Les voitures du REM arrivent sur les rails

Les premiers wagons du REM, dévoilés lundi matin à Brossard, circuleront dès la semaine prochaine sur les rails du réseau, lors d’une période d’essai. — Isabelle Ducas, La Presse

Finances municipales

Les Montréalais voteront sans analyse indépendante

Contrairement à ce qui était prévu, la prochaine campagne électorale montréalaise ne pourra pas s’appuyer sur un audit indépendant des finances municipales : le Bureau de la vérificatrice générale s’est dit incapable d’effectuer un tel travail.

Le conseil municipal de Montréal a voté lundi soir à majorité pour retirer le mandat qu’il lui avait confié à cet effet l’an dernier. Les promesses des candidats se feront donc sur la base d’un bilan élaboré par le service des finances de la Ville.

En 2017, à son arrivée au pouvoir, Valérie Plante s’était plainte que les finances de Montréal étaient en bien moins bon état que ce que prétendait le maire sortant Denis Coderre. Elle s’était appuyée sur ce constat pour hausser les taxes municipales dans son premier budget.

Montréal avait ensuite décidé de confier à la vérificatrice générale le mandat de se pencher, avant le début d’une campagne électorale, sur l’état des finances de la Ville afin d’éviter de telles surprises dans le futur.

Mais la pandémie, la complexité des documents budgétaires et la vétusté du système informatique du service des finances de la Ville empêcheront la vérificatrice générale de la Ville de réaliser une telle vérification, a indiqué le président du comité exécutif, Benoit Dorais.

« On n’y arrivera pas. Ce n’est pas possible dans l’état actuel des services informatiques », a-t-il dit en relayant les propos de la vérificatrice Michèle Galipeau.

« On croit que le service des finances, ce sont des gens qui sont crédibles, des gens qui sont capables de faire le travail de façon professionnelle, [et] ils vont continuer de travailler sur un rapport préélectoral », a-t-il ajouté.

Un peu plus tôt en après-midi, la mairesse Valérie Plante avait aussi défendu la position de son administration, en appelant à la patience et à faire confiance au service des finances de la Ville.

Déception de l’opposition

L’opposition officielle à l’hôtel de ville menait le combat depuis longtemps pour obtenir un rapport préélectoral de la vérificatrice générale.

Son chef, Lionel Perez, s’est dit déçu, lundi soir.

« Pour nous, c’est un manquement assez grave à l’engagement [de l’administration]. Lorsqu’on voit l’évolution du dossier, on peut constater qu’il n’y a pas eu de véritable effort de l’administration » pour rendre la vérification possible, a-t-il déploré. « C’est dommage qu’on va passer un autre cycle électoral sans un tel rapport, sans chiffres validés objectivement par la vérificatrice générale. »

Un de ses collègues au sein de la formation politique Ensemble Montréal est allé encore plus loin.

« C’est très, très décevant. C’est un bon exemple du niveau de compétence de l’administration en matière de gestion des affaires municipales et des finances », a dénoncé Alan DeSousa, maire de l’arrondissement de Saint-Laurent, membre du comité d’audit et vice-président de la Commission sur les finances et l’administration.

« S’ils ne sont pas capables de mener à bien un tel projet, comment peut-on leur faire confiance ? a-t-il continué. Les grands perdants, ce sont les électeurs de Montréal. »

Le Bureau de la vérificatrice générale avait reçu 900 000 $ pour mener à bien cet exercice. Il devra rendre cette somme.

Processus de destitution

Martin Prud’homme s’adresse à la Cour supérieure

« Ayant perdu tout espoir de pouvoir faire valoir sa position et ses droits dans le cadre d’un processus équitable et impartial », le directeur général de la Sûreté du Québec relevé provisoirement de ses fonctions, Martin Prud’homme, s’adresse à la Cour supérieure pour faire cesser le processus de destitution entrepris contre lui et réintégrer ses fonctions.

Dans un pourvoi en contrôle judiciaire de 35 pages déposé contre le ministère de la Sécurité publique, le Secrétariat des emplois supérieurs et la Commission de la fonction publique, que La Presse a obtenu, le DG de la Sûreté du Québec (SQ) contre-attaque en accusant le gouvernement de s’être ingéré dans le processus de destitution le visant et en soulignant l’illégalité, selon lui, de chacune des étapes de ce processus.

