Opinion

Ras-le-bol des motomarines

Il n'y a pas que les cétacés qui en ont assez

Selon le Règlement sur les activités en mer dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, les motomarines y sont interdites pour protéger les 889 cétacés (bélugas). Mais qu’en est-il des 3 millions de riverains, pêcheurs et autres utilisateurs de nos cours d’eau, qui n’ont aucune protection contre ces engins ?

Comparaison n’est pas raison, dit le proverbe – ou peut-être bien que si. Nos gouvernements ont décidé de protéger 889 bélugas contre les motomarines, mais ne font rien pour protéger les riverains, les pêcheurs et les autres utilisateurs de nos cours d’eau.

C’est 3 millions de « belles ou gars » du Québec pour qui « assez, c’est assez ! »

Pourquoi les cétacés ont-ils été protégés et pas les « c’est assez » ? Une espèce serait-elle en péril et l’autre pas ? Pourtant, lorsque les motomarines tourbillonnent sans fin ou filent à pleine vitesse, les bélugas du Saguenay et les « belles ou gars » du Québec, riverains, pêcheurs et autres utilisateurs de nos cours d’eau, sont en danger. Ils sont les victimes potentielles de ces motomarines, presque des missiles lancés sur nos lacs et rivières par un bombardier qui se fout des dommages causés.

Les 3 millions de « c’est assez » du Québec, riverains, pêcheurs, kayakistes, nageurs, pagayeurs, canoéistes et autres adeptes de la nature sont très différents des cétacés du Saguenay. Tous comptés, ils sont plus de 3 millions à pouvoir voter pour exprimer leur ras-le-bol de l’envahissement de nos cours d’eau par ces scooters des mers (tel que le dictionnaire Larousse les définit).

Fait surprenant, les « belles ou gars » du Québec paient des impôts qui servent, en partie, à protéger les bélugas du Saguenay contre les motomarines, alors qu’eux n’ont aucune protection. « C’est assez ! », arguent-ils.

Je suis un de ces 3 millions de « c’est assez » du Québec et je crois que comme les bélugas du Saguenay, nous avons le droit d’être protégés contre les motomarines. Nos gouvernements ont le devoir d’intervenir sans délai pour protéger 3 millions de Québécois contre ces engins conçus par un pilote de motocross en 1965.

Mettons un frein à ce que nos cours d’eau soient envahis et utilisés comme des autoroutes, pistes de course, circuits de motocross ou manèges pour motomarines.

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