Transport maritime mondial

Objectif zéro émission, plaide Londres

Le Royaume-Uni, organisateur en novembre à Glasgow de la COP26, conférence mondiale sur le climat, a plaidé lundi pour la réduction à zéro des émissions du transport maritime à l’échelle mondiale d’ici 2050 et l’entrée en service de navires non polluants en 2025. « Ce serait une hausse notable de l’ambition d’un secteur qui représente aujourd’hui 3 % des émissions mondiales », a affirmé le ministère des Transports, ajoutant qu’un tel objectif devrait être adopté par l’intermédiaire de l’Organisation maritime internationale (OMI). L’OMI avait adopté en juin de nouvelles règles visant à réduire la pollution causée par les navires, des avancées jugées modestes par les ONG. — Agence France-Presse

Norda

Des espadrilles qui sortent des sentiers battus

L’innovation

Les premiers souliers de course au monde à utiliser une fibre appelée Dyneema, légère et 15 fois plus solide que l’acier, conçus sans couture et écologiques.

Qui ?

Norda, c’est d’abord un couple de Montréalais inconditionnels de la course à pied, Nick Martire et Willamina Leus-Martire. Les deux, mariés depuis 16 ans et parents de deux filles, ont passé toute leur carrière dans l’industrie de la chaussure. Nick a été nommé dès avril 1999 responsable canadien du développement chez Elan-Polo. Ils ont par la suite fondé Pretty Ballerinas Canada en 2008. De 2010 à 2018, Nick a occupé divers postes de vice-président après avoir fondé la division Services produits chez le détaillant de chaussures Aldo.

« Willa et moi, on courait toujours ensemble, et elle me disait toujours : “Est-ce qu’on ne pourrait pas faire une meilleure version de ces souliers ?”, raconte Nick. Nous avons travaillé dans la fabrication de souliers toute notre vie, nous sommes des amateurs de haut niveau, pourquoi on n’en serait pas capables ? »

En mars 2020, le couple fonde Norda, deux mois avant qu’Aldo ne se place à l’abri de ses créanciers. Ils convainquent deux anciens collègues d’Aldo d’embarquer dans l’aventure : Louis-Martin Tremblay devient responsable du design et Gerard Cleal, directeur de la création. Ils convainquent une autre entreprise montréalaise, Ciele Athletics, de collaborer à la création de leurs premiers souliers de course.

Le produit

Pour concevoir leurs souliers de course de rêve, les responsables de Norda ont décidé de « regarder à l’extérieur de l’industrie », explique Nick Martire.

« On a cherché les meilleures matières du monde. On a découvert le Dyneema, la fibre la plus légère et la plus solide du monde, utilisée surtout pour les tentes, les cordes, les sacs à dos. »

— Nick Martire, cofondateur de Norda

Ce matériau ultrasophistiqué nécessite l’étirement et l’échauffement de plusieurs types de fibres combinées et donne une étoffe 15 fois plus solide que l’acier à poids égal, très résistante et légère. Après la conception en partenariat avec Ciele Athletics et des mois de tests auxquels ont participé des athlètes, on a lancé en août dernier le norda 001. Le soulier est conçu d’une seule pièce, avec une seule couture à l’arrière pour la jonction du tissu. L’étoffe est étonnamment mince, et une semelle conçue par le fabricant italien Vibram comportant des crampons offre une meilleure adhérence en sentier. Car le norda 001 est d’abord conçu pour la course hors piste, sur des terrains inégaux et glissants.

Une paire pèse moins de 500 g, contre 850 g pour des souliers de course hors piste classiques. En laboratoire, elle a démontré une durabilité de deux à trois fois supérieure à celle des produits existants, précise-t-on chez Norda, bien qu’on hésite à lancer un chiffre de kilomètres précis tant il dépend de l’utilisation.

C’est cette durabilité, combinée à la fabrication même du Dyneema, qui rend les norda 001 si verts, explique Louis-Martin Tremblay. « On parle de fibre recyclée, de résidus de l’industrie forestière traités dans des usines qui ont une approche verte. Toute la chaîne de production du Dyneema est responsable du point de vue environnemental. »

Les défis

Chez Norda, on répète qu’on n’a fait aucune concession sur la qualité des norda 001, allant jusqu’aux semelles sophistiquées et des lacets à base de Dyneema. Le prix élevé de 285 $ reflète ce choix. « La semelle, c’est souvent l’endroit où les fabricants font des économies, souligne Nick Martire. Nous sommes fiers du produit, même s’il y a toujours des inquiétudes. C’est maintenant entre les mains des clients et des athlètes, mais la réaction initiale est souvent : “Wow, je sens vraiment la différence !” »

Pour Louis-Martin Tremblay, l’important est de « garder le focus », de ne pas s’emballer en multipliant les modèles et les variantes uniquement pour occuper le marché.

« Si on sort un autre produit, quel va être sa place ? Est-ce qu’il répond à un besoin ? Le défi, c’est de garder un bon équilibre et de ne pas tomber dans la course à la production. »

— Louis-Martin Tremblay, responsable du design chez Norda

L’avenir

Lors de sa réunion hebdomadaire du jeudi, l’équipe de Norda doit d’abord faire le tri entre les nombreuses propositions d’affaires, de commandites et de représentation qu’elle reçoit. La distribution internationale de ce premier soulier est à l’ordre du jour.

À court terme, dès octobre, on a annoncé à La Presse le lancement d’un nouveau modèle, toujours conçu à base de Dyneema mais comptant une membrane intérieure en graphène. Ce matériau très fin et cristallin a des propriétés physiques étonnantes, combinant imperméabilité et respirabilité et pouvant dissiper ou conserver la chaleur. « C’est conçu pour notre climat », résume Nick Martire.

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