Martin Prud’homme demande à la Cour d’ordonner l’arrêt des procédures instituées contre lui par la ministre Geneviève Guilbault, de déclarer nul le rapport du comité d’experts mandaté par le Secrétariat des emplois supérieurs qui recommandait sa destitution, d’ordonner l’arrêt de l’enquête actuelle de la Commission de la fonction publique et, enfin, de déclarer que la conversation téléphonique qu’il a eue avec la directrice des poursuites criminelles et pénales, MAnnick Murphy, le 24 octobre 2017 ne constituait pas un motif suffisant de destitution.

« Aspiré dans un tourbillon »

« C’est le pouvoir exécutif qui met son poids dans la balance et s’ingère afin que la Commission [de la fonction publique] comprenne qu’elle ne peut que recommander la destitution du demandeur [Martin Prud’homme] déjà condamné sur la place publique. Depuis près de deux ans, le demandeur se retrouve aspiré dans un véritable tourbillon médiatique, politique et disciplinaire qui ne cesse de perdurer en raison de l’immixtion gouvernementale dans le processus alors qu’il est question d’un appel logé en 2017 à MAnnick Murphy visant à préserver la confiance du public », écrivent notamment les avocats du directeur général de la SQ dans leur requête.

Martin Prud’homme affirme que seule la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a le pouvoir de le relever de ses fonctions, et non le Secrétariat des emplois supérieurs.

Il qualifie d’illégal le mandat donné au comité de trois experts et dénonce le fait que chacun d’entre eux ait eu des liens avec la plaignante, MMurphy, soulevant au moins une apparence de conflit d’intérêts, argue-t-il.

Martin Prud’homme devait rencontrer ce mardi les membres de la Commission de la fonction publique pour une nouvelle étape du processus éthique et disciplinaire.

Or, on apprend dans sa requête qu’au cours des derniers jours, il a demandé des garanties procédurales pour que ses droits soient respectés. Il déplore que les membres de la Commission soient à la fois des investigateurs et des décideurs et a visiblement demandé la nomination d’un procureur indépendant.

N’ayant pas obtenu les assurances escomptées, il a déposé lundi cette requête en Cour supérieure.

Abus de procédures

M. Prud’homme affirme que la ministre a pris la décision de le destituer sur un rapport partiel et « dont la production n’a pas été autorisée par la loi ».

Il allègue que la Commission de la fonction publique n’a pas la compétence pour trancher des questions de droit et que la poursuite du processus de destitution est un abus de procédures.

Il conclut qu’un directeur de la SQ ne peut être destitué qu’en raison d’une faute grave ou d’une incompétence majeure, et que ce n’est pas le cas de la conversation avec Me Murphy.

« Les tribunaux ont reconnu qu’une faute, même sérieuse, peut ne pas revêtir le niveau de gravité nécessaire pour imposer la peine de mort professionnelle à un policier qui avait, autrement, un dossier disciplinaire vierge », écrivent les avocats de Martin Prud’homme.

Le DG de la SQ affirme que MMurphy l’a interrompu à plusieurs reprises lors de leur conversation du 24 octobre 2017. Il se demande pourquoi elle a pris 16 mois pour déposer sa plainte et pourquoi elle n’a pas remis sa probité en question lorsqu’il a été nommé administrateur provisoire au Service de police de la Ville de Montréal en décembre 2017.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.

« Principe de Joyce »

Les Atikamekw réclament du respect dans les soins de santé

Québec — La nation atikamekw réclame la création d’un « bureau d’ombudsman à la santé des Autochtones » ainsi que de la formation obligatoire et récurrente « à tous les niveaux » pour assurer aux membres des Premières Nations un accès équitable et « sans aucune discrimination » aux services sociaux et de santé du Québec.

Comme ils avaient promis de le faire, le Grand Conseil de la Nation atikamekw et la communauté de Manawan ont dévoilé, lundi, le « Principe de Joyce », élaboré à la suite du décès de Joyce Echaquan, mère de famille de Manawan morte sous les insultes racistes du personnel infirmier de l’hôpital de Joliette, le 28 septembre dernier.

« Pour nous, c’est important. Ça représente la voix de Joyce », a affirmé en entrevue le grand chef Constant Awashish.

Le document, qui tient sur une quinzaine de pages, aborde six grands principes et propose des solutions pour assainir la relation entre les Autochtones et les autorités provinciales et fédérales de santé et de services sociaux.

« Le début de réels changements »

Le conjoint de Mme Echaquan, Carol Dubé, signe une préface. Il souhaite que les gouvernements du Québec et du Canada « adoptent le Principe de Joyce afin que ce terrible évènement ne soit pas survenu en vain ».

