Éditorial

L’organisme derrière les camelots

Avant de prendre une pause des écrans de La Presse+ pour l’été, permettez-moi, chers lecteurs et lectrices, de vous remercier de nous avoir suivi en si grand nombre tout au long de l’année, et ce, depuis quelques années déjà. Vous avez aussi été nombreux à faire des dons pour soutenir l’organisme. Pour cela, L'Itinéraire vous est reconnaissant.

Beaucoup d’entre vous apportent un soutien direct à nos camelots en vous procurant le magazine auprès d’eux dans les rues et métros de Montréal, à Longueuil et Laval, de même qu’à Granby et Sutton. Ce petit 3 $ permet à ces hommes et ces femmes d’améliorer leurs conditions de vie. Mais derrière la vente du magazine, il y a toute une équipe qui produit la publication et un organisme qui les soutient en leur offrant, gratuitement, une foule de services et de formations.

La vente dans la rue, c’est la partie visible de l’iceberg, la plus grande partie de notre travail l’est moins. C’est pour ça que vos dons sont si précieux. Vous nous aidez à créer deux éditions par mois, à les faire imprimer ; vous nous permettez de donner aux camelots accès à des intervenants psychosociaux, de l’aide alimentaire, du soutien au logement, de l’accompagnement individuel et beaucoup plus encore.

La réalité pas toujours facile des camelots

Il faut mentionner au passage que le travail de camelot n’est pas toujours facile. Si, par temps clément, c’est agréable pour les camelots de s'installer à un coin de rue désigné par L’Itinéraire et de prendre le temps de jaser avec des clients qu’ils ont appris à connaître et à reconnaître, ils font néanmoins face à plusieurs défis.

J’énumère, mais pas nécessairement dans l’ordre : le mépris ou l’indifférence de certains passants, la canicule, la pluie, le froid extrême, des conditions qui sont non seulement dures physiquement, mais réduisent de beaucoup l’achalandage des acheteurs potentiels.

Ajoutons à cela les personnes qui quêtent à côté d’eux et qui peuvent par moments être agressives. Sans oublier aussi les quelques personnes malveillantes qui se font passer pour des fondateurs de L’Itinéraire et sollicitent frauduleusement de l’argent au nom de notre organisme, nuisant ainsi à notre réputation et au travail de nos camelots. Sachez que nos camelots doivent porter un dossard de L’Itinéraire et une carte d'identification et qu’il leur est interdit de demander de l’argent pour autre chose que vendre les publications de L’Itinéraire.

Je vous parle de personnes qui quêtent, ce qui est tout le contraire de ce que font nos camelots. Ils travaillent et sont fiers de non seulement vendre L’Itinéraire, mais de contribuer à fournir du contenu, grâce à de l’accompagnement de l'équipe et de bénévoles.

D’ailleurs, une grande partie des camelots se sont déjà retrouvés dans la situation de quémander des sous aux passants avant qu’ils ne se joignent au Groupe, soit par le bouche-à-oreille ou par des membres de l’équipe d’intervention de l’organisme.

Dès qu’ils franchissent nos portes, c’est plus qu’une job de camelot qui les attend, c’est un monde de possibilités qui s’offre à eux et elles. Pour beaucoup, toutes les autres portes leur étaient jusqu’alors fermées, les empêchant d’entrevoir une sortie de la rue, les confinant à l’isolement et à la marginalisation.

Depuis plus de 28 ans, nous avons aidé quelques milliers de personnes vulnérables à reprendre le dessus. Beaucoup d’entre elles ont d’ailleurs fini par quitter l’organisme pour occuper un emploi stable ou pour retourner aux études. D’autres, en raison de leurs capacités plus limitées, ont fait de L’Itinéraire leur travail, leur milieu de vie. Mais pour tous les camelots, et pour toute l’équipe, L’Itinéraire, c’est plus qu’un boulot, c’est une famille.

Sur ce, passez un bel été et on se retrouve en septembre !

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