Un transfuge politique inquiète des transporteurs aériens

L’employé responsable du dossier du transport aérien au sein du cabinet de Geneviève Guilbault vient d’être embauché au privé, créant de l’inquiétude chez d’autres entreprises qui lui ont confié des informations stratégiques.

Yves Côté a été recruté comme cadre par Air Liaison après seulement sept mois auprès de la ministre des Transports. Une période qu’il a notamment consacrée à une tournée de rencontres avec les entreprises du secteur.

L’une d’elles, Pascan Aviation, se dit préoccupée par cette situation. Elle a été transparente avec M. Côté dans l’espoir de trouver des solutions aux difficultés du secteur, souligne-t-elle.

« Tous les transporteurs ont transféré de l’information », a dit Yani Gagnon, copropriétaire de l’entreprise. « On n’aime pas voir ça que l’information soit transmise à un individu ou un groupe d’individus et que la personne quitte pour aller travailler chez un acteur du milieu. »

M. Gagnon a affirmé que Pascan avait notamment fourni des données financières sur la rentabilité de certaines liaisons. « On espère que les gens au gouvernement ont pris les mesures appropriées pour s’assurer qu’il y a une transition qui a été faite et qu’il y a des pare-feu en place pour empêcher que quelqu’un qui quitte un département puisse prendre avantage de ces données-là », a dit M. Gagnon.

Jean-François Ouellet, directeur général de l’Association québécoise du transport aérien (AQTA), a indiqué que Pascan n’était pas le seul acteur de l’industrie à soulever des questions sur cette situation.

« J’ai eu la chance d’avoir des discussions avec d’autres personnes qui étaient préoccupées par la situation », a-t-il dit, ajoutant ne pas douter du professionnalisme d’Yves Côté. « Ça circule un peu dans le milieu. »

Le Commissaire à l’éthique impliqué

Yves Côté n’a pas répondu aux messages de La Presse. Selon son profil LinkedIn, il est devenu dans les derniers jours « directeur de l’expérience client et du développement des affaires » pour Air Liaison. Cette entreprise dessert surtout la Côte-Nord à partir de l’aéroport de Saint-Hubert.

Au cabinet de la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, on indique avoir consulté le Commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale dans ce dossier.

« L’employé a démissionné et doit respecter les règles relatives aux personnels de cabinet », a indiqué le directeur des communications de la ministre, Maxime Roy. « Il a d’ailleurs été avisé, dès son départ, qu’il devait vérifier auprès du Commissaire à l’éthique et à la déontologie comment se conformer à ces dites règles. »

Étant donné ses liens professionnels, le cabinet ne discutera pas de transport aérien avec M. Côté. « Nous nous assurerons que l’ancien employé ne soit jamais l’interlocuteur s’il y a des discussions entre Air Liaison et le cabinet de la ministre », a ajouté M. Roy.

Plus tôt en 2023, Mme Guilbault a rendu permanent son comité de travail sur le transport aérien régional, qui cherche des solutions pour améliorer la desserte des régions éloignées dans la foulée du retrait d’Air Canada depuis la pandémie.

Nomination d’un ami au poste de juge

La commissaire à l’éthique blanchit Simon Jolin-Barrette

Québec — Le ministre Simon Jolin-Barrette « n’a pas commis de manquement » éthique en nommant un ami au poste de juge de la Cour du Québec, conclut la commissaire à l’éthique et à la déontologie.

La commissaire Ariane Mignolet invite en revanche le gouvernement Legault à « réfléchir » à l’implantation d’un mécanisme qui permettrait aux ministres de déléguer leur pouvoir de recommandation lorsqu’il est question d’une nomination d’une personne avec qui ils ont un « lien de proximité significatif ».

Dans un rapport d’enquête rendu public mardi, la commissaire Mignolet blanchit le ministre de la Justice, qui a nommé Charles-Olivier Gosselin au poste de juge de la Cour du Québec au printemps dernier. M. Gosselin est un ami de longue date du ministre, comme l’a révélé Le Soleil. Le ministre Jolin-Barrette n’a jamais nié son lien d’amitié avec M. Gosselin, dont il a célébré le mariage.

Or, M. Jolin-Barrette « n’a pas commis de manquement » au Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale, conclut Mme Mignolet dans son rapport d’enquête, lancée à la demande du député libéral Monsef Derraji.

« En effet, même si le Ministre et le juge Charles-Olivier Gosselin sont de bons amis, la preuve révèle que le Ministre ne s’est pas écarté du processus établi et a suivi les règles claires et explicites concernant son rôle en tant que ministre de la Justice », écrit la commissaire.