« Que sa voix sonne le début de réels changements pour tous les Autochtones afin que plus jamais personne ne soit victime de racisme systémique », écrit-il.

On demande notamment à Québec et à Ottawa de « reconnaître le droit à l’autonomie et à l’autodétermination des peuples autochtones » en matière de santé et de services sociaux. Au gouvernement québécois, on réclame la reconnaissance du racisme systémique envers les peuples autochtones.

« Il faut reconnaître le problème à la source. Il y a un problème et ce n’est pas seulement la Loi sur les Indiens, indique M. Awashish. Tout le monde connaît la position du gouvernement Legault. S’il ne veut pas dire le mot, c’est sa position. Mais nous, on va continuer de travailler pour que les choses changent en profondeur. »

Les Atikamekw recommandent la création d’un Protecteur de la santé des Autochtones dont les « pouvoirs et les moyens d’action » seraient convenus avec les autorités autochtones. On demande aussi de nommer des membres autochtones dans les « instances décisionnelles » de la santé et des services sociaux.

« Éduquons, sensibilisons et déconstruisons les préjugés »

L’éducation revient aussi abondamment dans les recommandations. Tous les programmes de formation destinés aux travailleurs du domaine de la santé et des services sociaux devraient « inclure une composante relative au Principe de Joyce » en plus de prévoir des mesures pour faciliter l’intégration des étudiants autochtones.

« Éduquons, sensibilisons et déconstruisons les préjugés et créons un meilleur monde pour nos enfants. Les gens sont prêts pour le changement, nous avons eu des appuis incroyables [depuis septembre] », a fait valoir le chef Awashish.

Le Principe de Joyce propose aussi une modification au Code des professions visant à implanter de la formation récurrente et obligatoire pour les professionnels de la santé.

Québec a débloqué 15 millions pour de la formation dans les établissements de santé dans la foulée de la mort de Mme Echaquan afin d’accroître le sentiment de sécurité des Premières Nations envers les services publics. Un pas dans la bonne direction, selon les leaders autochtones.

Le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, a confirmé la réception du « Principe de Joyce » et assuré qu’il allait en prendre connaissance « avec grand intérêt ».

Les chefs atikamekw et lui se rencontrent chaque semaine depuis les évènements de septembre « afin de voir comment, ensemble, [ils peuvent] améliorer l’accès aux soins de santé », a fait savoir son cabinet. Une rencontre est aussi prévue ce mardi avec le premier ministre François Legault et le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard.

Le « Principe de Joyce »

Le Principe de Joyce vise à garantir à tous les Autochtones un droit d’accès équitable, sans aucune discrimination, à tous les services sociaux et de santé, ainsi que le droit de jouir du meilleur état possible de santé physique, mentale, émotionnelle et spirituelle.

Joe Biden invité à s’adresser au Parlement canadien

Les élus de toutes les formations politiques ont salué la victoire du démocrate Joe Biden et de sa colistière, Kamala Harris, à l’élection présidentielle du 3 novembre en adoptant à l’unanimité une motion de félicitations à la Chambre des communes. En outre, la Chambre des communes a formellement invité le président désigné à effectuer une visite officielle au pays et à prononcer un discours devant le Parlement dès que la pandémie de COVID-19 sera maîtrisée. Cela est devenu une tradition de voir le nouveau président américain effectuer sa toute première visite officielle à l’étranger au Canada. Le président sortant Donald Trump a toutefois fait fi de cette tradition. En fait, M. Trump n’a pas effectué de visite officielle au Canada durant son mandat de quatre ans, hormis les quelques heures qu’il a passées dans la région de Charlevoix en juin 2018 lors du sommet du G7. En 2001, George W. Bush avait aussi fait entorse à cette tradition diplomatique vieille de près de 60 ans en faisant du Mexique, et non du Canada, la première destination étrangère de sa présidence. Mais son successeur, Barack Obama, l’avait rétablie en effectuant une visite officielle à Ottawa dans les premiers mois de sa présidence, en février 2009.

— Joël-Denis Bellavance, La Presse

Nunavut

Deux semaines

Le Nunavut, qui a enregistré son premier cas de COVID-19 au début du mois, ordonne la fermeture, pendant deux semaines, des écoles et de toutes les entreprises non essentielles, face à une augmentation des cas. Les garderies ne pourront plus accueillir d’enfants, sauf ceux des travailleurs essentiels. Tous les centres de santé doivent également fermer, à l’exception des services d’urgence. Le gouvernement territorial a annoncé lundi que ce confinement général obligatoire commencera mercredi. Le premier ministre du Nunavut, Joe Savikataaq, a affirmé que chacun devait faire des efforts pour que la situation s’améliore en décembre. Le Nunavut a enregistré son premier cas de COVID-19 au début de novembre ; le bilan s’élève maintenant à 18 cas confirmés.

