Système de paiement

La justice américaine force le bras d’Apple

« Le succès n’est pas illégal », reconnaît la juge Yvonne Rogers, mais « le comportement d’Apple est anticompétitif ».

Apple ne peut plus imposer aux éditeurs d’utiliser son système de paiement au sein de leurs applications, et donc de payer une commission, a décidé vendredi la juge américaine responsable du contentieux avec Epic Games, qui pourrait redéfinir l’économie du secteur. Le titre du géant se fait malmener en Bourse.

La magistrate a en revanche estimé que le fabricant de l’iPhone n’était pas en situation de monopole illégal, ce que soutenait l’éditeur du jeu Fortnite.

« Apple ne détient pas de monopole sur le marché des transactions dans les jeux mobiles », a tranché la juge Yvonne Rogers.

« La Cour a déterminé qu’Apple jouit d’une part de marché considérable, supérieure à 55 %, et de marges de profit extraordinairement élevées, mais ces facteurs ne suffisent pas à prouver une infraction au droit de la concurrence. Le succès n’est pas illégal », a-t-elle précisé.

En revanche, « le comportement d’Apple est anticompétitif » quand le géant californien empêche les développeurs de rediriger les consommateurs vers leurs propres sites web et moyens de paiement, a-t-elle ajouté.

Epic Games, comme de nombreux autres petits et grands éditeurs d’applications mobiles, accuse Apple d’abuser de sa position dominante en prélevant des commissions trop élevées sur les achats des utilisateurs et en leur imposant l’App Store comme intermédiaire obligatoire entre eux et leurs utilisateurs.

« Epic a gagné »

Les deux sociétés s’affrontent depuis un an, quand Epic a rompu son contrat avec Apple. Sa mise à jour de Fortnite offrait aux joueurs un moyen de contourner le système de paiement de l’App Store, et ainsi d’échapper au prélèvement automatique d’une commission de 30 % sur tous leurs achats dans le jeu.

« Apple a “gagné” en n’étant pas considéré comme un monopole, estime Michael Pachter, analyste du cabinet Wedbush sur Twitter, mais Epic a “gagné” le droit de diriger les joueurs vers l’Epic Store [son propre magasin] comme moyen de paiement de rechange. Au bout du compte : Epic a gagné. »

Tim Sweeney, patron d’Epic, a promis de « continuer à se battre » pour « une compétition équitable entre les méthodes de paiement au sein des applis et entre les magasins d’applis ».

« La décision du jour n’est pas une victoire pour les développeurs et les consommateurs », a-t-il tweeté.

« Fortnite reviendra sur l’App Store d’iOS [le système d’exploitation mobile d’Apple] quand Epic pourra proposer son système de paiement dans l’appli en concurrence avec celui d’Apple, en faisant bénéficier les consommateurs des économies ainsi réalisées. »

— Tim Sweeney, patron d’Epic Games

Apple satisfait

Apple, de son côté, s’est félicité d’avoir été disculpé sur la question du monopole, alors que les poursuites pour abus de position dominante se multiplient contre ses voisins Google et Facebook de la part des autorités américaines et dans le monde.

« Aujourd’hui, la Cour a entériné ce que nous avons toujours su : l’App Store n’enfreint pas le droit de la concurrence », a déclaré la société américaine.

« Apple est en compétition sur tous les segments où nous sommes présents, et nous pensons que les clients et les éditeurs nous choisissent parce que nos produits et services sont les meilleurs au monde », a-t-elle continué.

Dans l’attente de ce verdict depuis le procès en mai, la marque à la pomme vient de faire une série de concessions aux développeurs.

Elle a notamment annoncé fin août un assouplissement des règles sur l’accès aux moyens de paiement en dehors de l’App Store, pour mettre fin à des poursuites de petites entreprises qui conçoivent des applications.

Concrètement, les applications pourront envoyer un courriel à leurs usagers pour les informer qu’ils peuvent acheter un abonnement, par exemple, par l’entremise de leur site web. Dans ce cas, les éditeurs d’applis ne paient pas de commission à Apple.

« Nous restons engagés à garantir que l’App Store reste une place de marché sûre et de confiance, qui soutient une communauté florissante de développeurs et plus de 2,1 millions d’emplois américains, où les règles s’appliquent de la même manière à tout le monde », a encore indiqué le groupe.

En Bourse, le titre d’Apple a reculé de 3,3 %, ou 5,10 $ US, pour clôturer la séance à 148,97 $ US.

Revue boursière

L’inflation inquiète les marchés

Les Bourses nord-américaines ont clôturé en baisse vendredi, les opérateurs s’inquiétant de la persistance d’une inflation élevée aux États-Unis. Pour Jack Ablin, responsable de l’investissement chez Cresset Capital, cette mauvaise passe est liée à une succession de chiffres macroéconomiques décevants, qui soulèvent des questions sur la santé réelle de l’économie américaine.

— Agence France-Presse

Roots réduit ses pertes

Roots a affiché vendredi une perte de 1,2 million de dollars pour son deuxième trimestre, ce qui se comparait à une perte de 1,8 million pour la même période l’an dernier, alors que ses ventes ont progressé. La perte par action du détaillant s’est établie à 3 cents pour le trimestre clos le 31 juillet, comparativement à une perte de 4 cents par action pour la même période un an plus tôt. Les ventes trimestrielles totalisaient 38,9 millions, alors qu’elles s’étaient chiffrées à 38,2 millions un an plus tôt. Roots a souligné que la hausse des ventes était survenue malgré la fermeture de magasins en Ontario pendant environ 60 % de la durée du trimestre, comparativement à 45 % lors du deuxième trimestre l’an dernier. — La Presse Canadienne

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