Pierre Gervais : un travailleur essentiel

De nombreux anciens joueurs de l’organisation du Canadien de Montréal étaient présents au Centre Bell, lundi, à l’occasion du lancement du livre Pierre Gervais : au cœur du vestiaire. Tous sont unanimes : Gervais a fait partie intégrante de l’histoire de cette équipe.

C’est Serge Savard, directeur général de l’équipe de 1983 et 1995, qui a ouvert les portes du vestiaire du Forum à Gervais. Plus de 35 ans plus tard, le Sénateur ne regrette en rien sa décision : « C’est vraiment un bon gars. Ce n’est pas pour rien qu’il a duré aussi longtemps. »

Gervais a d’ailleurs nommé Savard parmi les personnes les plus déterminantes de son parcours. Il a aussi nommé Réjean Houle, qui a succédé à Savard pendant cinq saisons.

« Pierre Gervais est un super gars qui a été important pour l’organisation. Il a encadré les plus grands joueurs qui ont passé dans ce club-là. Il a toujours été là, même quand on a été moins bons. À travers la ligue, il est reconnu pour sa bonté, sa générosité et sa façon de mettre les autres en lumière. »

Parmi les joueurs de l’histoire récente qui ont apprécié la présence de Gervais dans le vestiaire, il y a Steve Bégin. L’attaquant a passé six saisons dans l’organisation et les souvenirs qu’il garde du gérant d’équipement sont tous extrêmement positifs.

« Gerv est une personne que je respecte énormément. C’est une personne merveilleuse, attentionnée, il était toujours à notre écoute et il s’arrangeait pour que tout soit correct. Certains sont plus spéciaux que d’autres, mais il s’assurait que tout le monde soit sur un pied d’égalité. Si tu avais besoin de quelque chose, il te le trouvait. C’est ça, un professionnel », a indiqué l’ancien numéro 22.

C’est aussi ce qu’a relevé Houle. « À l’intérieur de l’organisation, tout le monde se sentait à l’aise dans son environnement. » Malgré les différents caractères, le tempérament changeant et les demandes variées des joueurs, « il venait toujours à bout de s’ajuster », relève-t-il.

Bégin respectait énormément Gervais pour sa gentillesse, mais aussi pour sa rigueur et sa fermeté. « Il savait quand mettre son pied à terre et quand des demandes étaient plus difficiles, il essayait de trouver des solutions, mais il était clair avec tout le monde. » Il savait donc imposer ses limites et l’encadrement qu’il offrait était bénéfique pour tout le vestiaire.

Après tout, le gérant d’équipement connaît les joueurs mieux que n’importe qui et c’est ce qui a toujours fasciné Savard. « C’est un travail assez spécial, parce que tu deviens très proche des joueurs, et les 20 joueurs sont différents. »

Un travail mal compris

Le rôle de gérant d’équipement n’est certainement pas le boulot qui est le plus susceptible d’être mis en lumière dans la Ligue nationale de hockey. Pourtant, le travail accompli est essentiel, surtout lorsqu’il est réalisé par un homme aussi compétent que Gervais, raconte Bégin : « Si tu n’as pas de personne comme Gerv, les joueurs ne sont pas sur la glace. En plus, c’est tellement une job ingrate qui n’est pas reconnue à sa juste valeur. »

Houle, qui a travaillé dans toutes les sphères du monde du hockey, insiste sur le fait que le personnel de l’équipement est névralgique dans une organisation professionnelle : « Le personnel de soutien autour d’une équipe de hockey a une grande importance. Si tu exerces une mauvaise influence, ça affecte tout le monde. Tandis que si ton environnement est sain, tout va bien et tout le monde pousse dans la même direction et c’est là qu’on gagne. »

Même si Gervais a passé la majeure partie de son temps dans l’ombre, Savard est surpris, mais ravi qu’il reçoive autant d’attention. « C’est la première fois que je vois un gérant d’équipement qui est devenu une supervedette, raconte-t-il à la blague. Il a eu droit à une retraite peut-être plus médiatisée que certains joueurs. »

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