Une série documentaire sur Fermont

Après la fiction, la réalité : une série documentaire consacrée à la vie à Fermont, communauté minière du nord du Québec, qui est aussi au cœur de la fiction policière La faille, sera présentée dès mercredi à Canal D. En dix épisodes, Fermont entend brosser un portrait des métiers de la mine, mais aussi de la vie communautaire tissée serré qui s’est développée au nord du 52parallèle.

« Il y a quelque chose de mystérieux et d’intrigant dans cette ville-là où les gens habitent et travaillent dans un climat hostile », dit le réalisateur Louis Asselin. Hostile ? Le mot n’est pas trop fort : au moment d’écrire ces lignes, les prévisions météorologiques indiquaient que la température ressentie à Fermont serait d’en moyenne de - 40 ° dans les prochains jours…

Qui décide de s’installer si loin au nord ? Quels métiers pratique-t-on ? Comment compose-t-on avec l’hiver rigoureux qui dure huit mois ? Comment vit-on dans une ville minière construite en partie à l’ombre d’un « mur » destiné à protéger sa population des vents polaires ? La série Fermont, composée de 10 épisodes de 30 minutes et diffusée à Canal D, répondra à ces questions.

« C’est beaucoup à travers les métiers de la mine qu’on découvre l’univers de Fermont, la ville et la région », précise le réalisateur et coscénariste de l’émission, qui est fasciné par cet endroit depuis l’enfance.

« Ça demeure une série d’observation, ce n’est pas une série didactique sur le fonctionnement d’une mine de fer. »

– Louis Asselin, réalisateur et coscénariste de le série documentaire Fermont

Dans le premier épisode, on rencontre notamment Katy Savoie, passionnée depuis qu’elle est petite par les moteurs et tous les véhicules qui « runnent au fuel ». Elle est chauffeuse, mais aussi mécanicienne. Elle s’est installée à Fermont pour une raison : c’est là que se trouvent les plus gros véhicules au monde, des monstres de 400 tonnes dont les roues sont plus hautes que deux hommes.

L’autre personnage qu’on croise dans le premier épisode est Samuel Bélanger-Desrosiers. Le jeune homme vit à Fermont depuis trois ans et fait du dynamitage à la mine de Mont-Wright, exploitée par ArcelorMittal. « Vivre à Fermont, c’est être loin des grands centres, mais rapproché de la société, dit-il. Les gens à Fermont sont unis ensemble, l’entraide est là chaque jour. »

De la vie dans le « mur »

Cette facette de la vie fermontoise est essentielle aux yeux du réalisateur Louis Asselin. « La caractéristique de Fermont, c’est que la ville et la mine ont été construites en même temps, dans le but que les travailleurs vivent là de façon permanente, raconte-t-il. C’est conçu pour que ceux qui le veulent puissent s’établir, fonder une famille et élever leur marmaille là. »

Environ 2500 personnes vivent dans la ville minière située à la frontière du Labrador. Louis Asselin croit que l’isolement et les conditions hivernales rigoureuses ont contribué à constituer une petite communauté tissée serré au dynamisme surprenant. « Pour une communauté de cette taille, j’ai été impressionné par la quantité de choses qui se passent, dit-il. Il y a énormément de jeunes familles à Fermont et il y a une volonté de créer un milieu de vie qui va au-delà du travail. »

La mine est le centre de la région sur le plan du travail, mais le cœur de la vie fermontoise se trouve quant à lui dans le « mur ». Ce fameux mur est en fait un imposant bâtiment de 1,3 km de long où sont rassemblés les services (épicerie, radio, CPE, écoles, etc.), qui donne accès à la piscine et à l’aréna, qui compte des bureaux et beaucoup d’appartements.

Ce « mur écran », type de construction dont il n’existe que trois ou quatre exemples dans le monde, est l’élément qui rassemble et qui fascine. « Le mur est un élément incontournable de la réalité fermontoise, convient Louis Asselin, présent dans le quotidien des habitants de la communauté, et un impressionnant rappel de l’unicité de la ville. »

Fermont, dès mardi, 19 h 30, à Canal D

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