Marche du 1er-Mai

Des milliers de travailleurs défilent dans les rues de Montréal

Des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Montréal samedi après-midi à l’occasion de la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs.

Les marcheurs avaient rendez-vous à 13 h au parc La Fontaine, pour dénoncer ce qu’ils qualifient de crise du travail. « Nous sommes ici pour rappeler au gouvernement qu’il est temps de trouver une sortie de crise. Ça ne peut plus durer, on ne peut plus nous user encore longtemps. Les travailleurs et travailleuses sont à bout », a scandé Karima Sadik, co-porte-parole de l’évènement et directrice de l’Association démocratique des ressources adultes du Québec, devant une foule enthousiaste.

Les drapeaux de dizaines de syndicats, dont ceux des employés de Shell et de Vidéotron et celui des Métallos, flottaient au-dessus des têtes. La Confédération des syndicats nationaux et le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec étaient également présents.

Sous le slogan « Sortons de la crise en santé et en sécurité », la coalition de syndicats a réclamé un réinvestissement majeur dans le secteur public, des salaires décents, des droits renforcés et un réel engagement environnemental. Elle a également demandé une meilleure reconnaissance et un accompagnement accru des victimes d’accident de travail ou de maladies professionnelles.

La marche, qui avait lieu en même temps que la manifestation contre les mesures sanitaires au Stade olympique de Montréal, s’est déroulée pacifiquement et dans le respect des consignes sanitaires.

Contestation du projet de loi 59

Les critiques à l’endroit du projet de loi 59, visant à moderniser le régime de santé et de sécurité au travail, ont fusé de toutes parts. Certains syndicats souhaitent même le rejet complet de la réforme proposée par le ministre du Travail Jean Boulet. « Le projet de loi tel qu’il existe est inacceptable. On aime autant vivre avec les lois actuelles que vivre un recul », déplore Daniel Cloutier, représentant syndical national d’Unifor.

Il défilait aux côtés des employés de Shell Canada, qui avait mis en lock-out des membres de sa section du local 121. Depuis novembre, ils appellent au boycottage de la pétrolière.

Le directeur québécois du syndicat des Métallos, Dominique Lemieux, s’inquiète des conséquences de la réforme en santé et sécurité au travail sur l’industrie lourde, particulièrement au chapitre des mécanismes de prévention.

Parmi les marcheurs, la co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé a elle aussi vivement critiqué le projet de loi 59. « C’est un mauvais projet de loi, qui ne répond pas aux besoins identifiés depuis des décennies. La [Coalition avenir Québec] est un gouvernement qui est du côté des employeurs, et ça, c’est triste. Surtout aujourd’hui », dit-elle.

Les débardeurs du port présents

En tête du peloton, les débardeurs du port de Montréal ont défendu leur droit de grève, qu’ils estiment avoir été brimé par l’adoption d’une loi spéciale, jeudi, forçant leur retour au travail par le Parlement fédéral. Les activités au port s’étaient arrêtées lundi matin, mais reprendront graduellement après que la loi spéciale forçant les débardeurs à retourner au travail a reçu la sanction royale. La Chambre des communes a adopté le projet de loi jeudi, et le Sénat l’a approuvé tard vendredi soir.

« Nous sommes heureux de marcher avec nos confrères et consœurs en cette Fête internationale des travailleuses et travailleurs malgré le fait que ce soit une journée bien triste pour les syndiqués au pays », a déclaré Michel Murray, conseiller syndical et porte-parole du Syndicat des débardeurs (SCFP 375) dans un communiqué publié avant la manifestation.

Par ailleurs, ce n’est pas un hasard si le salaire minimum passe à 13,50 $ l’heure à compter de ce samedi 1er mai au Québec, une hausse de 40 cents. Le salaire minimum des employés à pourboire passe à 10,80 $ l’heure, une hausse de 35 cents. De nombreux syndicats estiment toutefois que c’est insuffisant pour sortir les gens de la pauvreté.

Selon les statistiques fournies par le gouvernement, 287 000 personnes gagnent le salaire minimum au Québec. Plus de la moitié sont des femmes.

