En route vers Tokyo

Corey Conners, fier de porter l’unifolié !

C’était son objectif depuis quelques saisons déjà : participer aux Jeux olympiques. Entrevue avec le golfeur canadien le mieux classé au monde et qui peut maintenant se dire olympien !

Jean-Sébastien Légaré (JSL) : Tu as déjà joué plus de 20 événements cette saison et récolté 7 tops 10 au passage. Il semble que tu es dans la course toutes les deux semaines ou presque. Quel est ton bilan sur ta saison 2021 et tes performances ?

Corey Conners (CC) :

Ç’a bien été, j'ai eu beaucoup de bons résultats. Je sens que j’ai peaufiné certaines facettes de mon jeu qui m’avaient freinées par le passé, notamment autour et sur les verts. Mon jeu court s’est amélioré et je suis beaucoup plus constant. La frappe de balle est toujours l’une de mes très grandes forces et je travaille fort pour la maintenir. Mais de mettre plus d’énergie sur le jeu court et les coups roulés me permet d’être plus constant et je me retrouve plus souvent dans la course.

Je me sens nettement plus à l'aise sur le circuit, j’en suis à ma quatrième année maintenant. Partout où je vais, j'ai une certaine familiarité avec l'endroit, la ville ou le village et le parcours de golf. Je me sens confortable avec mon jeu. Je sens que j'ai travaillé dur et que le travail a porté ses fruits, ce qui est bien. Globalement, je suis satisfait de l'année jusqu'à présent, mais je veux retourner dans le cercle des vainqueurs, espérons-le, dans un avenir pas trop lointain. Je sens que je suis prêt. Mon jeu est à point et il peut certainement me permettre d’obtenir une autre victoire.

JSL :

On dit que l’on apprend davantage sur nous-mêmes lorsque l’on est en tête du classement. Ayant eu la position de commande lors du Championnat de la PGA, as-tu appris quelque chose de différent sur toi-même, ton jeu ou ta préparation?

CC :

Je crois avoir fait du très bon travail avec ma préparation au cours de la semaine du Championnat de la PGA. J'ai été raisonnable dans la gestion de mon énergie. C'est une longue semaine. Je pense que lors de mes premiers tournois majeurs, j’en ai trop fait dans ma préparation, j’ai gaspillé trop d'énergie. J'en donnais trop le lundi, mardi et mercredi avant le tournoi. J’essayais de pratiquer autant que possible, mais j’ai appris à gérer un peu mieux mon énergie. Je n'ai joué que neuf trous par jour avec de courts entraînements pour essayer d'économiser de l'énergie, donc je me sentais en pleine forme le jeudi. J'ai l'impression que c'est quelque chose qui m'a vraiment aidé à démarrer rapidement et c’était plaisant d’être dans cette position. En fin de compte, j'ai un peu reculé au classement durant le weekend, mais j'étais toujours dans la course. La qualité de mon jeu ne se reflétait pas dans mon pointage. Je suis quand même assez content de la façon dont j'ai joué. J’aurais pu facilement jouer quelques coups de moins et demeurer dans la course.

JSL :

Quel est ton avis sur la saga sur les médias sociaux avec DeChambeau et Koepka ? Est-ce bon pour le sport ?

CC :

Je pense que ça peut aider à élargir légèrement notre public. Il me semble que l’on parle de cette histoire un peu partout. Peut-être que les gens qui ne sont pas nécessairement des fans de golf s'intéressent au sport à cause de ça. Je n'ai pas vraiment d'opinion là-dessus. Ce n'est pas une chose dans laquelle je vais tenter de m'impliquer. Je suis assez calme sur le parcours et à l’extérieur. Je ne sais pas, je ne pourrais jamais m'imaginer être dans une telle situation, donc c'est difficile pour moi d'avoir une vraie opinion. Je pense que c’est correct pour le sport, il n’y a rien de trop négatif. Ça permet à plus de gens de parler de golf, ce qui dans l’ensemble semble être une bonne chose.

JSL :

Le « Projet Distance » semble moins d’actualité comparativement à il y a quelques mois. Quelles sont les discussions entre les joueurs et quel est ton point de vue à ce sujet ?

CC :

Je pense que le golf se trouve en bonne posture en ce moment. C'est excitant, il y a beaucoup de jeunes joueurs. Voir Phil (Mickelson) gagner à nouveau au Championnat de la PGA, c'était vraiment plaisant. Je pense donc que le golf est dans une excellente position en ce moment et j'hésiterais vraiment à vouloir changer quoi que ce soit. Le débat s’est un peu calmé, on n’en parle pas autant ces derniers temps, mais d'après mes discussions avec les autres joueurs, je ne pense pas que beaucoup d’entre eux soient vraiment d'accord pour faire reculer les choses. On ne voit pas de pointages ridicules. Les spectateurs veulent nous voir frapper loin et faire des birdies et je ne sais pas vraiment à quoi cela ressemblerait.

À mon avis, je pense qu'ils ont déjà des limites et des règles en place pour ne pas que ça s'emballe justement. J'ai beaucoup de respect pour des gars comme Bryson (DeChambeau) qui se sont vraiment entraînés et qui ont trimé dur pour gagner de la vitesse. Évidemment, je suis jaloux de sa puissance, mais il a vraiment travaillé très fort pour y arriver. Je ne pense pas qu'il apprécierait le fait de reculer les choses au niveau de la balle, surtout après avoir mis autant d’effort. Mais il aura toujours un gros avantage, même si les autorités décident de reculer les choses.

Corey Conners

Âge : 29 ans

Ville natale : Listowel, Ontario

Classement mondial : 36e

Victoire sur le circuit de la PGA : 1

(Omnium Valero du Texas en 2019)

Gains en carrière : plus de 8,5 millions de dollars

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