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Zoom sur Benoît Chartier

Benoît a amorcé son travail de camelot en 2003, et a pris un temps d’arrêt en 2016 pour des raisons de santé. Il a dû retrouver son statut de camelot, refaire son essai de trois mois et recommencer le boulot. Avant, il était très engagé comme mentor-bénévole auprès des autres camelots en initiation. Il était aussi formateur-bénévole. Le magazine se vendait 2 $ à l’époque.

À 33 ans, après une succession d’évènements difficiles, Benoît a passé quatre mois et demi dans la rue, en plein hiver.

Dernièrement, il a vécu tout un stress puisqu’il a craint de se retrouver à la rue pour la deuxième fois de sa vie. C’est qu’il devait quitter son logement le 31 juillet, avant même de savoir où il pourrait habiter. Comme il a eu 65 ans cette année, il s’est adressé à différentes ressources qui pouvaient lui fournir un logement abordable. Or, jusqu’à midi le 31, il n’avait eu de nouvelles de personne. C’est alors que toutes l’ont informé en même temps, vers l’heure du dîner, des possibilités qui s’offraient à lui.

Benoît habite maintenant dans une RPA (une résidence pour personnes âgées semi-autonomes). Il a choisi cet endroit parce qu’il pourrait éventuellement y rester, advenant qu’il subisse une perte d’autonomie.

La résidence fournit trois repas par jour. Bien qu’il trouve les portions petites, Benoît voit le bon côté des choses et dit en riant : « J’étais habitué à manger comme un cochon. Maintenant, je vais pouvoir garder mon poids santé. »

Dans sa jeunesse, Benoît a travaillé avec son grand-père, un entrepreneur en construction et rénovation. « J’ai appris beaucoup avec lui. Je sais faire du nouveau avec du vieux. Aujourd’hui, je fais des recherches sur l’internet pour trouver des méthodes pour effectuer des petits travaux. »

Son expérience et sa débrouillardise lui permettent de rendre service aux gens de la résidence, comme repeindre les chambres et effectuer de petites réparations. Il a aussi obtenu la permission de faire un jardin l’été prochain. Benoît fait aussi du bénévolat auprès des résidants en les accompagnant à leurs rendez-vous médicaux.

« Ça amène du positif dans ma vie. »

Le travail de camelot a été et reste une thérapie pour Benoît. « Ça m’a appris à être débrouillard et comme, de nature, j’ai peur du monde, je me suis obligé d’aller au-devant des gens. »

Jamais à court de traits d’esprit pour faire rire, Benoît nous offre le mot de la fin : « À 65 ans, on regarde souvent le journal pour voir si on n’est pas mort. »

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