Un outil efficace en temps de crise

Défi : envoyer 76 000 employés en télétravail

Comment déplacer 76 000 personnes qui travaillent dans des bureaux, chez des milliers de clients partout dans le monde, à la maison en télétravail, presque du jour au lendemain ? C’est l’un des défis liés à la pandémie qu’ont dû relever Bernard Labelle et son équipe chez CGI.

Vice-président exécutif et chef de la direction des ressources humaines, Bernard Labelle a codirigé un comité de gestion de crise pour faire face à la tempête, colossale, dans laquelle l’entreprise a été plongée lors de la première vague de COVID-19. « Bouger tous ces gens et les relocaliser a représenté un défi extrêmement important, explique M. Labelle, qui travaille au sein de CGI depuis bientôt 25 ans. Il fallait tenir compte des consignes sanitaires et des dimensions de technologie, de sécurité, de santé. »

Bernard Labelle croit que sa formation MBA l’a aidé à bien planifier et exécuter cette vaste opération complexe. « Un bon MBA, c’est quelqu’un qui est capable de poser les bons diagnostics, de bâtir des solutions et d’en soutenir l’exécution en misant sur les résultats », dit le haut dirigeant de 58 ans.

Selon lui, avoir une vision « holistique » de l’entreprise est crucial. Et c’est lors de sa formation MBA à l’Université Laval, terminée en 1986, qu’il l’a d’abord appris. « Le niveau de complexité était grand, puisque la crise a d’abord eu lieu en Asie, puis en Europe et ensuite en Amérique du Nord, avec des décisions et des mesures différentes selon les gouvernements, souligne-t-il. Il y avait donc à la fois des enjeux mondiaux et locaux. »

Il lie sa curiosité intellectuelle et sa propension à « toujours bien se documenter pour avoir une lecture des faits complète et juste » de même que ses habiletés en communication et en rédaction à sa formation MBA.

« En sortant du MBA, l’une des grandes forces que l’on a, c’est cette capacité à regarder l’ensemble des aspects d’une situation et à ratisser large. Ça ouvre les horizons. »

— Bernard Labelle, vice-président exécutif et chef de la direction des ressources humaines chez CGI

Vision globale

Cet avis est partagé par Myriam Crevier, membre du conseil d’administration de l’Association des MBA du Québec. « Les gens formés au MBA font généralement des gestionnaires curieux, qui recherchent des solutions dans l’immédiat, note celle qui est associée, vice-présidente et directrice générale de Syrus. Je suis convaincue qu’ils se démarquent en temps de crise. D’ailleurs, le premier ministre François Legault est un MBA ! »

Parmi les autres caractéristiques des diplômés MBA, Mme Crevier nomme leurs habiletés de généraliste leur permettant d’intervenir dans l’ensemble de la chaîne de valeurs de l’entreprise : aux finances, aux ressources humaines, au marketing, à la gestion des opérations… « Ils ont une vision transversale de l’entreprise, et leur rapidité de réaction peut minimiser les conséquences de l’impact d’une crise », dit-elle.

En poste depuis deux mois au sein du cabinet McKinsey & Company en tant que consultant, Francois Huynh est fraîchement sorti des salles de cours du MBA de HEC Montréal. Cet ex-pharmacien de 33 ans a choisi de faire un virage afin de nourrir son envie « d’apprendre » et de connaître de « multiples points de vue ». « On développe beaucoup notre intelligence émotionnelle pendant ce programme, indique-t-il. On apprend à mieux lire le non-verbal, le non-dit, et à prendre en considération les perceptions de tout un chacun. »

Selon lui, l’un des plus grands atouts de cette maîtrise réside dans la diversité des gens côtoyés. « Ceux qui disent que le MBA est juste un titre et que ça ne vaut pas grand-chose n’ont pas compris toute la richesse de cette diversité-là », conclut-il.

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