La spondylarthrite ankylosante

Une forme d’arthrite méconnue

Environ 300 000 Canadiens vivent avec la spondylarthrite ankylosante. Pourtant, ce type d’arthrite est encore peu connu. Petit tour d’horizon de cette maladie arthritique potentiellement débilitante.

La spondylarthrite ankylosante est une forme d’arthrite inflammatoire. Celle-ci affecte principalement la colonne vertébrale et les articulations sacro-iliaques (qui font le lien entre le bassin et la colonne). Bien qu’elle puisse toucher des personnes de tous âges, cette forme d’arthrite frappe particulièrement les personnes qui sont âgées de 15 à 30 ans. De plus, contrairement aux autres types d’arthrite, la spondylarthrite ankylosante affecte plus souvent les hommes. Celle-ci est en effet trois fois plus fréquente chez les hommes que chez les femmes.

Des maux de dos anormaux

En général, la première manifestation de la spondylarthrite ankylosante est une douleur dans le bas du dos. Ce mal de dos est toutefois particulier parce qu’il survient sans raison apparente et qu’il est pire lorsque l’on ne bouge pas. La douleur est en effet plus importante le matin au réveil ou encore après une période d’inactivité. Celle-ci peut même réveiller la personne atteinte durant son sommeil. Outre la colonne vertébrale, la spondylarthrite ankylosante peut aussi causer de la douleur dans des articulations périphériques comme la hanche ou l’épaule. Il arrive aussi que la maladie se manifeste par une inflammation de l’œil que l’on appelle uvéite.

Une prédisposition héréditaire

Bien qu’on ne connaisse pas la cause exacte de la spondylarthrite ankylosante, on la considère comme une maladie auto-immune, ce qui signifie que le système immunitaire attaque les tissus sains comme les tendons et les ligaments. On sait également que la prédisposition génétique joue un rôle important dans l’apparition de cette maladie arthritique. La spondylarthrite ankylosante est en effet étroitement liée au gène HLA-B27 puisque pas moins de 90 % des malades en sont porteurs. Outre l’hérédité, les recherches scientifiques n’ont pas encore permis d’identifier d’autres facteurs clés.

Une maladie potentiellement invalidante

La spondylarthrite ankylosante est une maladie arthritique évolutive. L’évolution de la maladie est cependant très variable d’une personne à l’autre. Certaines personnes atteintes de la maladie depuis 20 ans n’ont pratiquement pas de symptômes. En revanche, certains individus peuvent voir leur mobilité diminuer considérablement en l’espace de quelques années. Il faut en effet comprendre que l’inflammation entraîne, avec le temps, des altérations osseuses de la colonne vertébrale et, dans certains cas, les vertèbres peuvent finir par se souder entre elles. Lorsque cela se produit, la fonction vertébrale est compromise et la personne atteinte est limitée dans ses mouvements. Des activités quotidiennes aussi simples qu’enfiler un pantalon ou ramasser un objet au sol peuvent se révéler très difficiles à effectuer. Certains individus se retrouvent même après plusieurs années avec un dos voûté.

Poser le diagnostic rapidement

L’établissement d’un diagnostic précoce est d’une grande importance. En effet, plus le traitement approprié est administré tôt, plus on a de chances d’éviter l’invalidité et les difformités. Comme aucun test spécifique ne permet à lui seul de poser le diagnostic, ce dernier repose sur un ensemble d’éléments, dont la description des douleurs ressenties par le patient et l’examen clinique. Des analyses sanguines, des examens radiologiques et des tests d’imagerie par résonance magnétique peuvent également aider à appuyer le diagnostic. Cela dit, le diagnostic n’est pas toujours facile à poser, puisque les signes radiologiques de la maladie ne sont pas présents au début de la maladie.

Plusieurs traitements possibles

À l’heure actuelle, aucun traitement ne permet de guérir la spondylarthrite ankylosante. Une combinaison d’exercice et de médication permet toutefois de réduire les lésions sévères à la colonne vertébrale en aidant à contrôler l’inflammation et à maintenir la flexibilité et la mobilité des articulations.

La physiothérapie est donc, avec les médicaments, la base du traitement de la spondylarthrite ankylosante. En ce qui concerne la médication, quatre types de médicaments d’ordonnance sont généralement utilisés dans le traitement de la spondylarthrite ankylosante : les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ou AINS), les antirhumatismaux à action lente (ou ARAL), les corticostéroïdes (ou stéroïdes) et les modificateurs de la réponse biologique (ou inhibiteurs du TNF alpha). Ces médicaments peuvent être utilisés seuls ou plus fréquemment en association. Enfin, dans des cas très rares, il faut recourir à la chirurgie pour redresser la colonne vertébrale.

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