Un nouvel album pour Cœur de Pirate le 15 octobre

Cœur de pirate a annoncé jeudi sur Instagram que son tout nouvel album, Impossible à aimer, serait offert dès le 15 octobre. Elle précise dans la publication qu’il est déjà possible d’en faire la précommande. Cœur de pirate (Béatrice Martin de son vrai nom) a également lancé cette année un album entièrement instrumental au piano, Perséides, en plus de la chanson Plan à trois. L’autrice-compositrice-interprète de 31 ans, qui avait annoncé en août qu’elle était enceinte, aura par ailleurs un automne bien chargé. En plus de son spectacle aux Francos de Montréal, ce vendredi, elle sera à San Francisco le 14 septembre, où elle entamera sa tournée américaine. Suivra l’Europe avec des arrêts notamment à Vienne, Prague, Berlin et Londres, en octobre, puis en France et en Belgique à la mi-novembre. Elle donnera également des spectacles au Québec dans le courant de l’hiver.

— Laila Maalouf, La Presse

The Eyes of Tammy Faye

Comprendre l’Amérique

Dans un drame biographique retraçant la vie de la femme flamboyante d’un télévangéliste ayant été au cœur de l’un des plus grands scandales des années 1980, Vincent D’Onofrio incarne Jerry Falwell, figure ultraconservatrice de l’époque. Aux yeux du comédien, ce retour dans le passé permet de mieux comprendre l’Amérique d’aujourd’hui. Entretien.

Jessica Chastain, productrice de The Eyes of Tammy Faye et interprète de l’héroïne du film, a écrit directement à Vincent D’Onofrio pour lui proposer un rôle. L’acteur n’a pas mis beaucoup de temps à se laisser convaincre.

« Quelle façon cool d’entendre parler d’un projet ! a-t-il confié lors d’une interview en visioconférence accordée à La Presse. D’abord, j’étais déjà l’un des grands admirateurs de Jessica. J’ai reçu un scénario, fort bien écrit, et j’ai ensuite regardé le documentaire [The Eyes of Tammy Faye, de Fenton Bailey et Randy Barbato]. Puis quand j’ai appris que Jessica allait jouer Tammy Faye et Andrew [Garfield], Jim Bakker, tout ça relevait pour moi de l’évidence. »

Au-delà de la caricature

Présenté en primeur mondiale au festival de Toronto dimanche, soit cinq jours avant de gagner les écrans nord-américains, ce nouveau long métrage de Michael Showalter (The Big Sick) est directement inspiré d’un documentaire réalisé en 2000, dont Abe Sylvia (Nurse Jackie) a tiré un scénario. Jessica Chastain, qui s’est complètement transformée pour l’occasion, a en effet voulu explorer un personnage plus profond que ne le laisse entrevoir son aspect caricatural. Andrew Garfield lui donne la réplique en incarnant Jim Bakker, qui fut à la tête d’un empire télévisuel télévangéliste avant d’être déchu pour inconduite sexuelle et emprisonné pour fraude.

Quant à Vincent D’Onofrio, il incarne dans cette histoire Jerry Falwell, télévangéliste plus traditionaliste sur le plan des méthodes, qui, bien que le regardant de haut, se rapproche néanmoins du couple, immensément populaire sur le plan médiatique. Pour l’acteur, ce film dont l’histoire est ancrée principalement dans les années 1970 et 1980 ne pourrait être plus pertinent aujourd’hui.

« Notre pays est aujourd’hui plus divisé que jamais. Le monde aussi. En tant que citoyen américain, j’ai l’impression que beaucoup d’entre nous étaient endormis avant que cette division nous surprenne. »

— Vincent D'Onofrio

« C’est ce qui arrive quand on mêle politique et religion. Quand j’étais jeune, c’était différent. J’ai grandi dans le Sud au sein d’une famille très libérale, mais dans mon monde, les concepts de gauche et de droite n’existaient pas. Je n’avais même pas conscience d’être élevé dans une famille libérale ni que la plupart de mes voisins partageaient des idées d’extrême droite. Ils étaient simplement des amis.

« Je me souviens, poursuit-il, être allé chez eux, dans leur maison, leur télé souvent allumée sur des émissions de télévangélistes, ce qui n’était pas le cas chez nous, jamais. J’étais alors trop jeune pour mesurer l’impact que pouvaient avoir ces émissions sur le plan politique. Il est difficile d’imaginer pouvoir vivre aujourd’hui comme nous l’avons fait à cette époque. Ce film parle de ça, d’une certaine façon. »

Aussi le comédien a-t-il voulu mieux comprendre le phénomène. À la faveur d’un tournage ayant eu lieu avant la pandémie, Vincent D’Onofrio a tenu à assister à un grand rassemblement organisé par un prédicateur populaire, dont il a appris l’existence par hasard.

« J’y suis allé par curiosité, explique-t-il. Il y avait des milliers de personnes. Un couple avec deux enfants était assis devant moi. À un moment du sermon, le père était ému au point qu’il s’est mis à pleurer. Il serait facile de s’en moquer et d’affirmer que tout ça est ridicule. Mais quand vous observez de près un autre être humain bouleversé de la sorte, vous ne pouvez plus dire ça parce qu’il émane de lui une émotion tangible qui nous renvoie à nos propres imperfections. C’est pourquoi, je crois, les télévangélistes restent populaires malgré tout. »

Grâce à Stanley Kubrick

Né il y a 62 ans d’un père designer très engagé dans le théâtre communautaire, doué pour le dessin, Vincent D’Onofrio n’a pas trouvé tout de suite sa vocation. C’est un rôle dans un film qui a tout fait basculer.

« Je savais que ma vie se déroulerait probablement dans le milieu artistique, mais je ne savais pas d’entrée de jeu sous quelle forme, rappelle celui qui s’est notamment fait remarquer dans Men in Black, ainsi que dans la série Law & Order. Grâce à une de mes trois sœurs qui voulait devenir actrice, j’ai commencé à m’intéresser à l’art dramatique. J’ai étudié pendant six ans, j’ai fait beaucoup de théâtre bénévolement, et j’ai finalement abouti sur Broadway. Puis j’ai décroché un rôle dans Full Metal Jacket. Il est clair que sans Stanley Kubrick, je ne serais pas ici en train de vous parler aujourd’hui ! »

Et le défi d’incarner une personnalité comme Jerry Falwell, encore très présente dans l’imaginaire collectif américain ?

« Quand tu dois te glisser dans la peau d’une personnalité aussi publique et connue que Jerry Falwell, tu as l’embarras du choix, tellement la documentation est abondante. Tu creuses son histoire jusqu’à ce que tu trouves un point de rencontre avec ce que tu as à jouer. »

— Vincent D’Onofrio

« Pour la partie plus technique, tu dois également trouver sa posture, sa pose de voix, la façon qu’il a de bouger. Ensuite, ma version de ce personnage devait être au service de l’histoire particulière que nous avions à raconter, c’était là le plus important. »

L’acteur est d’ailleurs ravi de ce long métrage dans lequel il salue les performances de ses partenaires de jeu.

« Ils m’ont complètement subjugué ! La performance de Jessica est incroyable. Quand j’ai vu le film la première fois, il y a eu des moments où j’avais tout simplement un sourire accroché au visage de bord en bord. Non seulement à cause de l’histoire qu’on raconte, mais simplement grâce au talent d’actrice de Jessica. Elle est tout simplement phénoménale. Et Andrew aussi, particulièrement la façon dont il fait évoluer son personnage. »

The Eyes of Tammy Faye prendra l’affiche en salle le 17 septembre.

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