« Sa décision de recommander la personne nommée est basée uniquement sur la compétence de cette dernière et sur l’appréciation personnalisée contenue au rapport du comité de sélection. Le curriculum vitæ du juge et les témoignages recueillis dans le cadre de l’enquête démontrent d’ailleurs que celui-ci détient les compétences requises pour occuper cette fonction », peut-on lire.

Le ministre accueille favorablement le rapport de la commissaire à son endroit. « J’avais dit au mois de mai que j’avais respecté à la lettre le processus. La nomination du juge Gosselin a été faite en fonction de ses compétences, comme le souligne la commissaire à l’éthique », a souligné le ministre de la Justice en sortant du Salon bleu, mardi.

Déléguer le pouvoir de recommandation ?

La commissaire affirme néanmoins que le dossier est « un exemple éloquent de l’attention que la population porte aux situations impliquant les proches de parlementaires ». En ce sens, elle invite le gouvernement à mettre en place un mécanisme – au-delà de la nomination de juges – pour que les ministres puissent déléguer leur pouvoir de nomination, dans certains cas d’exception.

Cela pourrait permettre de « prévenir les conflits d’intérêts réels ou apparents pouvant résulter de l’exercice de leur discrétion », ajoute la commissaire.

« La commissaire à l’éthique a indiqué qu’il y avait peut-être des voies d’amélioration. Moi, je l’avais dit au mois de mai, je suis ouvert. Et ce qu’on va faire, c’est étudier ses recommandations. On accueille ses recommandations avec ouverture. On va étudier son rapport avec sérieux et on va prendre le temps de bien le faire », a expliqué le ministre Jolin-Barrette.

— Avec Tommy Chouinard, La Presse

Procès d’Alexandre Boudreau-Chartrand

« Ma femme a fait une overdose et a déboulé les escaliers »

Joliette — Andréane Ouellet est-elle morte en déboulant les escaliers en état d’ébriété ? A-t-elle fait une « overdose » ? C’est ce qu’Alexandre Boudreau-Chartrand a raconté au 911 en découvrant le corps de sa conjointe. Son appel percutant a été présenté au jury mardi au deuxième jour de son procès pour meurtre.

« Je pense que ma femme a fait une overdose, puis elle a déboulé les escaliers. […] Oui, vite là ! Je pense qu’elle a pris ses médicaments, puis elle a fait une overdose. Elle a déboulé les marches, puis là, elle vomit du sang… », souffle Alexandre Boudreau-Chartrand, visiblement paniqué.

L’homme de 38 ans est accusé d’avoir perpétré le meurtre au second degré d’Andréane Ouellet, le 27 septembre 2021, dans leur résidence familiale de Saint-Donat. Selon la Couronne, la mort de la mère de cinq enfants a été causée par des « traumatismes multiples à la tête ».

Selon la théorie de la poursuite, Alexandre Boudreau-Chartrand était « contrarié » face à l’incapacité de sa conjointe de maintenir sa sobriété et acceptait mal les « infidélités » de celle-ci. Les parties ont admis mardi que l’accusé et la victime « faisaient preuve de violence verbale et psychologique l’un envers l’autre, et ce, de façon continue ».

Journée fatidique

Pendant l’appel au 911, on entend Alexandre Boudreau-Chartrand réclamer des secours et pratiquer des manœuvres de réanimation pendant de longues minutes sous la supervision de l’employée des services d’urgence. Il relate à celle-ci qu’il était parti du domicile depuis une heure environ.

Cet appel nous permet d’en savoir plus sur cette journée fatidique. Alexandre Boudreau-Chartrand explique à un policier vers la fin de l’appel qu’Andréane Ouellet était « gerlot » ce matin-là. Aux dires de l’accusé, sa conjointe se serait « pété la gueule dans les escaliers » une première fois.

« J’ai entendu débouler les escaliers une fois. Je suis arrivé dans la cage d’escalier […], je l’ai amenée dans le lit. […] Après ça, je suis allé me coucher. J’avais une rencontre avec […], elle dormait, elle n’est pas venue », raconte l’accusé.

Dans un segment difficilement audible de l’appel, Alexandre Boudreau-Chartrand répète ces paroles de sa conjointe : « C’est fini, toi puis moi. » Le contexte demeure cependant nébuleux. L’accusé ajoute pendant l’appel que sa conjointe avait tenté de se suicider un mois plus tôt.

L’accusé était « triste » et « émotif »

Avant l’appel au 911, Alexandre Boudreau-Chartrand s’était absenté pour se rendre à un rendez-vous très important pour le couple, dont on ne peut révéler la teneur. L’absence d’Andréane Ouellet a évidemment retenu l’attention des personnes présentes, a relaté une témoin de la Couronne.