Nuit d'enfer sur l'A13

Les premiers chèques attendus cette semaine

Plus de trois ans après leur mésaventure, des automobilistes coincés sur l’A13 pendant une nuit de tempête sont sur le point de recevoir une indemnisation. La conclusion d’un règlement à l’amiable avec le gouvernement du Québec, l’an dernier, permet aux sinistrés de toucher une somme allant de 350 $ à 1375 $. Les chèques « vont commencer à être envoyés cette semaine », a indiqué MJean-Marc Lacourcière, du cabinet Trudel Johnston & Lespérance, en entrevue téléphonique avec La Presse. « On le fait par vagues. » Tous les automobilistes ne toucheront pas le même montant. « La section de l’autoroute où tout le monde a été immobilisé a été divisée en différents secteurs », a continué MLacourcière. « Les gens vont recevoir une indemnisation en fonction de l’endroit où ils ont été pris et donc du temps qu’ils ont dû attendre avant de sortir de là. » Les personnes particulièrement vulnérables (femmes enceintes, enfants, aînés) recevront une indemnisation bonifiée de 25 %. Quelque 2400 personnes se sont manifestées auprès de l’action collective pour être indemnisées. Si le gouvernement du Québec a accepté de régler à l’amiable, ce n’est pas le cas de la Ville de Montréal. Les procédures se poursuivent contre la municipalité. Une autre série de chèques pourrait donc suivre, si l’action collective est couronnée de succès.

— Philippe Teisceira-Lessard, La Presse

Profilage racial

La police de Repentigny veut être plus inclusive

Le Service de police de la Ville de Repentigny (SPVR) aborde les tensions entre policiers et citoyens racisés d’un autre angle. Sa directrice Helen Dion entame une réflexion sur l’inclusion au sein de son organisation et ses pratiques. Le principal organisme de lutte contre le profilage racial à Repentigny y voit un pas en arrière, alors que les interceptions se multiplient, selon lui. « On a fait plein d’actions depuis deux ans. Des rencontres citoyennes, des barbecues, lancement d’un comité. On est encore bloqués. Donc là, on prend un autre chemin », admet Mme Dion, assise dans la vaste salle de réunion au décor sobre du poste de police de Repentigny. En attendant les conclusions d’un rapport sur les interpellations basées sur l’origine ethnique par les policiers sur son territoire, elle entame une démarche « bâtie sur mesure » par la firme Uena, spécialisée en gouvernance inclusive. Au cours des deux dernières années, le SPVR a fait l’objet de vives critiques et de plaintes en lien avec le profilage racial. Des allégations ont été démenties, affirme Mme Dion. « Ça ne veut pas dire qu’on n’a pas de problèmes. Certaines situations n’ont peut-être pas été dénoncées. Je ne peux pas dire à 100 % que toutes mes interventions sont parfaites. »

— Mayssa Ferah, La Presse

« Déclin » du français

L’opposition fustige les commentaires d’une députée montréalaise

La députée Emmanuella Lambropoulos a tenu des propos « méprisants » et elle a affirmé « tout haut ce que pensent les libéraux tout bas » en émettant des doutes sur le recul du français au Québec, ont tonné les conservateurs et les bloquistes. Le scepticisme affiché par l’élue d’arrière-ban au comité permanent des langues officielles vendredi passé a inspiré au Parti conservateur et au Bloc québécois plusieurs attaques lors de la période des questions à la Chambre des communes, lundi. « La députée de Saint-Laurent a dit tout haut ce que pensent les libéraux tout bas. En plus, elle l’a dit en anglais, pour vous dire l’importance qu’elle accorde au français. […] Il n’y a qu’une langue officielle au Québec, une seule langue menacée, c’est le français », a martelé le député Mario Beaulieu. Son collègue conservateur Gérard Deltell a vigoureusement reproché à la députée en question d’avoir eu « le culot » de remettre en doute, qui plus est en employant des propos « méprisants » et « irrespecteux », la fragilité du français au Québec, car « ça ne prend pas la tête à Papineau » pour le constater, a-t-il tempêté.

— Mélanie Marquis, La Presse

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