Comment surligner plus vert ?

De nombreux étudiants et télétravailleurs s’en rendent compte : contrairement à la pandémie, les surligneurs fluo ne durent pas longtemps. En temps normal, il est facile de jeter un surligneur et de s’en procurer un nouveau au magasin scolaire ou dans l’armoire à papeterie du bureau. À la maison, on se pose la question : peut-on mettre un surligneur dans le bac de récupération ? Comment surligner plus vert ? Réponses en cinq points.

Pas dans le bac bleu

Malheureusement, les surligneurs n’ont pas leur place dans le bac bleu, même s’ils sont en plastique. « Non, les surligneurs et autres stylos ou crayons ne vont pas au bac de récupération, confirme Brigitte Geoffroy, de Recyc-Québec.

Les matières acceptées dans la collecte sélective [bac bleu] doivent être des emballages, des contenants non consignés, des imprimés et des journaux. »

Jeter un surligneur peut sembler insignifiant.

« Ça nous emmène à prendre conscience que dans notre quotidien, il y a plein d’objets comme ça. »

— Nathalie Ainsley, responsable des relations de presse de l’Association québécoise Zéro déchet.

Au Québec, un total de 500 000 tonnes de plastique sont enfouies annuellement, selon Recyc-Québec.

Il y a des solutions de rechange – ne pas imprimer et surligner à l’écran, en premier lieu. Quand ce n’est pas possible, on peut surligner avec un crayon en bois ou un feutre qui traîne dans un tiroir. « Dans le zéro déchet, il y a un principe de base : essayer de trouver ce qu’on a déjà à la maison », conseille Nathalie Ainsley.

Surligneurs rechargeables

D’autres options sont offertes, comme les surligneurs rechargeables. « Quand les gens découvrent que ça existe, ils sont émerveillés », témoigne Chloé Roy-Courteau, de la boutique L’attrape-livres et papeterie verte, de Saguenay.

L’entreprise allemande Faber-Castell propose un surligneur rechargeable testé par La Presse : il coûte moins de 2 $, sa teinte est vibrante et il se remplit facilement, par capillarité. La recharge d’encre coûte 9 $ et permet au moins huit remplissages.

Les surligneurs Preppy (3,25 $), de l’entreprise japonaise Platinum, peuvent quant à eux être rechargés avec des cartouches (3,40 $ par lot de trois). D’autres modèles existent, comme ceux de la marque Edding.

Surligneurs en… bois

À noter : Faber-Castell propose aussi des surligneurs secs, c’est-à-dire en bois. Ils permettent de surligner adéquatement un texte, sans teinte aussi vive qu’avec un feutre. « L’attrait des surligneurs en bois, c’est que les retailles sont compostables », indique Cynthia Tellier-Champagne, du Studio d’art Shuffle de Sawyerville. Elle vend en ligne du matériel d’art et des fournitures de bureau écoresponsables.

Popularité en hausse

« La demande pour tout ce qui est écologique augmente chaque année », assure Russell Hemsworth, de la papeterie Nota bene, à Montréal, où l’on vend des surligneurs rechargeables. La majorité des clients qui achètent des produits verts sont jeunes. « Ils auront de plus grands défis à relever dans le futur », note Russell Hemsworth.

Les commerçants doivent consciemment apporter leur contribution, selon lui. Même si la tentation de vendre de nouveaux stylos et surligneurs est toujours là… « C’est plus rentable que de vendre des recharges qui coûtent généralement moins cher, souligne Russell Hemsworth. La question demeure : quel est le véritable coût pour la société de chaque transaction ? »

Boîtes de recyclage de stylos

Il est également possible de déposer les surligneurs hors d’usage dans des boîtes de collecte prévues à cet effet, par exemple dans les 300 magasins Bureau en gros et Staples du Canada. Avis aux intéressés : pour 101,99 $, l’entreprise TerraCycle propose une boîte affranchie dans laquelle il est possible de déposer plus de 700 stylos, marqueurs, etc. à recycler.

Enfin une solution facile ?

« Les recycler, c’est un grand mot. Le problème, peu importe l’entreprise, c’est qu’on n’a jamais de certitudes quant à où ça va. »

— Karel Ménard, directeur du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets

TerraCycle dit réceptionner toutes les boîtes de recyclage dans son entrepôt en Ontario, où la marchandise est triée. « Les instruments d’écriture sont envoyés à un tiers sous-traitant du Midwest américain », précise Sue Kauffman, directrice des relations publiques nord-américaines de TerraCycle. Les pièces de métal sont retirées, la fibre interne des marqueurs est traitée séparément, les plastiques sont triés par types « puis recyclés en un matériau adapté à la fabrication d’articles tels que les membres d’extérieur, les palettes d’expédition en plastique et le bois composite », explique Sue Kauffman.

« Ce ne sont pas des produits qui sont conçus pour être recyclés, observe Karel Ménard. Ce sont souvent des amalgames, des produits jetables par définition. On donne bonne conscience aux gens : ils mettent leurs surligneurs dans une boîte et en achètent d’autres. L’écoconception, c’est là-dessus qu’on devrait plutôt travailler. »

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