Ouïghours de Turquie

« J’appelle la haute-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme à visiter les camps de concentration [du Xinjiang] et à parler librement avec les gens, sans les caméras de surveillance ni la présence de la police chinoise, et à révéler au monde la situation des droits de l’homme là-bas. »

— Ahmet Ilyasoglu, un Ouïghour installé en Turquie, s'adressant à la haute-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet (AFP)

Pakistan

Un pont emporté par une crue provoquée par la fonte d'un glacier

Un pont situé sur la route du Karakorum, dans une région isolée du nord du Pakistan, s’est effondré samedi sous l’effet d’une crue soudaine engendrée par la rupture d’un glacier à cause de la canicule, a indiqué mardi la ministre des Changements climatiques, Sherry Rehman. Le Pakistan est très vulnérable au dérèglement climatique, figurant en 8e position des pays les plus menacés par les phénomènes météorologiques extrêmes, selon une étude de l’ONG Germanwatch. Une vague de chaleur record, que les experts attribuent aux changements climatiques, frappe actuellement le pays, où les températures pourraient atteindre cette semaine les 50 °C par endroits, selon les prévisions. La vidange brutale d’un lac glaciaire (GLOF, selon l’acronyme anglais) survient quand la digue de glace d’un lac glaciaire se rompt subitement, libérant des flots qui dévalent la pente en emportant tout sur leur passage. — Agence France-Presse

Tournant pour la monarchie britannique

Charles remplace la reine pour le discours du Trône

« Moment historique » au Royaume-Uni : le prince Charles a prononcé mardi à la place de sa mère, Élisabeth II, le traditionnel discours du Trône détaillant au Parlement les ambitions législatives du gouvernement, la reine ayant renoncé sur le conseil de ses médecins. Apportant un nouveau signe de la transition en marche pour la monarchie britannique sous l’effet des problèmes de santé de la souveraine de 96 ans, c’est le prince Charles qui est arrivé au Parlement tandis que retentissait l’hymne God Save the Queen. Lisant au nom de la reine le discours à l’ouverture de la session parlementaire, l’héritier de la couronne, 73 ans, en uniforme bardé de décorations, était assis sur le trône réservé au consort, symboliquement plus petit que celui de la monarque. À ses côtés se trouvaient son épouse, Camilla, 74 ans, ainsi que son fils aîné, le prince William, 39 ans, présent pour la première fois, preuve supplémentaire d’un changement de génération qui s’opère.

— Agence France-Presse

Colombie

Le procureur antidrogue du Paraguay assassiné

Le procureur du Paraguay spécialisé dans la lutte contre le trafic de drogue Marcelo Pecci a été assassiné en Colombie, sur une île des Caraïbes où il passait sa lune de miel, a appris l’AFP de sources concordantes. Cinq enquêteurs colombiens ont été dépêchés dans l’île de Baru, « où le meurtre a été commis », pour mener les investigations avec l’appui du Paraguay et des États-Unis, a déclaré à la presse le chef de la police colombienne, le général Jorge Luis Vargas. Il n’a pas précisé la date ou les circonstances exactes de l’assassinat, commis alors que le procureur passait sa lune de miel sur cette île touristique. M. Pecci avait épousé le 30 avril dans la ville de Carthagène une journaliste colombienne, Claudia Aguilera, publiant des photos de son mariage sur son compte Twitter. Le président du Paraguay, Mario Abdo Benítez, a condamné sur Twitter le « lâche assassinat du procureur Marcelo Pecci en Colombie » qui « endeuille toute la nation paraguayenne ». — Agence France-Presse

Dubaï

Les livreurs d’applications mobiles font la grève pour leurs salaires

Des livreurs de repas à domicile travaillant pour des applications mobiles ont mené une rare grève mardi à Dubaï pour exiger de meilleurs salaires, la deuxième mobilisation de ce genre ces derniers jours dans le riche émirat du Golfe. Les ONG de défense des droits de la personne critiquent régulièrement les mauvaises conditions de travail des nombreux travailleurs migrants dans les pays du Golfe, venus pour la plupart du sous-continent indien. Plusieurs livreurs de Talabat, branche locale de l’entreprise allemande Delivery Hero, ont refusé de travailler mardi, réclamant notamment des hausses de salaires, dans un contexte d’inflation mondiale. Les grèves sont très rares aux Émirats arabes unis, pays dont fait partie l’émirat de Dubaï et qui interdit toute manifestation publique. La loi émiratie autorise les entreprises à « suspendre » leurs employés grévistes. Dans un pays au coût de la vie déjà très élevé, les livreurs de Talabat et Deliveroo ont vu leurs dépenses augmenter ces dernières semaines, notamment celles liées à l’essence qu’ils doivent eux-mêmes payer.