— Avec La Presse Canadienne

Cinq ans de prison pour un pédophile

Un grand-père de 78 ans « connaîtra la prison pour la première fois de sa vie », a souligné une juge en lui imposant une peine de cinq ans. Il a reconnu avoir agressé sexuellement six petites filles de 1967 à 2018.

André Bonneau, un ex-employé du collège privé O’Sullivan de Montréal, attirait les enfants du quartier avec des friandises ou du chocolat. Une fois chez lui, il pouvait leur toucher les fesses et les parties génitales.

Dans le cas d’une autre victime, il a commencé à la côtoyer alors qu’elle était encore un nourrisson. Il avait développé une relation avec la mère de cette dernière, une femme seule qui avait cinq enfants. À propos de cette victime, la juge Lori Renée Weitzman a indiqué que l’agresseur « lui changeait ses couches et la nourrissait de temps à autre ».

Il l’aurait agressée une première fois alors qu’elle était âgée de 8 ans et qu’elle était allée chez lui pour manger des sucreries. Il a « joué avec son vagin par-dessus sa culotte », a expliqué la juge.

Pendant quelques années, alors qu’elle était toujours au primaire, il continuait de lui toucher ses parties génitales. À un autre moment, il est même allé la rejoindre dans sa chambre où il lui a fait un cunnilingus et a frotté son pénis entre ses fesses pendant quelques minutes.

Trois victimes d'une même famille

La mère de cette victime a déposé un témoignage écrit qui a été lu au palais de justice de Montréal, le 1er avril dernier, avant que la juge Weitzman rende sa sentence. Elle a raconté que M. Bonneau, qu’elle considérait « comme un père », avait à l’époque toute sa confiance. « Il allait jusqu’à m’aider à acheter le lait, les habits et les couches. À certains moments, je me souviens même de lui avoir confié mon enfant pour pouvoir aller travailler un tant soit peu », a confié cette femme, dont trois des filles sont des victimes du criminel de 78 ans. « Cet homme nous a tous causé beaucoup de peine. »

M. Bonneau a aussi voulu s’adresser à la juge avant qu’elle donne sa peine pour s’excuser pour tous les dommages qu’il a causés. « J’ai personnellement été abusé sexuellement pendant sept ans, de 7 à 14 ans, et j’ai l’impression que j’ai répété ça », a-t-il confié, en ajoutant qu’il souhaitait poursuivre une thérapie en prison.

« J’ai des filles, j’ai des petits-enfants, je n’aurais pas voulu qu’il leur arrive la même chose », a-t-il ajouté.

La juge Weitzman a ordonné une peine d’emprisonnement de cinq ans au Montréalais. « Il va sans dire qu’aucune peine ne saura effacer le mal commis et les conséquences engendrées. Mais une peine sévère de cinq ans de pénitencier saura souligner pour M. Bonneau le caractère odieux de ses gestes, tout en lançant le message clair pour la communauté en général que les agressions sexuelles perpétrées contre des enfants ne sauraient être tolérées. »

Montréal

Brève manifestation anticapitaliste à Montréal

Environ une heure après son départ samedi, une marche anticapitaliste a été déclarée illégale par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Le coup d’envoi de la manifestation, organisée par la Convergence des luttes anticapitalistes, a été donné à 16 h au parc Jarry, à Montréal, où s’étaient rassemblés quelques centaines de personnes. La manifestation, qui était d’abord pacifique, a dégénéré vers 17 h. Selon le SPVM, des manifestants déplaçaient des objets comme des cônes, des barrières et des poubelles pour bloquer la route aux policiers ; des clous ont même été disposés sur l’asphalte dans le but de crever les pneus des véhicules policiers. Des protestataires auraient également fracassé des vitrines de commerces et lancé des projectiles en direction des policiers. À 17 h 20, la manifestation a été déclarée illégale et le SPVM a eu recours à des manœuvres de dispersion afin d’y mettre fin. Le SPVM a procédé à l'arrestation de deux personnes pour possession de matières incendiaires et agression armée. Cinq autres personnes faisaient l’objet d’une enquête samedi soir pour méfaits et agression armée. De plus, deux constats d’infraction aux règlement municipaux ont été remis. — Léa Carrier, La Presse

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