Mon clin d'œil

Stéphane Laporte

On ne dit plus le jour de l’An. On dit le Zoom de l’An.

Courrier

Le (généreux) cadeau de Noël de M. Legault

Vous avez été nombreux à commenter l’éditorial de Philippe Mercure publié le 20 novembre sur le plan du gouvernement Legault pour la période des Fêtes. Voici un aperçu des courriels reçus.

Noël l'an prochain

Ce serait formidablement intelligent que les gens se fassent un très beau cadeau : célébrer Noël l’année prochaine.

— Solange Raymond

À la population d'être responsable

Il y a un risque, bien sûr, mais la balle est dans le camp de la population. À elle d’être responsable. Les mesures sont bien accueillies, et je constate que le gouvernement gouverne.

— André Senécal, Gatineau

Ne pas ruiner nos efforts en quatre jours

Janvier est le pire mois de l’année pour les hôpitaux à cause de… Noël et du jour de l’An. L’expliquer aurait été simple. Le party est cassé de toute façon depuis mars 2020, pourquoi ne pas s’y faire et éviter de ruiner tous nos efforts en quatre jours ? L’été et le vaccin sont à nos portes, après tout.

— Christian Castonguay

Un bon test

Un plan respectueux de la sagesse des Québécois, pourvu que les têtes chaudes ne fassent pas de ces festivités un désastre. Un bon test pour le peuple québécois ordinairement sans scrupule des ordonnances. C’est la chance de se révéler un peuple mature.

— Jacques Lavigueur

Des lunettes roses

De belles lunettes roses. J’ai bien peur que grand-mère ne mange sa tourtière dans la cuisine avec petit-fils qui ne comprend pas le sens du mot distanciation. En fait, Isabelle Hachey a très bien résumé ma pensée : j’aurais volontiers sauté Noël, comme le reste. Tant qu’à se forcer pour plaire aux autres, à des jours précis, et risquer de voir déborder les urgences… Vivement la fin de cette année poche et vivons d’espoir pour un retour à une vraie normalité.

— Jane Young

Déchirant

Pas si généreux. Est-ce que je vais risquer la santé de ma mère de 90 ans ? Non ! Est-ce que je peux imposer quoi que ce soit au reste de la famille ? Non ! Est-ce qu’on peut se visiter avec risque zéro ? Non ! Quelle est la solution pour faire plaisir à tout le monde ?

— Daniel Lauzon

Noël en juin

On se tire dans le pied. Noël ne devrait pas être une raison de voir jusqu’à 40 personnes différentes. Ouf ! J’opterais pour un congé limité de 10 jours en retraite fermée et retour en classe ventilée, masqué, distancié et respectueux d’autrui. Limitons le congé des Fêtes de 2020 et décrétons deux Noëls en 2021. Un Noël férié en juin au soleil (du jamais vu au Québec) et le Noël traditionnel de décembre. En espérant qu’après 2021 la vie reprendra son cours.

— Carole Bureau

Paternalisme, quand tu nous tiens

Ça sent le paternalisme à plein nez : M. Legault passe pour le père Noël devant les petits-enfants qui attendent religieusement une « permission ». En réalité, le père Noël nous transfère simplement l’entière responsabilité de dire à notre famille, nos proches et nos amis : « Non, je n’en ferai pas, de party, même si la Santé publique nous le permet. » Tout un cadeau ! Ainsi, lorsqu’il y aura une éclosion majeure en janvier, M. Legault pourra dire à ses enfants : vous n’avez pas été sages, alors il va vous falloir en payer le prix. Tout ça pour continuer à « passer » pour un maudit bon gars. Ah, populisme, quand tu nous tiens ! Qu’en pensent les autres premiers ministres provinciaux qui passeront pour les « casseux de party » lorsqu’ils feront connaître leurs recommandations, qui ne manqueront pas d’être plus restrictives ?

— Gilbert Savard, Québec

Les aînés dans l'angle mort

Personne ne parle des personnes âgées qui habitent en résidence, qui sont toujours soumises à des règles plus sévères. Là où habite ma mère, elle ne peut recevoir que deux proches aidants, qui figurent sur une liste approuvée par l’établissement, et ces deux personnes ne peuvent se trouver chez elle en même temps. Comment ça va marcher ? Sera-t-elle isolée dans son appartement pendant sept jours si je l’invite chez moi ? Décidément, nos vieux sont toujours dans l’angle mort…

— Marie-Andrée Boivin

Un ennemi invisible déstabilisant

Je retiens et je partage cette phrase de votre intéressant éditorial : « Réunir le cousin qui méprise les règles sanitaires avec l’oncle diabétique et la grand-mère autour de la même tourtière est un passeport pour les problèmes. »

Pour ma part, je trouve cela déconcertant qu’en tant qu’adultes responsables, informés, cultivés, nous ne remarquons pas cela. Que cette pandémie est majeure et que la seule mesure pour arrêter tout cela, c’est d’éviter les contacts. C’est difficile et même très difficile, j’en conviens, mais cette crise sanitaire qui nous affecte tous est, à mes yeux, doublement dramatique.

Je trouve aussi particulier que la population ait besoin d’un « guide pour nous aider à gérer les risques des rencontres ». C’est étonnant de penser qu'il faille un mode d’emploi avec des règles strictes pour comprendre le problème. Alors que, tout simplement, si tout le monde prenait ses responsabilités, on n’en serait pas là.

Si nous étions en temps de guerre, où l’adversaire est visible, nous n’aurions pas le même débat, mais comme l’ennemi est invisible, on baisse les yeux et on réclame nos cadeaux. Eh bien, comme cadeau, j’aimerais offrir à tous une pleine boîte de résilience afin de traverser cette épreuve. Joyeuses Fêtes !

— Sylvain Ouellet, Lévis

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