Un CPE inondé se retrouve dans un « cul-de-sac »

La directrice doit trouver des locaux temporaires sous peine de perdre ses employés et des subventions

Les locaux du centre de la petite enfance (CPE) Tortue têtue ont été inondés par le déluge qui s’est abattu mardi à Montréal. D’importants dommages forcent la direction à trouver de nouveaux locaux temporaires ou à placer ses 65 enfants ailleurs et mettre à pied sa vingtaine d’employés.

« On est comme dans une situation de cul-de-sac », dit la directrice Marie-Claude Gagnon.

Selon elle, le CPE, qui accueille des enfants de parents étudiants de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), sera fermé pour au moins un mois. La directrice tente actuellement de trouver des locaux temporaires, mais les recherches sont difficiles vu le nombre d’enfants et les aménagements requis par le ministère de la Famille.

Ce dernier ne dispose pas de fonds d’urgence et ne lui a offert aucune aide financière pour se relocaliser, dit-elle, de sorte qu’elle ne peut compter que sur ses assurances. En fait, le ministère de la Famille lui a conseillé de transférer les enfants dans d’autres CPE ayant des places disponibles et de mettre à pied ses employés, déplore-t-elle. Puisque les enfants changeraient de main, le CPE perdrait alors ses subventions de fonctionnement pour cette période, que Mme Gagnon évalue à 55 000 $.

« Si je prends cette option-là, moi, je perds de l’argent et je perds mon équipe. »

– Marie-Claude Gagnon, directrice du CPE Tortue têtue

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, la directrice craint de ne pas être en mesure de réengager ses employés une fois que ses locaux inondés pourront rouvrir.

Manque de préparation

« Je trouve que ça n’a pas de crisse de bon sens que le ministère de la Famille n’ait pas de fonds d’urgence pour des situations comme celle-là », s’exclame Raphaël Crevier, chargé de cours à l’UQAM et père d’une fillette de 3 ans qui fréquente le CPE.

« Je ne comprends pas qu’il n’y ait pas de solution de rechange, qu’il n’y ait pas d’accompagnement. »

– Raphaël Crevier, père d’une enfant qui fréquente le CPE

« Je trouve ça absolument aberrant », renchérit Lise, une étudiante de l’UQAM mère d’une autre fillette gardée au CPE, qui préfère taire son nom de famille. Elle s’inquiète également d’un éventuel changement d’éducatrice, alors que sa fille a déjà un lien affectif fort avec celles de Tortue têtue, que les parents « adorent », dit-elle.

Le porte-parole du ministère de la Famille, Bryan St-Louis, indique que les CPE « sont responsables de leurs plans de continuité des services et d’avoir un fonds de prévoyance, en cas d’urgence ou d’imprévus ».

Ainsi, « le Ministère ne dispose pas d’un programme de financement pour relocaliser temporairement les opérations ».

Il peut cependant accorder une allocation à cette fin « dans des circonstances exceptionnelles », dit-il, sans préciser si c’est le cas ici. « Dans le cas exceptionnel où aucun local temporaire ou aucune place dans un service de garde éducatif à l’enfance ne seraient trouvés, le service serait interrompu temporairement », ajoute M. St-Louis.

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