Chip Cox

« Ma place à Montréal est plus importante que celle au Temple »

La LCF a dévoilé son équipe d’étoiles de la dernière décennie, jeudi. Une poignée de joueurs ont porté l’uniforme des Alouettes pour une ou quelques saisons, mais trois d’entre eux ont passé la majeure partie de leur carrière à Montréal : John Bowman, Chip Cox et S.J. Green.

Comme Bowman, qui fait toujours partie des Alouettes, Cox a joué toute sa carrière avec les Oiseaux (de 2006 à 2018). Ces deux grands de l’histoire de la Ligue canadienne ont sans contredit été les deux meilleurs joueurs défensifs des Alouettes depuis leur retour à Montréal en 1996.

En 13 saisons, Cox a totalisé 926 plaqués défensifs, 93 sur les unités spéciales, 23 interceptions et 32 sacs. Il a forcé 28 échappés et a marqué 6 touchés défensifs.

Mais sa brillante carrière chez les Alouettes ne s’est pas terminée comme il le souhaitait. Le contrat de Cox a pris fin après la saison de 2018 et il n’a plus jamais reçu de nouvelles des Alouettes. Kavis Reed était le directeur général du club à ce moment, doit-on préciser.

« Personne ne m’a téléphoné. Je ne tenais rien pour acquis, mais j’aurais aimé obtenir une chance, au moins. J’étais extrêmement frustré en 2019. »

« Ce n’était pas une question d’argent parce que l’organisation ne m’a jamais fait d’offre. J’ai joué toute ma carrière à Montréal et j’ai toujours fait tout ce que l’organisation demandait. Alors c’est très frustrant que les choses se soient terminées ainsi. »

— Chip Cox

Cox n’avait pourtant pas connu une mauvaise saison en 2018.

« Je n’ai raté que quatre plaqués en 14 matchs cette saison-là. Mon taux de réussite en couverture homme à homme était de 50 %, ce qui est très bon. J’aurais peut-être dû traiter le football comme un business un peu plus, mais j’ai toujours été loyal envers mon équipe. »

Encore capable de jouer

Même s’il est âgé de 37 ans et qu’il n’a pas joué depuis deux ans, Cox s’accroche encore au rêve de jouer à nouveau. Le père de quatre enfants s’entraîne toujours vigoureusement à Columbus, où il habite. « Je suis encore très rapide », dit-il.

L’amour et la passion de Cox pour son sport n’ont jamais fait de doute. En voilà un qui s’est toujours donné à fond de train et qui n’a jamais lésiné sur l’effort.

« Lorsqu’on aime le football, sans plus, on peut parfois tricher sur certains jeux. Mais moi, j’ai tout donné parce que j’adore le football. J’aime même jouer sur les unités spéciales et je continuais à le faire dans mes dernières saisons. »

« En ce sens, je n’aurai pas de regret si c’est bel et bien la fin de ma carrière. Je ne conserverai pas d’amertume, car j’ai tout laissé sur le terrain. »

— Chip Cox

Mais Cox conserve un mince espoir de recevoir un appel d’une équipe, qui serait préférablement les Alouettes s’il n’en tenait qu’à lui. Son professionnalisme, son expérience et sa polyvalence pourraient intriguer une formation.

« Je n’ai pas encore officiellement pris ma retraite. Cela dit, c’est peu probable que j’obtienne une occasion. Mais j’accepterais d’occuper un rôle de soutien, à condition d’avoir la certitude que j’aurais une chance légitime de me tailler un poste.

« Je suis réaliste. Si j’étais inférieur aux autres joueurs avec lesquels je serais en concurrence, je l’accepterais. Je ne vis pas dans un monde imaginaire. »

Avec Calvillo et Cahoon

Cox est honoré d’avoir été choisi parmi les étoiles de la décennie (de 2010 à 2019) de la LCF. Les probabilités sont fortes qu’il soit un jour intronisé au Temple de la renommée du football canadien, à Hamilton.

Il y a toutefois un autre honneur qui lui ferait encore plus chaud au cœur.

« La chose que j’aimerais plus que tout, ce serait de voir mon nom dans les hauteurs du stade [Percival-Molson]. Que mon nom soit sur une banderole aux côtés de ceux d’Anthony [Calvillo], de Ben [Cahoon] et de tous les autres. J’ai vu ces noms à tous nos matchs locaux durant 13 ans. Ma place à Montréal est plus importante que celle au Temple de la renommée », a affirmé le secondeur.

« C’était fantastique de jouer à Montréal et au Québec. Les partisans étaient géniaux et Montréal est une ville incroyable l’été. »

— Chip Cox

« Durant 13 ans, mon travail a été pour moi ce que les récréations sont pour les écoliers. Je suis déçu de la façon dont les choses se sont terminées, mais je ne suis pas fâché contre qui que ce soit à Montréal. »

Cox ne jouera probablement plus, mais son histoire n’est pas terminée pour autant chez les Alouettes. Du moins, elle ne devrait pas l’être. Il mérite amplement de voir son numéro, le 11, retiré par le club. Il a réussi deux fois plus de plaqués que tout autre joueur de l’équipe depuis son retour à Montréal, il a multiplié les jeux clés et spectaculaires, il a été nommé joueur défensif par excellence de la ligue en 2013 et il a gagné la Coupe Grey deux fois.

Une petite cérémonie d’avant-match sur la montagne s’impose.

Les Alouettes bien représentées

En plus de Cox, Bowman et Green, un total treize anciens des Alouettes figurent parmi les membres de l’équipe d’étoiles, dont Ryan Bomben, Jovon Johnson, Jovan Olafioye, Nik Lewis et Adarius Bowman, qui ont tous joué au moins une saison à Montréal. Henoc Muamba, Luc Brodeur-Jourdain et Scott Flory ont quant à eux été nommés dans la deuxième équipe d’étoiles. Parmi les autres joueurs ayant été sélectionnés dans la première équipe, notons les noms de Bo Levi Mitchell, Andrew Harris, Weston Dressler, Charleston Hughes et Soloman Elimimian.

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