Première visite dans l’Ouest du président

Biden à la rescousse du gouverneur newsom

Boise — Joe Biden a entamé lundi son premier voyage de président dans l’Ouest américain, pour marteler ses arguments sur les changements climatiques et les grands investissements, mais aussi, chose plus rare, pour descendre dans l’arène politique.

But principal de ce déplacement : la Californie, fief démocrate qu’il n’avait pas visité depuis son élection, pour soutenir le gouverneur Gavin Newsom, confronté à un référendum qui pourrait, en théorie, lui coûter son poste.

Avant cela, Joe Biden a fait une étape lundi matin dans l’État républicain de l’Idaho pour visiter un centre de coordination de la lutte contre les incendies.

Le nombre et l’intensité des feux se sont multipliés ces dernières années dans l’ouest des États-Unis, avec un très net allongement de la saison.

« Nous ne pouvons ignorer la réalité, qui est que ces incendies de forêt sont dopés par le changement climatique », a lancé Joe Biden lors de sa seconde étape, dans le nord de la Californie.

Joe Biden y a notamment survolé en hélicoptère les vastes zones ravagées par les flammes du Caldor Fire, qui brûle sans discontinuer depuis deux mois. Lundi matin, rien qu’en Californie, plus de 13 000 pompiers luttaient sur le terrain contre une quinzaine de incendies de forêt de grande ampleur.

Et le président de faire l’article de ses grands plans d’investissement, appelant à surmonter les clivages partisans pour protéger les États-Unis et verdir l’économie américaine en adoptant au Congrès des projets dont le montant cumulé pourrait frôler les 5000 milliards de dollars.

« Il ne s’agit pas d’États rouges [couleur des républicains] ou d’États bleus [couleur des démocrates]. Il s’agit d’incendies, juste d’incendies », a-t-il plaidé à Sacramento.

Un référendum risqué

Loin de ces grands sujets transversaux, le président va bel et bien endosser l’habit de patron du Parti démocrate au cours de son déplacement, en soutenant le gouverneur de Californie lors d’un évènement de campagne de dernière minute à Long Beach, au sud de Los Angeles.

Gavin Newsom fait face mardi à un « référendum de révocation ». Cette procédure bien particulière permet à des électeurs mécontents d’organiser un référendum, en dehors de toute élection, pour tenter de faire tomber le patron de l’État.

Il y a 18 ans, un vote similaire avait permis à Arnold Schwarzenegger de conquérir la Californie.

Sur papier, Gavin Newsom, ancien maire de San Francisco élu facilement gouverneur en 2018, et dont le mandat ne s’achève que l’an prochain, ne risque pas grand-chose dans un État acquis aux démocrates.

À en croire le site spécialisé dans les sondages politiques Fivethirtyeight, 55 % des électeurs devraient voter pour qu’il achève son mandat.

Mais le renfort – de dernière minute – de Joe Biden montre que le Parti démocrate n’en prend pas moins le scrutin très au sérieux, conscient qu’une révocation surprise est toujours possible, surtout si la participation s’avère faible.

Derrière ce référendum se joue un clivage qui dépasse largement la Californie, entre un électorat démocrate qui soutient le programme progressiste et les mesures anti-COVID-19 de Joe Biden, et un camp conservateur qui se méfie des velléités interventionnistes des pouvoirs publics dans n’importe quel domaine : la santé, l’économie, l’éducation, les mœurs ou le changement climatique.

Mardi, Joe Biden s’arrêtera à Denver, dans le Colorado, pour continuer à promouvoir ses grands plans d’investissement avant de rentrer à Washington.

Accusé de « trahison »

Blinken défend le retrait d’Afghanistan devant un Congrès hostile

Washington — « Désastre cuisant », « trahison », « reddition inconditionnelle » face aux talibans : vivement critiqué par les élus républicains, le secrétaire d’État des États-Unis, Antony Blinken, a tenté lundi de défendre le retrait chaotique d’Afghanistan mis en œuvre par Joe Biden devant un Congrès très remonté.

Avec plus de fermeté qu’il ne l’avait fait jusqu’ici, le très affable diplomate a contesté les accusations d’impréparation formulées jusqu’au sein de son camp démocrate et a contre-attaqué en rendant l’ex-président Donald Trump en grande partie responsable de la situation.

Il a estimé que lorsque le président Biden est entré à la Maison-Blanche début 2021, il n’avait d’autre choix que « mettre fin à la guerre ou engager une escalade ».

« Nous avons hérité d’une date butoir, nous n’avons pas hérité d’un plan. »

— Antony Blinken, lors d'une audition à la Chambre des représentants

« Les talibans étaient plus forts militairement que jamais » depuis les attentats du 11 septembre 2001, qui avaient déclenché l’intervention occidentale, tandis que l’armée américaine n’avait jamais eu aussi peu de militaires sur le sol afghan.

En cause, l’accord conclu par l’administration Trump avec les talibans, gravant dans le marbre le retrait total des forces étrangères d’Afghanistan – et permettant au passage la libération de 5000 insurgés, « y compris d’importants commandants ».

Décidé depuis longtemps à mettre fin à la plus longue guerre de l’histoire américaine, le président démocrate a confirmé au printemps ce retrait total initié par son prédécesseur républicain. Mais sans cet accord, il ne l’aurait « pas nécessairement fait selon ce calendrier » ni « de cette manière », a martelé Antony Blinken.

« Nous nous sommes préparés »

À la hâte, les États-Unis ont dû monter un gigantesque pont aérien pour évacuer les étrangers et les Afghans susceptibles de représailles de la part des nouveaux maîtres islamistes du pays. Et 13 militaires américains ont été tués lors d’un attentat djihadiste visant cette opération.

