Duel slovène

Primož Roglič et Tadej Pogačar engagés dans un bras de fer

Grenoble — Il ne reste qu’une seule grande question en suspens d’ici la fin du Tour de France : quel Slovène montera sur la plus haute marche du podium, dimanche, sur les Champs-Élysées ?

Mis à part une chute, ou un évènement inattendu comme un test positif à la COVID-19, la dernière semaine de course devrait donner lieu à une confrontation entre le chef de l’équipe Jumbo-Visma, Primož Roglič, et son jeune aspirant Tadej Pogačar, qui roule pour l’équipe des Émirats arabes unis.

Les deux rivaux slovènes ont démontré leur supériorité dans les grandes ascensions qui ont rythmé le parcours ces deux dernières semaines. Ils ne sont séparés que par un écart de 40 secondes au classement général avant les six dernières étapes de la course, qui offriront encore plus d’action en haute montagne et un contre-la-montre individuel avant la traditionnelle procession vers Paris.

Après que le champion en titre Egan Bernal a craqué lors de l’ascension éprouvante du Grand Colombier, dimanche, pour perdre plus de sept minutes dans les montagnes du Jura, l’adversaire le plus proche du duo est un autre Colombien, Rigoberto Urán, qui accuse un retard de 1 minute et 34 secondes derrière Roglič au classement général.

Avant l’étape de montagne de mardi à la station de ski de Villard-de-Lans, le Colombien Ángel López, quatrième, a un retard de 1 min 45 s, tandis que le Britannique Adam Yates, l’Australien Richie Porte et l’Espagnol Mikel Landa traînent à plus de 2 minutes.

Le retard n’est pas si grand, mais la façon dont l’équipe de Roglič a contrôlé la course jusqu’à présent n’est pas de bon augure pour Urán et la poignée de coureurs qui espèrent toujours pouvoir inverser le classement.

En proposant une stratégie efficace et simple utilisée par la puissante équipe Ineos les années précédentes, Jumbo-Visma a détrôné la formation britannique en tant que groupe le plus puissant. Sa technique d’attrition n’est pas compliquée sur le plan tactique, nécessitant un groupe de coureurs costauds capables d’imposer un rythme rapide et régulier dans les ascensions pour briser le peloton et empêcher les rivaux de lancer des attaques.

C’est exactement ce qu’ils ont réussi au Grand Colombier. Au moment de la montée raide de l’ascension, le coéquipier belge de Roglič, Wout van Aert, a effectué un relais impressionnant qui s’est avéré fatal aux ambitions de Bernal et de son compatriote colombien Nairo Quintana.

Le Néerlandais Tom Dumoulin, ancien dauphin du Tour qui soutient désormais Roglič, a ensuite mené le peloton réduit des favoris jusqu’aux 600 derniers mètres, lorsque le leader de la course a finalement attaqué.

Pogačar esseulé

Contrairement à Roglič, Pogačar doit se débrouiller seul. Son équipe manque de puissance collective et la recrue du Tour, âgée de 21 ans, mérite des félicitations pour sa course dynamique et intelligente.

Pogačar a eu le meilleur sur Roglič lors d’un sprint au sommet du Grand Colombier pour remporter une deuxième victoire d’étape, dimanche, et a réduit son retard au classement grâce à un boni de temps. Mais ses options pour s’emparer du maillot jaune ne sont pas nombreuses.

Il doit d’abord tenter d’isoler son compatriote dans les Alpes, puis gagner plus de temps lors du contre-la-montre de samedi à la Planche des Belles Filles. Pogačar a battu Roglič aux championnats slovènes contre-la-montre plus tôt cet été.

« Le scénario idéal serait de le prendre [le maillot jaune] le soir du dernier contre-la-montre, mais nous vivons dans un monde réel. S’il y a une chance de le prendre, je vais essayer », a promis Pogačar.

Lundi était un jour de repos, car les coureurs ont subi d’autres tests de COVID-19 qui font peser une menace dans l’éventualité d’un résultat positif. Si un concurrent est confirmé positif, il sera automatiquement exclu, tandis que toute équipe qui enregistre deux cas positifs ou plus pourra être renvoyée chez elle mardi lorsque les résultats seront dévoilés.

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