Opinion  Valérie Plante à Paris

Le bilan catastrophique d’Anne Hidalgo

Valérie Plante rencontre aujourd’hui et demain la mairesse de Paris. Les deux femmes ont de nombreux points en commun et des idées convergentes pour leur ville. Nous avons demandé à deux commentateurs parisiens ce que notre mairesse devrait retenir du mandat de Mme Hidalgo, élue en 2014. Aujourd’hui, Nadia Le Brun.

PARIS — Pour la première fois de son histoire, Montréal a élu une femme. Comme Paris, en 2014, avec Anne Hidalgo, qui est devenue l’édile de la Ville Lumière, par la grâce de son mentor et prédécesseur Bertrand Delanoë et par la magie d’un scrutin de liste alors qu’elle n’a jamais pu se faire élire au suffrage universel direct. 

Comment a-t-elle pu arriver là ? Premier maire de gauche de Paris, élu en 2001, Bertrand Delanoë la choisit comme première adjointe (il faut promouvoir les femmes), mais avec comme seule responsabilité le « bureau du temps ». Un an plus tard, Bertrand Delanoë ayant été victime d’une grave agression au couteau, Anne Hidalgo – qu’il traitait de « plante verte » – le remplacera momentanément dans ses fonctions et saisira sa chance jusqu’à, 10 ans plus tard, pousser son mentor sur la touche.

Socialiste écolo à la novlangue soporifique, cette Espagnole d’origine a bénéficié pendant trois ans d’une bonne image, entretenue par une communication surpuissante, jusqu’à la sortie de notre livre Notre-Drame de Paris, qui a déchiré le rideau. Et pour cause ! Finie l’indulgence, notre enquête révèle la réalité : son bilan est catastrophique. Son sectarisme, son idéologie, son autoritarisme, ses dépenses astronomiques, ses mensonges, sa haine affichée des automobilistes, en particulier les mâles hétéros aux revenus élevés, son écologie punitive aux résultats désastreux démontrent qu’elle a atteint son seuil d’incompétence. 

7,5 milliards d’euros de déficit

Depuis sa prise de fonction, Mme Hidalgo a creusé un déficit financier de plus de 5,5 milliards d’euros qui atteindra 7,5 milliards à la fin de son mandat en 2020, alors que la Chambre régionale des comptes d’Île-de-France a écrit qu’au-delà de 3 milliards, « la Ville allait dans le mur ».

Pour combler son déficit structurel de 400 millions par an, elle s’est permis de capter les bénéfices des logements sociaux qu’elle contrôle pour les 40 années à venir !

Anne Hidalgo vient d’être épinglée par la Chambre des comptes à propos du sureffectif de son cabinet dépassant le nombre qu’elle avait fixé en 2014. Au lieu de 135 collaborateurs, elle en a 165.

Cette entreprise de communication, au service de Mme Hidalgo, qu’est la Ville de Paris, emploie près de 60 000 personnes. Un chiffre inouï. Et elle continue d’embaucher à tour de bras, dès qu’un problème se pose. C’est notamment le cas de la saleté des rues, qui conduit à une profusion des rats, y compris sur le Champs de Mars et autres parcs prestigieux. Mais la Ville, fonctionnarisée à outrance, n’est pas gérée de peur que survienne une grève pouvant porter atteinte à son image.

Anne Hidalgo espère que celle-ci sera redorée par les Jeux olympiques de 2024 que Paris a obtenus… parce que personne n’en voulait. L’épopée commence mal : surjouant la surprise, Anne s’est envolée pour Lima, emmenant dans ses bagages, pendant six jours, 320 personnes, alors que le nombre des participants à la cérémonie était limité à 60 : les autres l’ont regardé sur la télé de leur hôtel ! Coût de l’opération : 1,5 million d’euros, dont la moitié a été financée par l’argent public.

Accusée d’emploi fictif

Ancienne inspectrice du travail, promue dans l’appareil du Parti socialiste par François Hollande, Anne Hidalgo a allègrement cumulé des emplois publics plus ou moins fictifs. Alors qu’elle grimpait les échelons et menait campagne à la mairie de Paris, elle est restée rémunérée comme inspectrice du travail. À 52 ans, après avoir cumulé les traitements, elle a pris sa retraite à taux plein alors qu’elle n’a effectué que 29 années de services.

Mais ces faits sont anciens et, sur ce plan, la maire de Paris ne court pas grand risque. En revanche, elle peut tomber, en 2020, en raison de sa mauvaise gestion, de la violence de sa politique des transports, ouvertement hostile à la voiture, mais sans pour autant avoir proposé aux franciliens des solutions alternatives, à part le vélo. Le trafic du métro et des trains de banlieue est constamment perturbé et non sécurisé : à Paris, 39 % des agressions sexuelles envers les femmes y ont lieu.

De plus, sa politique écologique punitive n’a aucun effet sur la diminution de la pollution à Paris. Les études d’octobre dernier sont formelles ! La situation a même empiré dans certains quartiers parisiens…

Anne Hidalgo commande des sondages qu’elle tient jalousement secrets. On comprend mieux pourquoi à la lecture d’une enquête Opinionway qui révèle que 57 % des Parisiens sont mécontents d’elle. À hauteur de 77 %, ils la trouvent « autoritaire » tandis que 57 % d’entre eux la disent « sectaire » et « peu sympathique ». 

Reste à savoir quel sera, en 2020, le candidat que lui opposera Emmanuel Macron !

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