dans la région torontoise. Ce n’est guère mieux dans le sud-ouest de l’Ontario et à l’intérieur des basses terres, dans le sud de la Colombie-Britannique.

La situation va se dégrader davantage, met en garde Robert Hogue, économiste en chef adjoint de la RBC. « La campagne “énergique” de relèvement des taux d’intérêt au Canada va encore gonfler les coûts de propriété à court terme, plaçant l’indice national d’accessibilité de RBC sur la voie des pires niveaux jamais atteints. Cependant, nous pensons que la correction des prix en cours apportera finalement un certain soulagement aux acheteurs. La valeur des propriétés, déjà en baisse, devrait chuter de plus de 10 % au cours de la prochaine année. »

En baisse

Au Québec, RBC prévoit une baisse de 7 % du prix des maisons dans la prochaine année. Desjardins l’avait devancée en évoquant plus tôt ce mois-ci une baisse de prix de 12 %. L’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec en doute toutefois. « Je trouve 12 % fort comme scénario de baisse, parce qu’on part d’un déséquilibre tellement fort entre l’offre et la demande », dit Paul Cardinal, économiste de l’association, dans un entretien avec La Presse.

La hausse des taux d’intérêt augmente le paiement mensuel des propriétaires de façon marquée.

À titre d’exemple, « une hausse de 1 point de pourcentage augmente les paiements hypothécaires de plus de 600 $ par mois à Vancouver, de 554 $ à Toronto et de 481 $ à Victoria ».

À Montréal, « l’indice global de RBC a augmenté pour la sixième fois consécutive au premier trimestre pour atteindre 43,2 %, soit son plus haut niveau en 14 ans. Jusqu’à présent en 2022, les transactions résidentielles sont en baisse de près de 9 %. Malgré tout, les vendeurs ont gardé la main sur les prix jusqu’à ce printemps, en fait. Depuis, une vague de maisons mises en vente a récemment atténué [le manque d’offre] », lit-on dans le rapport.

La hausse du coût d’emprunt contribue à l’inabordabilité du logement au même titre que la hausse des prix des maisons. « Une hausse de 1 point de pourcentage des taux d’intérêt fait grimper l’indice global davantage à Vancouver (8,8 points de pourcentage), Toronto (7,8 points de pourcentage) et Victoria (6,4 points de pourcentage) que la moyenne nationale (5,5 points de pourcentage). » Au Québec, heureusement, la dégradation de l’abordabilité découlant d’une hausse des taux est inférieure à la moyenne canadienne.

Mesure de l’abordabilité RBC

Pourcentage du revenu médian moyen servant à couvrir les coûts de détention d’une propriété au premier trimestre 2022

Vancouver : 82 %

Toronto : 74,9 %

Ottawa : 43,6 %

Montréal : 43,2 %

Ville de Québec : 26,2 %

Canada : 54 %

— Source : RBC

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