Un prédateur sexuel envoyé en prison, son ADN prélevé

L'homme rôdait autour de femmes inuites réunies au square Cabot

Un prédateur qui tournait autour de femmes inuites vulnérables fréquentant le square Cabot, au centre-ville de Montréal, vient d’être envoyé en prison pour avoir agressé sexuellement l’une d’elles.

Les autorités obtiendront un échantillon de son ADN, ce qui pourrait les aider dans leurs enquêtes sur les nombreux crimes dont cette population est victime.

Jusqu’à son arrestation en 2017, Kristian Milovanovic, 43 ans, abordait les Inuits du square Cabot en leur offrant de l’alcool. Il avait même appris quelques mots d’inuktitut – leur langue maternelle – pour tisser des liens.

Il vivait dans un appartement de Verdun, mais « s’est rapproché du groupe du square Cabot et s’identifie à eux », explique le juge Michel Pennou, de la Cour supérieure, dans une décision rendue juste avant les Fêtes. « Il ne fait aucun doute qu’il est bien au courant de leur mode de vie et de leurs vulnérabilités. Il sait que plusieurs d’entre eux vivent avec une dépendance à l’alcool, que leur domicile se trouve dans des communautés très éloignées et qu’ils n’ont pas de résidence fixe à Montréal. »

Milovanovic a profité de cette proximité pour agresser sexuellement une femme inuite, la séquestrer et commettre des voies de fait avec lésions contre elle, il y a trois ans. Ses crimes se sont étalés sur deux épisodes avec la même victime.

Il l’a notamment enfermée dans son appartement, où il l’a battue, jusqu’à ce qu’elle s’évade à la faveur d’une visite de la police.

L’homme a été condamné à quatre ans de prison. Il sera inscrit au registre des délinquants sexuels et son ADN pourra être prélevé à des fins d’analyses.

Un lieu violent

Cette prise d’échantillons réjouit Jessica Quijano, travailleuse au Foyer pour femmes autochtones de Montréal, qui se spécialise dans les dossiers de femmes disparues ou assassinées.

« Cet homme-là a déjà fait autre chose à d’autres femmes. Maintenant qu’il est en prison, il faudrait que la police regarde s’il y a d’autres victimes », a-t-elle dit. Elle espère que les autorités compareront notamment son ADN aux échantillons prélevés dans des dossiers de femmes autochtones mortes dans des circonstances suspectes.

Milovanovic n’est pas le seul individu à fréquenter les Inuits du square Cabot et à fournir drogue ou alcool aux personnes vulnérables qui s’y trouvent.

« Les femmes sont dans l’industrie du sexe, […] se tournent vers des choses qui peuvent les mettre en danger. On sait que les femmes autochtones dénoncent rarement, alors elles peuvent être plus ciblées. »

— Jessica Quijano, du Foyer pour femmes autochtones de Montréal

Il y a beaucoup de violence dans le square Cabot, a expliqué Mme Quijano. Les Inuits ont commencé à s’y rassembler il y a plusieurs années, parce que la place se trouve à proximité du lieu où les patients arrivant du Grand Nord étaient hébergés lorsqu’ils devaient recevoir des soins à Montréal. Ce lieu d’hébergement a été déménagé à Dorval à la fin de 2016, mais les habitudes sont restées.

Mme Quijano s’est dite déçue de la durée de la peine. Milovanovic s’est représenté seul devant la justice. Il n’a pas été possible de le joindre.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a refusé de commenter ce cas spécifique. Dans un long courriel, le corps de police a expliqué que l’ADN de tous les individus pour lesquels un prélèvement avait été ordonné par la justice était versé dans une banque fédérale que les enquêteurs pouvaient consulter.

« Lorsqu’il y a une concordance, un avis est envoyé au commandant responsable de l’unité qui a traité le dossier et une analyse du dossier est effectuée, a indiqué le service des communications du SPVM. Nous encourageons donc toutes les victimes de crimes à caractère sexuel à nous contacter afin de déposer une plainte. »

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