Ouest de Montréal

Un rythme de vaccination qui soulève des questions

Des élus et des citoyens s’inquiètent de voir la vaccination fonctionner au ralenti ce week-end à l’aréna Bill-Durnan, dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, alors que des plages de rendez-vous demeurent libres. Le CIUSSS Centre-Ouest, quant à lui, se veut rassurant et affirme que la situation est parfaitement normale.

« Actuellement, la vaccination est ouverte aux personnes âgées de 60 ans et plus, à Montréal. Une grande partie de cette population est vaccinée ou en attente d’un rendez-vous. Il est donc normal que l’intérêt pour la prise de rendez-vous diminue », a affirmé le porte-parole du CIUSSS Centre-Ouest, Barry Morgan, en réponse aux questions de La Presse à ce sujet.

Il rappelle que le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a décidé la semaine dernière de redistribuer des dizaines de milliers de doses de vaccin, qui étaient initialement destinées à Montréal, dans les régions les plus touchées par la COVID-19, dont Québec et Gatineau. Dans la métropole, « les rendez-vous seront éventuellement ouverts à de nouveaux groupes prioritaires, de façon à ce que tous les rendez-vous puissent être comblés », précise M. Morgan.

« D’ici là, toutes les personnes de 60 ans et plus résidant à Montréal sont invitées à prendre rendez-vous pour se faire vacciner. Nous utilisons tous les vaccins que nous avons à notre disposition », assure-t-il.

Un élu inquiet

Mais le député et porte-parole en matière de santé au Parti québécois, Joël Arseneau, avoue être « très préoccupé » par la situation. « L’information qu’on a, c’est qu’il y a des vaccinateurs qui attendent, et qui se tournent les pouces. Dans une période où les variants sont en propagation exponentielle et où on est dans une course contre la montre, cette situation-là ne peut pas perdurer. Il faut qu’on soit dans un sentiment d’urgence perpétuel », affirme l’élu, qui dit avoir été alerté par des résidants.

« Si on a les doses pour les administrer, qu’on les vaccine sans délai. On sait tous que la troisième vague est commencée. Je me serais attendu à ce que la machine soit beaucoup mieux rodée quand la demande est là. »

— Joël Arseneau, porte-parole en matière de santé au Parti québécois

« Ça ne me semble pas clair qu’on soit en vaccination intensive alors qu’on devrait l’être, insiste M. Arseneau. Il ne faut pas négliger les groupes prioritaires si les 60 ans et plus ne semblent pas se précipiter. On est dans une crise sanitaire. »

Des chiffres en hausse

Pendant ce temps, la situation de la COVID-19 a continué de préoccuper les autorités samedi au Québec, alors qu’on a rapporté 1282 nouveaux cas et 3 décès supplémentaires. Après une hausse, vendredi, le nombre d’hospitalisations a toutefois connu une légère baisse (- 2) dans le réseau.

Actuellement, 501 patients sont hospitalisés au Québec, dont 124 aux soins intensifs, soit 3 de plus que la veille. « Dans les derniers jours, on observe une [hausse] des patients hospitalisés en soins intensifs. On surveille de très près l’impact des nouveaux variants. En parallèle, on continue de vacciner », a prévenu le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, sur Twitter.

Les 1282 nouveaux cas portent la moyenne quotidienne calculée sur sept jours à 1080. Concrètement, cela représente une hausse de 33 % sur une semaine. Mise sur pause depuis jeudi, la région de Québec poursuit sa forte tendance à la hausse. On y rapporte actuellement 25,8 cas pour 100 000 habitants. L’Outaouais est aussi en nette hausse, avec 24,6 cas pour 100 000 habitants, une hausse de 68 % sur une semaine.

Au Bas-Saint-Laurent, la tendance à la hausse se poursuit aussi ; en ce moment, le taux y est de 21,9 cas pour 100 000 habitants. À Laval, cette même proportion est de 18,6, en légère baisse depuis une semaine (- 11 %). Montréal, de son côté, affiche 16,2 cas pour 100 000 habitants, ce qui est globalement en augmentation de 7 % sur une semaine. Enfin, le Saguenay–Lac-Saint-Jean poursuit sa lente tendance à la baisse, à 9,2 cas pour 100 000 habitants, soit une diminution de 26 % sur une semaine.

Les trois décès rapportés samedi sont tous survenus dans la région de Montréal. Ces trois décès portent la moyenne quotidienne à six, ce qui est en légère baisse par rapport à la semaine précédente. Par ailleurs, le Québec a administré vendredi 47 194 doses supplémentaires de vaccin, pour un total de 1 488 347. Environ 17,5 % de la population a jusqu’ici été inoculée. Le gouvernement Legault dispose présentement d’une réserve notable de plus de 500 000 vaccins, alors que 339 600 doses d’AstraZeneca viennent d’être reçues.

L’Institut national de santé publique (INSPQ) a quant à lui rapporté samedi 771 nouveaux cas de variants confirmés par criblage, portant le total à 9558 dans la province. Ainsi, les variants représentent désormais 53 % des nouveaux cas au Québec.

Le Canada a enregistré plus de 1 million de cas de COVID-19 depuis le début de la pandémie. Le décompte national a légèrement dépassé ce sombre total samedi, lorsque la Colombie-Britannique a signalé 2090 nouvelles infections en deux jours.

— Avec La Presse Canadienne

Ontario

Plus de 6000 cas en deux jours

La situation continue de partir en vrille en Ontario qui rapporte plus de 6000 nouveaux cas de COVID-19 et 39 décès au cours des deux derniers jours. Les autorités ont annoncé avoir identifié vendredi 3000 cas et 3089 la veille. Elles n’avaient pas dévoilé de nouvelles données au cours du Vendredi saint. La ministre de la Santé, Christine Elliott, a dit que Toronto et la région avoisinante de Peel demeuraient les secteurs les plus touchés par le coronavirus. Elle a aussi signalé de bonnes augmentations à Hamilton et à Ottawa. Le nombre de personnes hospitalisées s’élève à 796 sur l’ensemble du territoire. Il y avait 451 patients aux soins intensifs, dont 261 sous respirateur. Des mesures de confinement plus sévères sont entrées en vigueur samedi dans l’ensemble de la province.

— La Presse Canadienne

Rappel de Santé Canada

Retrait des masques contenant du graphène

Santé Canada a annoncé un rappel des couvre-visages contenant du graphène, un nanomatériau. L’agence fédérale mentionne que ces couvre-visages ont pu être utilisés dans les écoles et les garderies par des adultes et des enfants, ainsi que dans des établissements de soins de santé. Selon des études préliminaires, l’inhalation de particules de graphène pourrait causer une toxicité pulmonaire précoce chez les animaux. Cependant, on ne sait pas si ces particules peuvent se révéler nocives chez les humains. En attendant une évaluation des risques pour la santé, l’agence a ordonné à tous les distributeurs, importateurs et fabricants connus de cesser la vente et de rappeler les produits concernés. Elle a avisé les provinces et les territoires de cesser la distribution et l’utilisation de masques contenant du graphène. Santé Canada recommande aussi aux gens ayant porté un tel couvre-visage de consulter un médecin s’ils ont des problèmes de santé, comme un essoufflement nouveau ou inexpliqué, un malaise ou de la difficulté à respirer.

— La Presse Canadienne

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