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La papetière Domtar largue les produits de soins personnels

La papetière Domtar met fin à son aventure dans le secteur des produits de soins personnels et d’incontinence après une décennie d’acquisitions et d’investissements, mais sans être parvenue à en tirer des résultats satisfaisants.

L’entreprise dont le siège social est établi à Montréal, mais qui est dirigée de Fort Mill en Caroline du Sud, a finalement décidé de céder cette division à la firme d’investissement American Industrial Partners (AIP) pour 920 millions US.

En fait, quatre mois après avoir indiqué qu’elle « examinait ses options », Domtar a opté pour une revente complète de cette division à un prix très inférieur à ses investissements. Elle entend désormais recentrer ses capacités de gestion et ses capitaux sur ses activités dans les pâtes et papiers ainsi que son expansion dans le carton-caisse d’emballage.

« Cette vente est un élément important de notre plan stratégique et nous fournira des capitaux et des ressources supplémentaires pour nous renforcer et investir dans l’avenir de Domtar, ce qui nous permettra de disposer d’un portefeuille d’activités plus ciblées », a précisé le président et chef de la direction de Domtar, John Williams.

Échec d’une stratégie

Mais de l’avis d’analystes, cette revente d’actifs par Domtar qui s’effectue à un prix inférieur aux attentes témoigne plutôt de l’échec d’une stratégie de diversification dans le marché des produits papetiers de soins personnels.

« Le prix de la transaction est inférieur au consensus de valorisation de cette unité d’affaires parmi les analystes, qui était autour de 1,2 milliard US », constate l’analyste torontois Hamir Patel, de la firme CIBC Marchés Mondiaux, dans une note à ses clients-investisseurs.

Aussi, dit-il, « la mésaventure de Domtar dans le domaine des soins personnels – avec 1,7 milliard US investis en dix ans dans une unité d’affaires qu’elle revend pour 920 millions US – n’inspire pas confiance dans la capacité de l’entreprise à réussir son expansion sur le marché du carton-caisse ».

Pour sa part, après avoir lui aussi souligné à ses clients-investisseurs le prix inférieur aux attentes obtenu par Domtar, l’analyste torontois Paul Quinn, de RBC Marchés des capitaux, estime « qu’en optant pour une vente à une société d’investissement américaine [AIP] plutôt qu’un acquéreur stratégique [dans le secteur papetier], [...] Domtar s’est retrouvée avec un type d’acheteur qui était susceptible de payer un montant moindre ».

Actions en baisse

En Bourse, d’ailleurs, les investisseurs ont plutôt mal réagi à l’annonce de cette revente d’actifs considérée à un prix de rabais. Ils ont laissé choir le cours des actions de Domtar de 5 % à 41,68 $ à la Bourse de Toronto, et à 32,83 $ US à la Bourse de New York.

Domtar s’était lancée dans le secteur des produits papetiers de soins personnels en 2011 dans le cadre d’une série d’acquisitions, dont celle de l’entreprise espagnole Laboratoire Indas, pour 402,7 millions US.

Dix ans plus tard, Domtar renie cette stratégie d’affaires et en revend les actifs à une société d’investissement pour 920 millions US, avec l’intention annoncée d’en utiliser 600 millions pour réduire sa dette et 300 millions pour accélérer ses rachats d’actions.

Pendant ce temps, Domtar poursuit son expansion dans le marché du papier doublure de carton-caisse avec la conversion de la machine à papier de son usine de Kingsport, au Tennessee.

Cette conversion industrielle est censée aboutir, d’ici le début de 2023, à une nouvelle capacité de production de 600 000 tonnes par an de papier ondulé pour le carton-caisse à partir de matières recyclées de qualité élevée.

Au troisième trimestre terminé le 30 septembre, Domtar avait affiché une perte nette de 92 millions US, ou 1,67 $US par action, par rapport à un bénéfice de 20 millions US, ou 32 cents US par action, à la même période l’année précédente.

— Avec La Presse Canadienne

Revue boursière

Semaine de records malgré les turbulences

Les Bourses de New York et Toronto ont traversé la première semaine de 2021 en battant record par-dessus record malgré les turbulences politiques aux États-Unis et des chiffres décevants sur l’emploi au sud de la frontière. Vendredi, le S&P TSX, le Dow Jones, le NASDAQ et le S&P 500 ont établi de nouveaux records. — La Presse

Autre départ à la direction de la Laurentienne

Un autre cadre haut placé de la Banque Laurentienne quitte l’institution financière québécoise. Membre du comité exécutif, le chef de la direction financière, François Laurin, sera remplacé à l’interne par Yvan Deschamps qui occupe actuellement le poste de vice-président principal, finance, comptabilité et développement corporatif. François Laurin travaillait à la Laurentienne depuis 2015, l’année où l’ex-PDG François Desjardins avait pris les commandes de la banque. La direction a fait savoir vendredi que François Laurin souhaitait prendre sa retraite. La même explication a été évoquée l’an passé pour annoncer les départs de François Desjardins et de Stéphane Therrien, ex-PDG par intérim. — Richard Dufour, La Presse

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