« Le président a refusé d’écouter ses propres généraux et les responsables du renseignement, qui l’avaient prévenu précisément de ce qui se passerait lors de notre retrait. »

— Michael McCaul, élu républicain

L'élu républicain a accusé le duo Biden-Blinken de « trahison » pour avoir « rompu la promesse » de n’abandonner aucun Américain sur place, dénonçant un « désastre cuisant ».

Tour à tour, les élus républicains ont redoublé de critiques, certains, comme Joe Wilson, allant jusqu’à réclamer la démission du secrétaire d’État.

« Je veux remercier le député pour son soutien aux hommes et femmes du département d’État. J’apprécie cette partie de sa déclaration », a ironisé en réponse Antony Blinken.

Le chef de la diplomatie américaine a assuré que Washington n’avait jamais cessé d’« évaluer » la capacité du gouvernement afghan à « rester au pouvoir ».

« Même les analyses les plus pessimistes n’avaient pas prévu l’effondrement des forces gouvernementales à Kaboul avant le retrait des forces américaines », a-t-il plaidé. Mais « rien ne montre que rester plus longtemps aurait rendu les forces de sécurité afghanes plus résilientes ou autonomes ».

Siège du Parti démocrate à Washington

Un suprémaciste blanc arrêté avec une machette et une baïonnette

Un homme a été arrêté lundi près du siège du Parti démocrate à Washington, avec une machette et une baïonnette dans son véhicule, sur lequel étaient dessinés des croix gammées et d’autres symboles racistes, a indiqué la police du Congrès américain. Donald Craighead était au volant d’une camionnette sans plaque d’immatriculation lorsqu’il a été interpellé vers minuit, ont détaillé les autorités dans un communiqué. L’homme, âgé de 44 ans et résidant en Californie, a expliqué aux policiers être « en patrouille », avant de parler « de l’idéologie suprémaciste blanche et d’autres discours se rapportant à la suprématie blanche », selon la police. Le véhicule a été intercepté à 500 mètres du Capitole, le siège du Congrès américain. 

— Agence France-Presse

Cancer d’un enfant exposé au Roundup

Nouveau procès contre Bayer à Los Angeles

Un tribunal de Los Angeles a commencé lundi à se pencher sur la plainte d’une mère de famille dont le jeune enfant a développé une forme rare et grave de cancer après avoir été exposé au désherbant Roundup, de Monsanto. Ezra Clark avait seulement 4 ans en février 2016 lorsqu’on lui a diagnostiqué un lymphome de Burkitt, leucémie particulièrement virulente qui peut se diffuser de manière fulgurante à différents organes. Selon la plainte au civil déposée en son nom par sa mère Destiny Clark, l’enfant a été « directement exposé », à de nombreuses reprises, à du Roundup lorsque cette dernière pulvérisait sur sa propriété l’herbicide fabriqué par Monsanto. Les avocats de la plaignante accusent Monsanto d’avoir connu « depuis des décennies » le lien entre le glyphosate, principal ingrédient actif du Roundup et d’autres herbicides, et l’apparition de cancers. Ils reprochent en outre à la firme agrochimique américaine, désormais filiale du géant allemand Bayer, de n’avoir pris en compte dans ces tests que le seul glyphosate, sans examiner l’impact cancérigène du produit final. Bayer continue quant à lui à défendre l’innocuité de son produit.

— Agence France-Presse

Les démocrates américains enclenchent leur projet de réforme fiscale

Les démocrates de la Chambre des représentants ont présenté lundi leur projet de réforme fiscale qui reviendrait sur les coupes opérées par Donald Trump en augmentant les impôts des Américains les plus fortunés et des grandes entreprises. Ce projet est censé permettre d’obtenir près de 3000 milliards de dollars de nouveaux revenus fiscaux, pour financer en partie le plan titanesque de réformes sociales voulu par Joe Biden, d’un montant de 3500 milliards de dollars. Selon le projet publié par la commission chargée des questions fiscales à la Chambre, contrôlée par les démocrates, l’impôt des Américains aux revenus les plus élevés passerait de 37 % à 39,6 %. L’impôt sur les entreprises dégageant plus de 5 millions de dollars de revenus annuels passerait de 21 % à 26,5 %. Ce taux est moins élevé que celui prévu par le président Joe Biden dans son projet de réforme fiscale (28 %), mais plus haut que celui proposé par le sénateur démocrate clé Joe Manchin (25 %). Les négociations vont donc se poursuivre au sein du camp démocrate ces prochaines semaines pour parvenir à un consensus. Les républicains sont opposés à ces propositions, mais les démocrates utiliseront une voie parlementaire qui leur permettra d’adopter leur réforme avec leurs seuls votes. 

— Agence France-Presse

Le Texas sur le chemin de l'ouragan Nicholas

La tempête tropicale Nicholas s’est transformée en ouragan dans le Golfe du Mexique à l’approche de la côte des États-Unis et se dirigeait vers la ville de Houston, a annoncé lundi soir le Centre national des ouragans (NHC). Accompagné de vents de 120 km/h, Nicholas « apporte de grosses pluies, des vents forts et des perturbations orageuses vers les côtes centrale et septentrionale du Texas », a indiqué le NHC. « Je vous encourage vivement à ne pas prendre la route », a exhorté Sylvester Turner, le maire de Houston, métropole encore marquée par le dévastateur ouragan Harvey en 2017. Lundi soir, plusieurs routes des comtés de Matagorda et de Lavaca, à environ 1 h 30 de route de Houston, avaient été fermées à cause d’inondations. Jusqu’à 50 cm de pluie pourraient tomber sur le sud-est du Texas, ont mis en garde les services météorologiques. La tempête Nicholas devrait faiblir à partir de mardi, tout en continuant sa route vers le nord-est.

— Agence France-Presse

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