Le polémiste André Arthur n’est plus

L’ex-animateur de radio controversé et grand polémiste André Arthur est mort à Québec dimanche, à l’âge de 78 ans. André Arthur, surnommé « le roi Arthur », aura utilisé Twitter jusqu’à la toute fin : « Aujourd’hui, le 8 mai 2022 à l’hôpital Laval je suis mort. Je laisse dans le deuil mon fils René (Jade), mes 3 merveilleux petits enfants, ma fille Pascale (Louis), ma tendre Lucy et mon frère Louis (Réjane). » Celui qui n’a jamais laissé personne indifférent a été animateur de radio à Québec, arbitre et député indépendant à la Chambre des communes. Animateur pour plusieurs radios de la capitale québécoise, il a influencé le milieu pendant près d’un quart de siècle.

— Lila Dussault, La Presse

Balados : on écoute quoi ?

À la recherche des meilleures émissions balados pour vous accompagner dans vos promenades ? Deux fois par mois, notre journaliste alimente votre téléphone intelligent grâce à des suggestions amusantes, enrichissantes et étonnantes. Elles sont offertes sur les principales plateformes numériques de diffusion audio.

Le podcast de la radio du peuple

Pour les disciples de François Pérusse – le mot disciple est ici employé à dessein –, les capsules de l’homme le plus drôle des ondes FM sont comme une langue à part entière, leur permettant de reconnaître leurs semblables. « Si j’avais appris mes livres de science autant que les Albums du peuple, aujourd’hui, j’aurais probablement trouvé une formule pour pouvoir plier la planète en deux », lance l’humoriste Korine Côté au micro de cette nouvelle balado entièrement consacrée à l’œuvre immense du blagueur-orchestre – une balado qu’elle anime avec beaucoup plus d’aplomb que Louis-Paul Fafard-Allard. Elle reçoit dans le premier épisode deux policiers, aussi grands admirateurs de Pérusse, qui commentent des extraits de nombreux sketches – dont plusieurs inédits – mettant en scène les forces de l’ordre.

À écouter sur le site web de François Pérusse ou sur les ondes de CDKC.

Devenir Roger

Avec Devenir Margot, Marika Lhoumeau racontait comment du jour au lendemain, son père atteint d’alzheimer s’est mis à l’appeler Margot, le nom de sa petite voisine d’enfance. Sa rencontre avec cette mystérieuse maladie aura été pour elle une révélation, explique aujourd’hui la comédienne. Un an après la mort de son papa, elle poursuit sa réflexion dans Devenir Roger, en séjournant pendant trois semaines à la Maison Carpe Diem, à Trois-Rivières, résidence pour personnes souffrant de problèmes cognitifs, où le quotidien s’articule autour des forces de chacun, plutôt que leurs limitations. Le récit en cinq épisodes qu’elle en rapporte est aussi bouleversant que l’on peut l’imaginer, mais également porteur d’un espoir : tout aussi horrible soit-il, il existe une vie après un diagnostic de maladie d’Alzheimer. Il existe une vie, pour peu que nous reconnaissions collectivement leur dignité à ceux et celles qui le reçoivent.

Les travaux et les jours

Après Les Hardings, pièce d’Alexia Bürger, et Mégantic – Une tragédie annoncée, le nécessaire essai d’Anne-Marie Saint-Cerny, la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic continue d’inspirer les créateurs. Avec Les travaux et les jours, les réalisateurs Marie-Laurence Rancourt et Daniel Capeille prennent un pas de recul par rapport aux évènements et tendent leur micro à des Méganticois – un ancien employé des chemins de fer, un plaisancier, un curé, un astrophysicien – qui se racontent sans fard. Dans une perspective impressionniste, qui évoque le cinéma de Jim Jarmusch comme celui de Bernard Émond, cette série en trois épisodes narrée par Hubert Proulx contemple finement, sous tous ses angles, la vaste question du sens : celui que l’on donne à nos existences, celui que l’on donne à notre place dans l’univers, celui que l’on donne à l’horreur.

Entre la fin pis le début

Quel est le plus vieux métier du monde ? Non, pas celui-là. Selon Philippe Lamarre, le plus vieux métier du monde consiste à raconter des histoires. En fondant le magazine Urbania en 2003, le jeune visionnaire insufflait au journalisme québécois une dose d’irrévérence et de vérité dont l’influence se fait désormais sentir partout dans notre écosystème médiatique. Bien qu’aujourd’hui à la tête d’un petit empire, le producteur demeure fasciné par les réflexions de ceux et celles – journalistes, scénaristes ou réalisateurs – qui réfléchissent comme lui aux nouveaux chemins que peut emprunter cet art ancien – le fameux storytelling – qui consiste à sculpter dans le bloc de glaise d’une histoire décousue un récit engageant. Son premier invité : le producteur du Bye bye et de Tout le monde en parle, Guillaume Lespérance.

Les Sœurs Boulottes

On l’a déjà écrit, et on le réécrira sans doute : à ce stade-ci, le marché des balados comiques est aussi surpeuplé qu’une piscine publique par un après-midi de canicule. Avec Les Sœurs Boulottes, Michelle Desrochers parvient pourtant à montrer qu’il existe, hors du format classique de l’entrevue, tout un monde de folie à explorer. Coanimées par l’ex-concurrente de Big Brother Célébrités, avec sa frangine, la comédienne Stéphanie Desrochers, ces petites bulles de doux délire sont à l’image de l’univers de l’humoriste : élégamment dingo, faussement burlesque, subtilement engagée. Parce qu’elles ont toutes les deux été « élevées par la télévision », comme elles l’avouaient dans le premier épisode, leurs conversations moitié scénarisées, moitié improvisées, pullulent de délicieuses références à la culture populaire. Garantie : vous voudrez vous aussi être leur sœur.

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