Tendance bières

L’essor de la bière québécoise

On trouve 250 brasseries à l’heure actuelle au Québec, un nombre impressionnant qui a doublé en seulement cinq ans. De Natashquan à Rouyn-Noranda en passant par Gaspé, Dolbeau, Mont-Laurier et Sutton, tous les coins du Québec voient des fabricants de bières s’installer chez eux… et on en demande davantage ! Pour mieux comprendre cet engouement, SUITE est allé à la rencontre de Martin Thibault, auteur maintes fois primé de livres et d’articles portant sur la bière.

« En réponse au phénomène de la mondialisation, la brasserie artisanale est devenue une fierté locale qui ancre les gens à leur patelin », remarque le globe-trotteur, qui sillonne chaque continent de la planète depuis 20 ans afin de mieux comprendre ce que représente la bière dans des communautés aussi bien urbaines que fermières. « D’un point de vue socioculturel, le pub de la brasserie a remplacé le parvis d’église d’autrefois où tout le monde, peu importe le métier, aimait se rencontrer », ajoute-t-il.

De plus en plus de bières sur les tablettes

Près de 20 % de ces brasseries québécoises sont établies dans des villages de 5 000 résidents et moins, à en croire les données de l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ). Et rien n’indique que cette réalité disparaîtra sous peu, à en croire Martin Thibault : « Depuis que l’industrie du fromage a connu son propre essor il y a quelques décennies, les étagères de supermarchés et de boutiques spécialisées ont toujours fait de plus en plus de place aux produits de chez nous. La clientèle les désire sans cesse. C’est la même chose pour l’univers de la bière : on ne retournera pas en arrière. »

« Qu’ils soient néophytes ou dégustateurs curieux, les gens ont également découvert que la bière peut être une formidable alliée à table. »

Martin Thibault, auteur expert en bières

La bière et la cuisine

Les plats gastronomiques à thématique brassicole prennent du galon dans la province. Qu’on parle de la Table Fermière de la Brasserie Dunham (à Dunham), de l’Isle de Garde (à Montréal), de l’Hopera (à Jonquière) ou du Trou du Diable (à Shawinigan), l’offre est de plus en plus alléchante quand vient le temps de casser la croûte en dégustant une bière.

« Les Québécois ont eu de la chance de ce côté, car Unibroue, un des précurseurs de l’essor de la microbrasserie au Québec, a été la première brasserie dans le nord-est de l’Amérique du Nord à ouvrir un restaurant qui mettait ses bières en valeur aux côtés de plats raffinés », indique Martin Thibault. En effet, le Fourquet Fourchette, à Chambly — installé dans un bâtiment ancestral au décor champêtre —, donne à la bière une place de choix à table.

Depuis, des livres complets ont été écrits à propos des accords mets et bières, dont Les saveurs gastronomiques de la bière, un ouvrage coécrit par Martin Thibault et lauréat du prix du meilleur livre à thématique brassicole au concours international Gourmand World Cookbook Awards.

Comment s’y retrouver  ?

Certes, les centaines d’étiquettes, de bouteilles et de canettes de toutes les couleurs rendent les visites en magasin bien alléchantes pour plusieurs personnes. Cependant, pour certaines d’entre elles, l’exercice se révèle intimidant. Martin Thibault suggère donc de faire ses premiers achats dans une boutique spécialisée ou dans un supermarché qui offre les services d’un conseiller en bières.

« En conversant quelques instants en magasin avec une personne qui s’y connaît, on réussit rapidement à mieux cibler ce qu’on aimerait découvrir », dit-il.

Des organismes comme les Détaillants de bières spécialisés du Québec (DBSQ) et le Comité sectoriel de main-d’œuvre du commerce de l’alimentation (CSMOCA) forment même ces conseillers afin qu’ils puissent offrir des suggestions de dégustations plus éclairées. Cette panoplie de gens passionnés donne le goût aux amateurs de tenter leurs propres accords mets et bières à la maison !

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