Opinion : Manifestation contre les mesures sanitaires

Pourquoi avoir abdiqué ?

L’auteur s’adresse au premier ministre du Québec, François Legault

Cher Monsieur Legault, depuis maintenant plus d’un an, nous sommes contraints, comme population, de vivre dans un monde qui a radicalement changé. Cela a forcé votre gouvernement, ainsi que tous les autres autour du globe, à tenter de gérer du mieux possible la pandémie mondiale qui sévit.

Une mince tranche de la population québécoise a choisi de ne pas adhérer à toutes les règles qui ont été mises en place de mois en mois afin de tenter sinon d’éradiquer, à tout le moins de contrôler la COVID-19. Pendant plus d’un an, ces individus ont défié les règles de la Santé publique et les décrets émis par votre gouvernement, et ce, sans grandes conséquences pour eux.

Par leurs actes et leurs folles convictions, ces personnes ont une part de responsabilité dans le fait que des régions entières ont été tour à tour affectées à divers degrés par la propagation de la COVID-19. On en trouve facilement plusieurs exemples avec des articles parus dans les médias depuis quelques mois.

Les Québécois croyaient voir poindre une lueur d’espoir alors que la vaccination prenait maintenant son envol, mais voilà que ce petit groupe de gens, antimasques, anti-mesures sanitaires, les tenants des théories du complot de la 5G, de l’ordre mondial, des injections de puces, du contrôle mondial par Bill Gates, de la corruption de l’Organisation mondiale de la santé et j’en passe, ces gens donc, ont réussi à faire fermer le plus grand centre de vaccination au Québec en organisant une simple manifestation.

Samedi, ils se sont rassemblés autour du Stade olympique de Montréal, provenant de partout au Québec, défiant encore une fois la directive de ne pas se déplacer d’une région à l’autre.

Combien étaient-ils : 5000 ? 10 000 ? C’est beaucoup, mais c’est peu en même temps. C’est une très, très petite proportion de la population qui, par ses actes, dicte à la majorité ses vues sur ce que doit être notre avenir.

Pourtant, un vote unanime avait été pris à l’Assemblée nationale quelques jours avant la manifestation pour demander à ces gens non pas de ne pas manifester, ce qui est un droit fondamental en démocratie (je vous rappelle au passage que pour ce groupe, nous vivons dans une dictature), mais de simplement déplacer l’endroit pour le faire.

Le centre de vaccination fermé

Devant leur refus de soutenir les « efforts de guerre » des Québécois qui souhaitent recevoir en toute quiétude leur vaccin et ainsi contribuer à la résolution du problème, votre gouvernement a abdiqué et a fermé temporairement le centre de vaccination pour leur donner libre accès au site qu’eux avaient choisi pour manifester leur grogne.

Vous pourrez me répondre qu’il y avait des risques pour l’intégrité du personnel et des usagers du centre de vaccination. À cela, je rétorquerai qu’il aurait sûrement été possible de boucler le quadrilatère autour du Stade afin de n’y donner qu’un accès contrôlé aux gens qui avaient des rendez-vous et dont vous aviez les listes. Beaucoup de gestion certes, mais c’est un petit prix à payer pour conserver la confiance d’une population qui, jusqu’ici, vous a suivi dans une vaste majorité.

En conséquence de quoi, je vous écris pour vous apprendre que vous venez de perdre un électeur, car quand viendra le jour où je devrai choisir dans l’isoloir le parti à qui je donne ma confiance, j’aurai en tête la devise du Québec : Je me souviens.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.