Charme colonial sur la montagne

Situé au centre-ville, le bâtiment a un passé bien particulier. On en sent d’ailleurs toute l’histoire sur ses murs extérieurs. Et pour cause : il a déjà servi de consulat de Cuba à Montréal. Construit en 1914, l’édifice a eu plusieurs vies, mais a depuis été reconverti en immeuble de condos. Un couple a acquis l’un de ses appartements et nous en a ouvert les portes.

Ils ont la ville à leurs pieds, et la montagne derrière. Ils vivent comme suspendus dans cette partie du centre-ville accolée au mont Royal. « De l’intérieur, il y a des vues qu’on ne voit pas du tout quand on est en ville, parce que c’est vraiment plus haut », remarque le designer Michaël Godmer, à qui le couple a fait appel pour ses rénovations. Déjà, l’approche du bâtiment est une expérience en soi : « On a un peu l’impression d’arriver dans un château, lance-t-il d’emblée. C’est vraiment un lieu particulier. »

Mais une fois à l’intérieur du logement de 790 pi2, rien ne laisse deviner son passé d’ancien consulat. Toutefois, il y a bel et bien du charme dans cet appartement, qui rappelle un peu son style colonial, du moins le croyait-on. Car ironiquement, ces touches ont été ajoutées au moment des rénovations. « Il n’y avait pas énormément de cachet qui avait été conservé, donc on a tenté de ramener un peu l’esprit original », résume Michaël Godmer.

Un damier dans l’entrée

Dès l’entrée, le plancher de céramique en motif de damier donne le ton. Ce sont d’ailleurs ces mêmes teintes sobres, dont le beige et le grège, qui se déclinent dans tout le reste de l’appartement.

Le vestibule a été réaménagé pour le rendre plus fonctionnel, explique le designer. Une fois le pas de la porte passé, on se retrouve devant un mur de lattes de bois, ainsi qu’un banc intégré. C’est là qu’on enlève nos souliers, et que les invités peuvent déposer leurs affaires. Mais à côté, un panneau dissimule une petite pièce, habilement créée par l’épaisseur du banc. « On aime bien l’idée d’un mud room, où on peut déposer notre sac, nos trucs, puis lorsqu’on ferme la porte, tout est caché. »

Le reste de l’appartement se déploie ensuite dans un grand espace ouvert, où le bureau, le salon, la salle à manger et la cuisine cohabitent dans une pièce lumineuse.

Celle-ci semble neuve, mais en fait, ce sont plutôt les finis qui ont été modifiés, puisque la configuration remplissait déjà bien son rôle. « On a changé complètement les panneaux de recouvrement, les tiroirs, les portes », énumère Michaël Godmer. Ces changements ont nécessité un certain budget, mais jamais autant que s’il avait fallu refaire la cuisine au grand complet.

« Ça va lui donner une seconde vie pour un bon moment. J’essaie souvent d’aller dans ce sens-là : au lieu de tout démolir, est-ce qu’il y a des choses qu’on peut garder ? »

— Michaël Godmer, designer

Finalement, la salle de bains est l’une des pièces ayant subi la plus grande transformation, mais tout en gardant un élément d’origine, soit le comptoir. « On dirait qu’il y avait comme un petit clin d’œil à un tout-inclus de Cuba, ça “fittait”, lance Michaël Godmer. J’ai voulu le garder et essayer de travailler avec lui. »

Le look de la pièce a été conçu autour de cet élément, dont la couleur beige s’harmonisait naturellement avec le reste du style. Les lattes de bois, les luminaires et le plancher, qui reprend le motif de l’entrée, forment un tout apaisant et cohérent.

Le mélange des matériaux contribue aussi à créer un cocon, et ce, dans tout l’appartement. « On y est allés avec la pierre, le bois, et même la texture de tissus bouclés pour réchauffer l’espace », conclut le designer. En effet, à la sobriété des tons s’ajoute un judicieux amalgame des matières, afin de créer un tout chaleureux dans cet environnement hors du commun.

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