Les députés solidaires vivement critiqués par leurs militants

Des délégués de Québec solidaire (QS) ont été particulièrement cinglants samedi, accusant leurs têtes dirigeantes d’être complaisantes avec le gouvernement Legault. Réunis en conseil national numérique, plusieurs délégués ont laissé jaillir leurs frustrations envers le caucus solidaire, qu’ils accusent de se ranger derrière le gouvernement depuis le début de la pandémie. « La première personne que j’ai entendue se ranger complètement derrière [le premier ministre François] Legault, c’est [la co-porte-parole de QS] Mme Massé, et ça m’a profondément choqué », a déclaré le militant Julien Daigneault. Plus tard en point de presse, Mme Massé s’est défendue en disant se ranger derrière la Santé publique et le « bien-être de notre population en général ». Mécontents, les délégués ont déploré le manque de visibilité du parti en temps de crise sanitaire. « Occasions ratées », « visibilité nulle », « absence sur le terrain », les accusations ont fusé aussitôt les micros ouverts. Tant Mme Massé que M. Nadeau-Dubois ont tenté de calmer la grogne en rappelant que les députés avaient défendu toutes sortes de causes sociales, au Parlement comme dans leurs circonscriptions. « Notre objectif, c’est de faire en sorte que le programme de QS trouve sa place, mais […] il y a eu une éclipse médiatique. Pendant cette éclipse, on était sur le terrain », a insisté Mme Massé.

— Caroline Plante, La Presse Canadienne

Pornographie juvénile

30 mois de prison pour un récidiviste sexuel

Un homme déjà condamné pour avoir agressé sexuellement des femmes dans le métro de Montréal a été condamné à 30 mois de prison pour avoir détenu des milliers de fichiers de pornographie juvénile, alors qu’il était toujours en probation. Agostino Barbieri s’est fait prendre en flagrant délit en raison d’un banal problème informatique au travail.

L’homme de 48 ans de Saint-Léonard a eu le malheur de demander l’aide de son patron, le 14 novembre 2019, lorsqu’un message d’erreur est apparu sur son ordinateur. Le technicien informatique a réussi à corriger le problème, mais lorsque l’écran est revenu à la vie, une vidéo de pornographie juvénile y est aussitôt apparue. Son employeur l’a congédié sur-le-champ.

Quelques jours plus tard, Agostino Barbieri a avoué à son agent de probation avoir consulté de la pornographie juvénile. Mais ce n’est qu’en mars dernier, tout juste avant la crise de la COVID-19, que le Montréalais a été arrêté par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Les policiers ont alors saisi dans son véhicule un ordinateur dans lequel se trouvaient 2071 vidéos et 3631 photos de pornographie juvénile.

Ce sont les faits qui ont été admis par Agostino Barbieri, lorsque celui-ci a plaidé coupable à un chef de possession de pornographie juvénile, le 30 juillet dernier, au palais de justice de Montréal.

Une peine « clémente » ?

La juge Sonia Mastro Matteo a ensuite entériné la suggestion commune des avocats en lui imposant 30 mois de prison, dont il reste 22 mois et demi à purger compte tenu de la détention préventive. La peine est assortie d’une probation de trois ans et d’une interdiction de dix ans d’utiliser l’internet, sauf à la bibliothèque.

La suggestion « peut paraître clémente » étant donné les antécédents de l’accusé, a souligné en cour l’avocate de la défense, MMeghann Tousignant. Selon le procureur de la Couronne, Me Jérôme Laflamme, c’est la crédibilité d’une possible requête en exclusion de preuve de la défense qui a conduit à cette recommandation commune.

Lorsque les policiers ont arrêté l’accusé, ils ont saisi l’ordinateur dans son véhicule sans détenir de mandat. Ils ont ensuite obtenu un mandat pour la fouille des données. « Sans concéder qu’il y a eu une violation, il y aurait certainement eu un débat à faire », a expliqué MLaflamme.

En juillet 2017, le SPVM avait lancé un appel à la population pour retrouver l’auteur de trois agressions sexuelles survenues dans le métro de Montréal et dans un commerce de Saint-Léonard. Le suspect se frottait contre ses victimes avant de prendre la fuite. Agostino Barbieri avait été arrêté à la suite de la diffusion de sa photo. Il a été condamné à six mois de prison pour actions indécentes, agressions sexuelles et voies de fait en juin 2018.

Le procureur de la Couronne a également mentionné en cour un autre dossier dans lequel Agostino Barbieri aurait reçu 18 mois de prison pour agression sexuelle. Or, en raison de son incertitude, ce dossier ne semble pas avoir été pris en considération dans la peine suggérée. « J’ai beau vérifier, je n’arrive pas à trouver », a déclaré MLaflamme. Nous n’avons d’ailleurs trouvé aucune trace d’une telle peine dans le plumitif informatisé.

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