Laurent Dubreuil

Entre satisfaction et déception

Des hauts et des bas. C’est ainsi que l’on pourrait décrire la deuxième fin de semaine de Coupe du monde de Laurent Dubreuil. Après une dixième place au 1000 m vendredi et l’or au 500 m samedi, ses coéquipiers et lui ont pris le septième rang au sprint par équipe. Dubreuil ne s’en cache pas, « ce n’était pas bon ».

L’athlète de Lévis était en train de faire ses valises dans son hébergement des Pays-Bas lorsqu’il a répondu à l’appel de La Presse.

Quelques heures auparavant, il a dû essuyer sa deuxième déception du week-end. Christopher Fiola, Connor Howe et lui n’ont pas été en mesure de livrer la performance attendue à l’épreuve du sprint par équipe, la dernière de ce passage à Heerenveen.

Pour lui, il n’y a qu’une seule raison pour expliquer cette déconfiture : le manque d’exécution. « On a surestimé un peu la vitesse à laquelle on pouvait partir en restant connectés avec Connor, qui terminait. On ne lui a donné aucune chance », explique le Québécois.

Quelques heures plus tôt, Howe avait gagné la médaille d’or à l’épreuve du 1500 m. Néanmoins, Dubreuil refuse de croire que c’est ce qui a pu ralentir les performances de son coéquipier en fin de journée. Il croit plutôt que c’est Fiola et lui qui ont mal jugé ce que Howe pouvait offrir. « C’est un gars d’un peu plus longue distance. Il a gagné le 1500 m aujourd’hui, c’est un patineur exceptionnel, mais on est partis trop vite et il n’a jamais accroché. »

Dans ce type d’épreuve, le phénomène d’aspiration est d’une importance capitale. Sans regroupement, l’aérodynamisme offert par les premiers patineurs diminue. Howe a dû faire ses tours pratiquement par lui-même, largué dès le départ par ses coéquipiers.

« J’espérais que Connor [Howe] soit là et quand je me suis relevé, j’ai vu qu’il était incroyablement loin. Là, j’ai compris qu’on avait commis la pire erreur qu’on aurait pu faire aujourd’hui.  »

— Laurent Dubreuil, au sujet du sprint par équipe

L’or, malgré tout

Même si le début et la fin de son week-end ont été décevants, Dubreuil s’est tout même imposé à la course sur 500 m entre les deux. « Si on me dit qu’à chaque coupe du monde, je vais gagner l’or, je vais tout le temps signer en bas de la page. C’est ça mon objectif, c’est d’être le meilleur au monde. » Toutefois, il insiste sur le fait que sur ses trois courses, « il y en a juste une qui s’est bien passée ».

Les standards du champion en titre du classement cumulatif du 500 m étant extrêmement élevés, il est certain qu’il aurait aimé en faire plus. D’autant plus qu’il avait remporté deux médailles la semaine précédente en Norvège. L’or ne sauve pas tout, mais lui permet de garder le sourire. « Au moins, en ayant eu une très bonne course au 500 m, je suis quand même content de ma fin de semaine, explique-t-il, mais c’est évident que j’aurais aimé mieux avoir été bon à toutes les courses. »

Enfin de retour

Dubreuil pourra bénéficier d’une pause au cours des prochains jours. Il disputera le Championnat des Quatre Continents dans deux semaines et la Coupe du monde de Calgary la semaine suivante. Entre-temps, il passera du temps avec sa famille à la maison.

Il souligne : « Je n’aurais pas voulu partir un mois pour mon premier voyage. J’impose quand même ça à ma famille. Mon garçon de 2 mois ne s’en rend pas compte, mais mon épouse et ma fille de 3 ans s’en rendent compte en maudit que je suis parti. »

Il pourra ainsi faire le plein de « bonheur et de beaux moments », avant d’attaquer le sprint de fin d’année.

Deux médailles pour le Canada

En plus de la médaille d’or remportée par Howe, la triple médaillée olympique Isabelle Weidemann est montée sur la deuxième marche du podium à l’épreuve du 3000 m.

Seule la vétérane et favorite locale Irene Schouten l’a devancée, par près de quatre secondes, grâce à une course de grande qualité.

Ivanie Blondin et Valérie Maltais ont terminé respectivement en cinquième et dixième positions à cette même épreuve.

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