« Nous lui avons demandé où était Mme Ouellet, il a répondu que madame dormait, qu’elle était absente, qu’elle avait consommé de l’alcool durant la fin de semaine, qu’il y avait eu des conflits, qu’il avait appris qu’elle lui avait été infidèle lors de son [passage] en maison d’hébergement en juin », a témoigné la femme, dont on ne peut révéler l’identité.

La femme se souvient qu’Alexandre Boudreau-Chartrand était « émotif » pendant la rencontre et qu’il était arrivé 12 minutes à l’avance, contrairement à ses habitudes. « Il semblait triste », a-t-elle répété. Ses vêtements étaient très « propres », a-t-elle indiqué au jury.

Contre-interrogatoire

En contre-interrogatoire, la femme a indiqué qu’Andréane Ouellet pouvait se montrer « agressive » envers les objets, alors qu’Alexandre Boudreau-Chartrand tenait un discours « plus dénigrant au niveau psychologique ». Il reprochait « régulièrement » à sa conjointe ses problèmes de consommation.

Trois jours avant la mort d’Andréane Ouellet, la témoin se souvient avoir remarqué une cicatrice au niveau du bras de la victime. Celle-ci avait également un orteil noir.

Le procès se poursuit ce mercredi devant le juge Eric Downs au palais de justice de Joliette.

Élection partielle dans Jean-Talon

La CAQ pourrait mettre fin au boycottage de Meta si ses rivaux continuent d’y recourir

Tout en demandant à Québec solidaire et au Parti libéral du Québec de cesser d’acheter de la publicité sur Facebook, François Legault songe à recommencer à le faire. Le comportement de ses adversaires entraîne une situation « inéquitable » dans Jean-Talon, selon le premier ministre. « Je demande au Parti libéral et à Québec solidaire d’arrêter d’utiliser Meta-Facebook. Sinon, il va falloir nous aussi qu’on se pose la question si on l’utilise parce que c’est vraiment inéquitable pour aller rejoindre les électeurs dans Jean-Talon », a-t-il dit. Depuis que Meta empêche les médias canadiens de partager leur contenu sur Facebook et Instagram, le gouvernement a suspendu tout achat de publicités sur ces réseaux sociaux en signe de solidarité.

— Fanny Lévesque, La Presse

Montréal

Des milliers de litres de peinture déversés sur la Métropolitaine

Des milliers de litres de peinture blanche se sont déversés mardi matin sur une portion de l’autoroute Métropolitaine après qu’un camion eut perdu son chargement, forçant la fermeture de cet axe névralgique de Montréal. L’évènement s’est produit vers 7 h 50 à la hauteur du boulevard de la Côte-Vertu. C’est après une « manœuvre de freinage » qu’un camion de l’entreprise Minimax Express Transportation a perdu son chargement qui contenait entre 10 000 et 20 000 litres de peinture blanche, a expliqué mardi la Sûreté du Québec. La peinture s’est alors déversée un peu partout sur la chaussée de l’autoroute entre le boulevard de la Côte-Vertu et la sortie menant au boulevard Cavendish. Toute cette portion de l’autoroute, en direction est, a alors été fermée. La voie de droite a été rouverte en début d’après-midi, tandis que celles du centre et de gauche ont été rouvertes vers 16 h.

— Henri Ouellette-Vézina, La Presse

Vol d’identité de 60 000 enseignants

Deux ans de prison pour un pirate informatique

Un réseau de voleurs d’identité a frappé un grand coup il y a quelques années : mettre la main sur les informations de plus de 60 000 enseignants québécois. L’un des pirates, Frédéric Lapointe, a été condamné mardi à deux ans, moins un jour, d’emprisonnement ferme. « Il a joué un rôle important dans le système global frauduleux et n’était pas un acteur marginal au rôle limité », a conclu la juge Suzanne Costom mardi au palais de justice de Montréal, en rejetant la demande de prison à domicile de la défense. La Couronne réclamait quatre ans de pénitencier.

— Louis-Samuel Perron, La Presse

Maritimes

L’ouragan Lee pourrait arriver en tant que tempête post-tropicale

L’ouragan Lee devrait frapper certaines parties des provinces maritimes avec des vents violents et de fortes pluies en fin de semaine, en devenant une tempête post-tropicale. Le Centre canadien de prévision des ouragans affirme qu’une grande partie de la force de l’ouragan sera diminuée par les températures plus fraîches de la surface de la mer, à mesure qu’il se dirigera vers le nord. En début d’après-midi mardi, l’ouragan de catégorie 3 se trouvait à environ 900 km au sud des Bermudes, avec des vents soufflant à 185 km/h. La tempête devait se diriger lentement vers le nord ce mercredi, puis prendre de la vitesse et progresser rapidement vers les provinces de l’Atlantique.

— La Presse Canadienne

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.