Perquisition chez Rudy Giuliani

tirs croisés entre trump et biden

New York — Donald Trump et Joe Biden se sont mutuellement accusés jeudi de « politiser » le département de la Justice, au lendemain de la perquisition chez Rudy Giuliani, ex-avocat personnel de Trump, menée par des agents fédéraux.

En entrevue à Fox Business News, l’ex-président républicain a qualifié de « très, très injuste » cette perquisition chez son ex-avocat, qu’il estime être « plus grand maire de l’histoire de New York » et un « grand patriote ».

« Il aime juste son pays, et ils perquisitionnent dans son appartement. C’est si injuste et tellement deux poids, deux mesures, on n’avait jamais vu ça […]. Je ne sais pas ce qu’ils cherchent ou ce qu’ils font », a déclaré Donald Trump.

Interrogé par le réseau NBC, son successeur démocrate, Joe Biden, a affirmé qu’il n’avait pas été prévenu de cette perquisition.

« Je me suis engagé à n’interférer d’aucune façon, à ne pas ordonner ou essayer d’arrêter une enquête du département. J’ai été informé [de la perquisition] hier [mercredi] soir, comme le reste du monde. Je n’avais aucune idée qu’elle était en cours. »

— Joe Biden, président des États-Unis

« Le gouvernement précédent a terriblement politisé le département de la Justice, tant [d’employés] ont démissionné, parce que ce n’était pas leur rôle. Ce n’est pas le rôle d’un président de dire qui doit être poursuivi, quand il doit être poursuivi », a ajouté le président des États-Unis.

Activités en Ukraine

Les procureurs fédéraux de Manhattan ont perquisitionné mercredi dans l’appartement et le bureau de Rudy Giuliani à Manhattan, dans le cadre d’une enquête sur ses activités en Ukraine, opération que son avocat et son fils, Andrew Giuliani, ont dénoncée comme politiquement motivée.

Lui-même ex-procureur fédéral de Manhattan, Rudy Giuliani, 76 ans, qui n’a pas été inculpé jusqu’ici, n’a pas fait de déclaration. Mais il a tweeté un long communiqué de son avocat, Robert Costello, accusant les enquêteurs de « deux poids, deux mesures corrompu ».

M. Costello a notamment accusé le département de la Justice de ne pas avoir enquêté avec la même ardeur sur les accusations du camp Trump contre une présumée intervention de Joe Biden en faveur de son fils Hunter Biden.

Les procureurs de Manhattan enquêtent depuis des mois sur les activités de lobbying de M. Giuliani en Ukraine. Et plus particulièrement sur la possibilité qu’il soit intervenu auprès du gouvernement Trump en 2019, au nom de responsables et d’hommes d’affaires ukrainiens.

Cette perquisition suggère que l’enquête s’accélère sur celui qui a été, pendant des mois, l’un des plus vigoureux défenseurs de la thèse soutenue par Donald Trump et déboutée par les tribunaux, selon laquelle l’élection présidentielle de 2020 aurait été truquée au profit de Joe Biden.

« Réouverture complète » à New York

objectif : 1er juillet

New York — Après des mois de prudence face à une deuxième vague de COVID-19, le maire de New York a annoncé jeudi qu’il prévoyait une « réouverture complète » de la ville le 1er juillet, tandis que le gouverneur de New York affirmait qu’elle pourrait survenir « avant ».

« Nous sommes prêts à rouvrir New York complètement le 1er juillet », a déclaré le maire de la ville, Bill de Blasio, lors d’un point presse. « Cela veut dire aller dans les magasins […], la réouverture possible des bars et des restaurants, le retour de nombreux employés […], les théâtres qui reprennent et tant de choses que nous chérissons. »

Nombre de commerces et de salles de restaurant sont déjà ouverts, mais avec des capacités limitées, et le maire n’a pas précisé exactement ce que cette « réouverture totale » impliquait en matière de levée des restrictions.

Les restrictions sanitaires sont fixées non par la mairie, mais par le gouverneur Andrew Cuomo, avec lequel M. de Blasio entretient des relations difficiles.

Interrogé sur cet objectif du 1er juillet, le gouverneur l’a immédiatement contesté.

« Je n’aime pas faire des projections, je pense qu’elles sont irresponsables », a déclaré, lors d’un point presse séparé, M. Cuomo. « J’espère qu’on aura une date de réouverture plus tôt […]. Si on fait ce qu’on doit faire, on pourrait rouvrir avant. »

La clé : la vaccination

Les deux hommes ont cependant semblé d’accord sur le fait que la levée complète des restrictions dépendrait de la poursuite de l’effort de vaccination en cours.

Quelque 6,4 millions de doses de vaccin ont déjà été administrées à New York, frappée de plein fouet par la première vague de pandémie au printemps 2020, avec 32 000 personnes ayant succombé au coronavirus à ce jour.

Au total, 2,4 millions de New-Yorkais – sur 8,5 millions – sont aujourd’hui complètement vaccinés, et le but est d’arriver à 5 millions d’ici la fin de juin, selon M. de Blasio.

« Nous devons créer des mesures incitatives à la vaccination, la rendre encore plus pratique pour les gens. »

— Bill de Blasio, maire de New York

Comme dans d’autres villes américaines, le rythme de vaccination s’est ralenti dernièrement. La vaccination est maintenant ouverte à toutes les personnes de 16 ans et plus, sans rendez-vous préalable.

Affaibli politiquement par plusieurs scandales, M. Cuomo a assoupli beaucoup de restrictions au cours des dernières semaines, permettant la réouverture des restaurants, des stades, des cinémas et des salles de spectacle.

Il a promis, jeudi, qu’il allait « continuer à augmenter les capacités », sur fond de baisse régulière des taux de positivité au coronavirus et des hospitalisations.

Les théâtres de Broadway, l’une des principales attractions touristiques de New York, restent cependant fermés.

Le maire, qui a annoncé récemment une grande campagne pour relancer le tourisme à partir de juin, a reconnu jeudi qu’ils le resteraient jusqu’en septembre, excepté « certains théâtres plus intimistes ».

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