Les cégeps vantent le DEC en soins infirmiers

Dans une campagne lancée ce lundi, les cégeps défendent leur technique en soins infirmiers et ripostent à l’« offensive » menée par l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), qui prône le baccalauréat comme unique porte d’entrée à la profession.

La Coalition pour le maintien du DEC qualifiant en soins infirmiers, qui rallie de nombreux acteurs importants du milieu collégial, veut redorer l’image de la technique en soins infirmiers.

Sa campagne Je soigne avec mon DEC « vise à rappeler que la formation qui est offerte dans les cégeps est basée sur une expertise de haut niveau et assure des services de qualité », soutient le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay.

Dans les dernières années, les cégeps ont observé une baisse des inscriptions dans les programmes de soins infirmiers. La Coalition blâme en partie la charge menée par l’OIIQ, qui souhaite rendre le bac obligatoire pour les infirmières, comme il l’est dans le reste du Canada. Un rapport sur les états généraux de la profession déposé en septembre en venait à la même recommandation.

L’argument principal est qu’en rehaussant leur formation, les aspirantes infirmières répondraient ainsi mieux aux besoins de la population. Or, la technique est aussi qualifiante que le bac, répond Bernard Tremblay. Qui plus est, la position de l’OIIQ et de ses alliés est « dommageable et contre-productive ».

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, le Québec doit se doter du plus grand nombre d’infirmières, dont « une majorité provient de la formation collégiale ».

L’autre principale porte d’entrée à la profession est le baccalauréat en sciences infirmières, précédé d’un DEC préuniversitaire. Il est aussi possible d’accomplir un DEC-bac, qui implique seulement deux années d’études universitaires.

Le DEC en soins infirmiers, offert dans 46 des 48 cégeps du Québec, reste néanmoins la voie la plus accessible à la profession, soutient la Coalition.

« On a l’impression que c’est tout le temps un discours qui dénigre la valeur du DEC, mais on trouve qu’il a encore toute sa valeur, toute sa pertinence », défend Yves de Repentigny, porte-parole de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec.

Québec doit réaffirmer les mérites du DEC, selon la Coalition

Dans sa campagne, la Coalition lance un appel au gouvernement du Québec pour qu’il réaffirme clairement les mérites du DEC en soins infirmiers, et qu’il mette fin une fois pour toutes à ce débat continuel.

En octobre dernier, le ministère de l’Enseignement supérieur a annoncé la « modernisation » de la formation collégiale en soins infirmiers. Le milieu collégial, qui réclamait une actualisation du programme depuis des années, s’en est réjoui, mais n’a pas baissé la garde.

Le Québec manque cruellement d’infirmières. Mais qu’adviendra-t-il si la pénurie se résorbe ? « On est toujours sur la corde raide. On n’a jamais une décision finale », déplore M. de Repentigny.

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