Les banques redoutent les services de paiement non bancaires

Toronto — Une protection accrue des consommateurs est nécessaire dans l’espace des services de paiements, puisque les nouveaux acteurs qui se présentent dans ce secteur en pleine croissance devancent la réglementation, a affirmé le chef de l’Association des banquiers canadiens (ABC).

S’exprimant jeudi dans le cadre d’un évènement du Canadian Club Toronto, le président de l’association, Anthony Ostler, a affirmé qu’il y avait maintenant plus de 2000 fournisseurs de services de paiement non bancaires et que ce nombre était appelé à grossir en raison de certaines initiatives, notamment celles en faveur d’un système bancaire ouvert.

Éviter des catastrophes

Le secteur des services de paiement s’est développé avec de nombreuses entreprises technologiques telles que Shopify, Square et PayPal. Plus récemment, le secteur observe une énorme croissance du côté des services permettant d’acheter maintenant tout en payant plus tard.

Même si la concurrence est bonne, M. Ostler a noté que le marché des paiements était en avance sur l’environnement réglementaire et que les consommateurs n’étaient pas suffisamment protégés.

« Soyons clairs, nous ne voulons pas que le prochain [écroulement à la] FTX ou Celsius provienne de l’écosystème des paiements du Canada. »

— Anthony Ostler, président de l’Association des banquiers canadiens

Selon lui, le gouvernement fédéral devrait ajouter des protections aux consommateurs au cadre de supervision des paiements de détail, alors qu’il prépare les prochaines étapes.

M. Ostler a également estimé que le gouvernement devrait en faire davantage pour stimuler la productivité et a fait part de ses inquiétudes au sujet des propositions de taxes fédérales qui ciblent spécifiquement le secteur bancaire.

Ces mesures comprennent un impôt exceptionnel de 15 % sur les bénéfices des grandes banques et des assureurs-vie réalisés pendant la pandémie, ainsi qu’une augmentation permanente du taux d’imposition pour les deux, qui passerait de 15,0 % à 16,5 %.

Les nouvelles mesures fiscales augmenteraient le coût du capital non seulement pour le secteur bancaire, mais aussi pour les entreprises de tout le pays, car elles ajoutent une autre variable pour les investisseurs potentiels au Canada. Une entreprise technologique pourrait choisir d’aller voir ailleurs, a indiqué M. Ostler à titre d’exemple, où elle ne serait pas « attaquée au hasard ».

« Nous augmentons donc le coût du capital pour toutes les sociétés canadiennes en créant une incertitude quant à savoir qui pourrait être le prochain. »

En septembre, le directeur parlementaire du budget a estimé que les deux mesures fiscales pourraient générer 5,3 milliards au cours des cinq prochaines années.

Revue boursière

Séance calme à Toronto

L’indice phare de la Bourse de Toronto a clôturé en hausse jeudi grâce à de légers gains, qui étaient cependant généralisés, au terme d’une séance tranquille, alors que les marchés américains étaient en congé. Aux États-Unis, les marchés étaient fermés à l’occasion de l’Action de grâce et, conséquemment, les volumes de transaction au Canada sont restés relativement faibles. — La Presse Canadienne

Jordan Bitove prend le contrôle du Toronto Star

L’éditeur du Toronto Star Jordan Bitove prend le contrôle du quotidien ontarien, selon ce que rapportent des médias torontois en citant des sources anonymes. Jordan Bitove et son partenaire d’affaires Paul Rivett avaient acheté Torstar (société mère du Toronto Star) au coût de 60 millions de dollars il y a deux ans par l’entremise de leur entreprise NordStar Capital. Les deux partenaires ont toutefois rapidement eu des désaccords entourant la gestion du quotidien. Ils avaient consenti cet automne à un processus de médiation-arbitrage afin de déterminer qui reprendrait le journal. Les deux hommes avaient, semble-t-il, des visions différentes pour attaquer les défis auxquels l’industrie de la presse doit faire face. — Richard Dufour, La Presse

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