Bleu Jeans Bleu de retour avec Molle twist vanille-vanille

Véritable pied de nez à l’automne qui cogne à nos portes, Bleu Jeans Bleu a lancé ce vendredi une chanson résolument estivale avec Molle twist vanille-vanille, premier extrait de son album Top Minou, qui doit sortir le 18 novembre prochain. La chanson aux rythmes yéyé relate la passion de Claude Cobra pour la crème molle à la vanille – aucun autre artifice n’est permis sur les cornets du chanteur de Victoriaville. On peut d’ailleurs le constater avec éloquence dans le clip de la chanson, réalisé par Guillaume Monette et Marc-André Laurin. Le même tandem était justement derrière la célèbre vidéo Coton ouaté, improbable tube qui a propulsé le joyeux quatuor au sommet des palmarès au printemps 2019. Top Minou, quatrième album de Bleu Jeans Bleu, arrive ainsi plus de trois ans après l’incroyablement populaire Perfecto, qui avait permis au groupe de remporter le prix Félix du Groupe de l’année au Gala de l’ADISQ 2019.

— Pierre-Marc Durivage, La Presse

La pionnière de la danse moderne Jeanne Renaud n'est plus

Le Québec vient de perdre l’une de ses plus grandes chorégraphes avec la mort à l’âge de 94 ans de Jeanne Renaud, dont les quelque 40 créations ont contribué à littéralement transformer la danse en discipline artistique contemporaine.

Décorée du prix Denise-Pelletier en 1989, du Prix du Gouverneur général du Canada pour les arts de la scène en 1995, en plus d’être nommée membre de l’Ordre du Canada en 1998 et compagne de l’Ordre des arts et des lettres du Québec en 2018, Jeanne Renaud s’est établie comme pionnière des arts au Québec, notamment en encourageant un dialogue avec des artistes visuels comme Françoise Sullivan, Fernand Leduc et Jean Paul Riopelle de même qu’avec des compositeurs contemporains tels Serge Garant, Gilles Tremblay, Walter Boudreau, Pierre Mercure et Gabriel Charpentier.

Bien qu’elle ait terminé sa carrière en tant que professeure à la faculté des arts de l’Université du Québec à Montréal de 1987 à 1989, Jeanne Renaud a continué de s’impliquer dans le milieu de la danse contemporaine, comme en font foi ses dernières chorégraphies, créées en 2018 pour le film Brèves histoires de pierres muettes, du réalisateur Mario Côté, et en 2021 pour le Projet Feldman/Renaud, à la Salle Bourgie, avec les danseurs Louise Bédard et Marc Boivin, pour qui Jeanne Renaud avait justement joué le rôle de mentore au début de leur carrière.

« Elle voulait vraiment faire une dernière pièce, à l’âge de 93 ans », souligne Louise Bédard, qui a travaillé à plusieurs reprises aux côtés de Jeanne Renaud, une grande amie, comme elle l’a décrite.

« Il y avait une flamme qui ne s’est jamais éteinte par rapport à la danse. Elle était toujours derrière nous, les jeunes artistes. »

— Louise Bédard

Formée comme danseuse à Montréal et à New York au milieu des années 1940, Jeanne Renaud présente ses premières chorégraphies à Montréal en 1948 en compagnie de sa complice Françoise Sullivan. Elle est rapidement associée au mouvement automatiste, mais comme elle est toujours mineure en 1948, elle n’est pas invitée à signer le manifeste Refus global comme l’ont fait ses sœurs, la poétesse Thérèse Renaud et la peintre Louise Renaud.

En plus de multiplier les créations originales comme le spectacle Expression 65, couronné d’un vif succès en 1965, Jeanne Renaud a travaillé en tant qu’agente des arts au Conseil des arts du Canada de 1975 à 1979 et au ministère des Affaires culturelles du Québec de 1979 à 1985, puis en tant que codirectrice artistique des Grands Ballets canadiens aux côtés de Linda Stearns.

Rassembleuse

« Jeanne Renaud avait un talent énorme pour rassembler les gens et les stimuler dans la rencontre. Les soupers chez Jeanne étaient légendaires », se rappelle Marc Boivin avec émotion.

Il a d’ailleurs commencé la danse à la fin des années 1970 au sein du Groupe de la Place Royale à Ottawa, fondé par Jeanne Renaud et Peter Boneham. Depuis, il a conservé un lien de « filiation » avec la danseuse de renom.

« Jusqu’à ces derniers jours, avant qu’elle décède, de la musique classique jouait toujours dans la chambre où elle était hospitalisée. On ne pouvait pas baisser le volume de la musique. Je pense que c’est ça qui l’a accompagnée jusqu’à son dernier souffle », termine Louise Bédard au bout du fil.

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