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Le retour au bureau

Le texte de Laurence Vincent publié samedi sur le retour au bureau, « Nous gagnons à être ensemble », a suscité de nombreux commentaires intéressants de nos lecteurs. Voici un aperçu des courriels reçus.

La place des femmes

L’ensemble de vos arguments sont intéressants, mais celui auquel je n’avais pas pensé et qui me préoccupe est celui de la place des femmes dans les entreprises. En effet, la conciliation travail-famille est plus souvent l’affaire des femmes. Notre société a fait de nombreux progrès au cours des dernières décennies sur la place des femmes dans la haute gestion et je crains que tous ces efforts soient atténués par ce nouveau mode d’organisation du travail qu’est le télétravail. J’appuie votre proposition de gérer avec empathie et en fonction des réalités de chacun, aussi je crois que les entreprises devraient mettre en place des programmes permettant aux femmes de se faire connaître et de pouvoir accéder plus facilement à des projets ou mandats stratégiques lorsque les enfants ou les parents vieillissants ont moins besoin d’elles.

— Lucie Veilleux

Difficile de lâcher prise

Tellement ! Je tenais le même discours en 2007 (vous lisez bien 2007 !) alors que l’entreprise pour laquelle je travaillais depuis longtemps venait d’acquérir un compétiteur. Déjà, travailler avec son compétiteur d’hier présentait son lot de défis. Eh bien ! Cette joyeuse bande avait l’habitude de travailler à distance à temps plein. Afin de tenter une certaine fusion, on leur demanda de faire trois jours par semaine au bureau… horreur ! Les gens n’étaient vraiment pas contents et ça se ressentait dans les interactions. Nous n’avons jamais réussi à faire prendre la mayonnaise… Quand ton boss arrive au bureau, met ses écouteurs et ne sort pas de son bureau, c’est vous dire à quel point il ne veut rien savoir ! J’ai pris ma retraite depuis, je ne m’en ennuie pas !

— Elene Dubois

Autonomie, productivité et efficacité

Le seul problème du télétravail, c’est le centre-ville qui se vide, sa vitalité écope. Sinon, avec la technologie d’aujourd’hui, nous sommes plus productifs, passons moins d’heures dans la circulation, pouvons éteindre des feux même en réunion et tous ces principes creux sauce Lean management ont tout à coup moins d’emprise avec la distance. Pour être retourné en présentiel des jours « obligés » et m’être aperçu que toute mon équipe travaillait assise devant son écran, elle est où, la plus-value ? Plus de discussions non sollicitées sur le coin du cubicule, plus d’odeur de poisson – ça devrait être interdit d’apporter du poisson comme lunch au bureau –, plus de parades de wannabes en vestons et tailleurs ajustés. Qui s’ennuie réellement des journées réunions/ateliers infantilisants ? Le télétravail permet une productivité accrue, une gestion du temps plus efficace et une réelle autonomie.

— Martin Lévesque

Des illusions cachées

Quelle réflexion pertinente ! Je partage entièrement vos observations et vos inquiétudes. Les enjeux liés au télétravail sont plus nombreux que les gens le croient. Derrière cet engouement se cachent beaucoup d’illusions. Merci pour cette chronique de sensibilisation.

— Jacques Marsan, coach en communications publiques et médias

Encore les femmes qui subissent

Je suis 100 % d’accord avec vous. Je vois très bien tous les avantages du télétravail pour les mères de famille, mais c’est encore les femmes qui paieront le prix de ne pas être prėsentes au bureau pour tous les avantages que vous donnez à être au bureau.

— Martine Perron

Besoins humains

Ce mode du travail hybride, s’il est en majorité du temps effectué à la maison, fait perdre de l’efficacité au travail à cause de toutes les occasions manquées de collaborer et d’échanger des pratiques dans l’informel, qui ne sont transmissibles qu’en personne. Il y a également ce besoin de l’être humain de faire partie de quelque chose. Nous passons tout de même une bonne partie de notre vie au travail. Il serait déshumanisant de passer tout ce temps seul entre quatre murs. Il y a plusieurs avantages au travail hybride, mais ne perdons pas de vue que ce sont les employés qui pourraient en être les premières victimes si cela devait devenir une obligation, voire une façon d’économiser des entreprises.

— Chantal Desjardins

Les bienfaits d’être ensemble

Bonjour Laurence, désolé de cette familiarité aussi rapide, mais je me suis tellement reconnu dans votre article sur le télétravail, ça m’a donné l’impression que l’on se connaissait depuis longtemps. À chaque phrase de votre article, j’avais un hochement de tête. On se dirige tellement vers un mur avec le télétravail, pire avec la forme hybride, c’est une évidence comme le nez au milieu du visage. Pour les employés, ceci peut sembler un avantage, mais le temps joue en notre faveur pour nous, les dirigeants, ils se rendront compte des bienfaits d’être ensemble. Mais pendant ce temps, les défis de gestion se multiplient et se complexifient. Le phénomène d’abandon des entreprises par les entrepreneurs y est sûrement rattaché. Nous commençons aussi à subir d’autres effets pervers du télétravail tel que le quiet quitting, entre autres. Souhaitant que l’année 2023 soit celle du retour à la normale. Ce sera ma limite dans le temps comme gestionnaire/propriétaire avant d’accepter les offres d’entreprises américaines à acheter mes entreprises en technologie de l’information.

— Luc Séguin, président-directeur général, 5Xperts inc.

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