— Agence France-Presse

Afghanistan

Une dizaine de femmes manifestent contre le voile intégral

Une dizaine d’Afghanes ont manifesté mardi, la plupart le visage découvert, dans les rues de Kaboul pour protester contre la décision des talibans de rendre obligatoire pour les femmes le port du voile intégral en public. « Justice, justice ! La burqa, ce n’est pas notre [voile] », ont scandé ces femmes, qui ont réussi à marcher sur près de 200 mètres dans le centre de la capitale, avant d’être stoppées dans le calme par des combattants talibans qui ont aussi intimé à la presse de quitter les lieux. Le gouvernement a publié samedi un décret, approuvé par le chef suprême des talibans et de l’Afghanistan, Hibatullah Akhundzada, ordonnant aux femmes de couvrir intégralement leur corps et leur visage en public. Les talibans ont précisé que leur préférence allait, au nom de la « tradition », à la burqa, ce voile intégral le plus souvent bleu et grillagé au niveau des yeux, mais que d’autres types de voile ne laissant apparaître que les yeux seraient tolérés. Ils ont aussi estimé qu’à moins que les femmes n’aient de raison pressante de sortir, il était « mieux pour elles de rester à la maison ».

— Agence France-Presse

Naufrage au large du Liban

Deux Syriennes parties épouser leurs fiancés englouties par la mer

Chawafa Khodr pleure la disparition de sa fille. Jenda avait quitté sa Syrie natale pour tenter la traversée de la Méditerranée depuis le Liban afin de rejoindre son fiancé en Allemagne. Mais le bateau a coulé et son corps n’a pas été retrouvé.

Chawafa refuse de penser que sa fille est morte et Khodr, le père de Jenda, ne veut pas organiser de funérailles.

« Je l’attends tous les soirs et prie Dieu pour qu’elle soit en sécurité », raconte Chawafa à l’AFP, dans sa maison du nord-est de la Syrie.

Le corps de Jenda Saïd n’a toujours pas été retrouvé depuis qu’un bateau transportant 84 migrants a chaviré au large de la côte nord du Liban, le 23 avril.

La mère, désemparée, a même chassé son fils de la maison quand il a dit qu’elle devrait accepter le fait que sa fille de 27 ans pourrait ne jamais revenir.

« Peut-être qu’elle est juste perdue quelque part sur la plage », espère Khodr, 60 ans, des larmes coulant sur ses joues ridées.

Jenda était partie au Liban avec Inas Abdelsalam, 23 ans. Elles ont embarqué à bord d’un bateau de migrants, dans l’espoir de rejoindre l’Allemagne pour retrouver leurs fiancés, deux frères.

Le bateau a fait naufrage après avoir été pourchassé par des navires de la marine libanaise. Quarante-cinq passagers ont été secourus, dont 11 Syriens, selon les Nations unies.

Près de quarante autres personnes sont toujours portées disparues, dont huit Syriens, parmi lesquelles Jenda et Inas.

« Mariage au paradis »

« J’étais heureuse », soupire-t-elle en regardant une vidéo sur son téléphone de Jenda dansant pendant la fête.

« Mais maintenant, pas un jour ne passe sans pleurs », lâche-t-elle.

Chawafa ignorait que Jenda prévoyait de tenter la périlleuse traversée de la mer pour se rendre en Allemagne.

« Si j’avais su, je l’en aurais empêchée. Pour rien au monde je ne l’aurais permis. »

Contrairement à Chawafa, Hiam Saadoun, 42 ans, a accepté le sort de sa fille Inas.

Elle a organisé des funérailles pour elle dans une tente à Qamichli (nord-est de la Syrie), même si son corps n’a pas été retrouvé.

Son seul espoir aujourd’hui est que les sauveteurs finissent par retrouver la dépouille.

« J’aurais aimé pouvoir la voir dans sa robe de mariée », dit-elle, photo de sa fille à la main.

Selon Hiam Saadoun, sa fille voulait depuis longtemps fuir son pays en guerre.

— Agence France-Presse

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