internationaux des États-Unis

Alexander Zverev, finaliste renversant

New York — Renversant : mené deux manches à zéro, Alexander Zverev a retrouvé son tennis et sa force mentale pour venir à bout de Pablo Carreño Busta 3-6, 2-6, 6-3, 6-4, 6-3, et se qualifier pour sa première finale des Internationaux des États-Unis, vendredi à Flushing Meadows.

C’est la journée des premières pour l’Allemand de 23 ans, qui découvrira dimanche la saveur toute particulière d’une finale du Grand Chelem et qui, pour cela, est parvenu à remonter un déficit de deux manches. Ce qu’il n’avait encore jamais réussi.

« Je ne peux pas être plus heureux, c’est la première fois que je gagne après avoir été mené deux manches à zéro et je le fais à ce stade du tournoi », s’est exclamé le 7e mondial après coup, avant de vite reprendre ses esprits : « Je sais que la plus haute marche reste à franchir en finale. »

Il affrontera en effet l’Autrichien Dominic Thiem, 3e mondial, qui s’est également qualifié pour la finale, en éliminant le Russe Daniil Medvedev (5e) 6-2, 7-6 (9/7), 7-6 (7/5), également vendredi.

À 27 ans, Thiem atteint pour la quatrième fois de sa carrière ce stade dans un tournoi du Grand Chelem. Il s’était chaque fois incliné à Roland-Garros contre Rafael Nadal, en 2018 et 2019, et lors des derniers Internationaux d’Australie, en février, face à Novak Djokovic.

Alexander Zverev sait qu’il ne sera pas forcément le favori pour la finale.

Il l’était bien en revanche pour cette demi-finale face à Carreño Busta, 27e mondial, qu’il avait battu assez facilement lors de leur première confrontation, déjà une demi-finale, au Masters 1000 de Miami en 2018.

Mais Zverev est totalement passé à côté de son entame de match, ratant à peu près tout ce qu’il entreprenait, commettant notamment 36 fautes directes lors des deux premières manches empochées sans sourciller par l’Espagnol, dont le parcours new-yorkais a évidemment été marqué par la disqualification de Novak Djokovic pour un geste d’humeur lors de leur 8e de finale.

« J’étais au plus bas »

« Je regardais le tableau d’affichage et je voyais ce score. J’étais au plus bas, je me disais : “Je suis en demi-finale, je suis censé être favori de ce match et je suis mené deux manches à rien.” Mais je savais qu’il fallait que je joue un meilleur tennis, tout simplement », a expliqué Zverev, qui a effectivement trouvé les ressources mentales pour corriger le tir.

Pour ce faire, il a d’abord pu s’appuyer sur un service enfin efficace en première comme en deuxième balle, qui n’a pas donné l’occasion à son adversaire de l’inquiéter. Et, se montrant également plus combatif, il a pu convertir deux des trois balles de bris qu’il s’était créées.

À la 4e manche, Zverev a confirmé cet ascendant, profitant cette fois d’une baisse de régime de Carreño Busta, qui a commis plus d’erreurs et, s’excusant de ne pas l’avoir fait exprès, a atteint l’Allemand au bras sur un point au filet. Un peu plus tôt, ce dernier avait dû à un réflexe de ne pas être touché par une autre balle de l’Espagnol sur un point similaire.

Quelque peu courroucé, Zverev a néanmoins su conserver sa concentration. À la 5e manche, après que Carreño Busta se fut fait manipuler le dos par le médecin, Zverev a brisé d’entrée et n’a plus lâché son avantage, pour finalement s’imposer en 3 h 22 min.

Après sa première demi-finale d’un tournoi de Grand Chelem atteint aux derniers Internationaux d’Australie, Zverev franchit donc un nouveau palier, en faisant montre d’un caractère qu’on ne lui connaissait pas encore dans les grands rendez-vous. À lui de conserver cet élan au moins 48 heures de plus.

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