À emporter

Chouette cantine asiatique

Alors que la fermeture des salles à manger se prolonge dans la région de Montréal, nos critiques vous présentent les meilleures options de plat à emporter en ville. Aujourd’hui : La Canting.

Le projet

Il y a des entrepreneurs dont le courage m’impressionne immensément depuis le début de la crise de la COVID-19. Helena Han Lin et Benjamin Serapins, respectivement ancienne du Bouillon Bilk et ancien du Cadet, en font partie puisque leur nouveau restaurant, La Canting, est de ces tables qui ont ouvert en 2020, entre deux vagues de fermetures pandémiques forcées. Installée au rez-de-chaussée d’un immense complexe de bureaux de Pointe-Saint-Charles, le Nordelec, cette cantine canado-taïwanaise – Mme Lin est née à Taiwan et c’est elle qui cuisine – interprète des thèmes asiatiques avec finesse et modernisme. Elle n’est pas fréquentée par les travailleurs, comme c’était le plan avant que le virus ne vienne changer le monde. Mais maintenant, c’est celle des résidants du quartier, qui sont nombreux dans les immeubles industriels convertis et les nouvelles constructions près du canal de Lachine. On commande, on passe chercher ou on fait livrer, puis on se régale.

On mange

J’ai essayé une vaste majorité des plats sur le menu. Je vous dis mes préférés. Les crevettes à l’avoine : juste assez cuites, dodues, avec chili thaï et feuilles de curry, légèrement épicées, déposées sur des feuilles d’endives qui apportent à la fois une fraîcheur sympathique et une amertume inattendue.

Les nouilles à l’huile d’oignons verts : bien cuites et bien fermes sous la dent, servies avec des champignons shimejis marinés. La qualité des ingrédients ici, autant celle des nouilles que des morceaux de magret rosés qu’on y dépose ou de la sauce soja, fait le plat. Le kebab d’agneau, que l’on mange sur des crêpes aux oignons verts presque frites, est aussi fort satisfaisant et fait un peu penser justement à ce qu’on adore de la cuisine de rue ou de cantine : c’est riche, c’est salé, c’est contrebalancé par la fraîcheur de quelques radis et rabioles et ça se mange avec les doigts. Je continue ? Le poulet frit à la sichuanaise : tendre et joyeusement épicé, servi sur un pain au lait japonais pour en faire presque un burger, qui vient s’ajouter à la liste de toutes les versions de ce plat fort populaire qu’on retrouve un peu partout par les temps qui courent. Le riz frit, lui, comblera l’appétit de ceux qui préfèrent ne pas trop s’aventurer en terres pimentées exotiques. Il est préparé avec des légumes et du tofu. Simple et classique. La salade de concombres écrasés se laisse aussi manger toute seule, croquante et fraîche, même si j’y ai ajouté un brin de sauce soja (et comme il en restait, je m’en suis régalée le lendemain). Pour le dessert, on choisit les beignets fourrés avec une purée de noix de coco et pandan, c’est sucré, c’est indéfinissable. Et fort sympathique.

On boit

J’ai choisi de boire la bière avec ce repas, car c’est généralement ce que je préfère avec de la cuisine relevée, pimentée, et aussi parce que la sélection provenant essentiellement d’un brasseur du quartier, 4Origines, est fort intéressante. Il y a de tout : blanche, surette, IPA, stout, etc. La maison a aussi une belle carte de vins nature d’un peu partout en Europe – de la Moravie à l’Ardèche, en passant par l’Émilie-Romagne – qui vont de 30 $ à 75 $ environ. Découvertes en perspective.

À savoir

La maison est fermée les lundis et mardis. Évidemment, vérifier les horaires avant de faire vos plans, car en temps de pandémie, tout peut changer rapidement. On peut commander pour faire livrer ou pour aller chercher son repas. Les plats arrivent chauds, donc il est important de respecter les horaires de ramassage. Les prix des plats à partager vont de 7 $ à 17 $ environ. Il y a toutes sortes d’options pour les végétariens.

La Canting

1720, rue Saint-Patrick Montréal 514 937-2555

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