Place aux lecteurs

Un médecin pour Noël

Nos lecteurs sont nombreux à souhaiter un médecin de famille pour Noël. Voici un aperçu des commentaires reçus à la suite du témoignage de Louis-Paul Lazure.

Principe de priorité

Avec la pyramide des âges actuelle, bon nombre de médecins vont prendre leur retraite alors que les patients vieillissants auront davantage besoin de médecins de famille. Je me demande pourquoi en contexte de « pénurie » on ne pense pas appliquer le principe de priorité. Les médecins de famille pourraient être réservés aux 60 ou 65 ans et plus ou aux plus jeunes avec maladies chroniques qui ont besoin de coordination des soins, avantage offert par les médecins de famille. Pour les autres, l’accès ponctuel à un médecin selon le besoin pourrait suffire. Ce serait une façon plus équitable de répartir les ressources restreintes collectivement.

— Line Leclair, Saint-Bruno-de-Montarville

Facteurs de risque

Je suis médecin de famille depuis 38 ans et le concept d’examen annuel chez un patient asymptomatique est révolu depuis bien des années. Il y a des bilans préventifs recommandés qui ont fait leurs preuves selon les facteurs de risque personnels et familiaux. Je vous conseille le site web choisiravecsoin.org qui établit les recommandations selon les spécialités. Les recommandations sont basées sur des données probantes. Les patients doivent comprendre qu’avant de demander un test, il faut en connaître l’impact, les conséquences et si cela donne lieu à un changement dans le traitement et le pronostic. Notre société ne peut plus soutenir le « bar ouvert ».

— Lianne Lamy-Monnot, médecin de famille

Nouveau type de cadeau

Savez-vous ce que je donne à ma conjointe pour les Fêtes ? Une carte-cadeau non pas d’une chaîne de vêtements, mais une carte-cadeau d’une clinique privée en médecine. En 2022, c’est là que nous sommes rendus.

— Christian Bernier

Serons-nous remboursés ?

Inscrite tout récemment au guichet d’accès à un médecin de famille (notre médecin de famille part à la retraite), je crois qu’on devrait mettre sur pied une pétition pour forcer le gouvernement à nous rembourser tous les soins et consultations qu’on doit aller chercher dans le privé.

— Anne-Marie Cormier, Longueuil

Infirmière praticienne spécialisée

Vous n’avez pas besoin d’un médecin de famille, M. Lazure, vous avez besoin de voir une infirmière praticienne spécialisée (IPS), qu’on devrait pouvoir rencontrer dans un CLSC localement accessible. On pourrait très bien ouvrir des CLSC partout, dans tous les quartiers de la ville, des banlieues, des campagnes ; ces IPS font appel à un médecin lorsque la situation l’exige (très, très rarement). On a rarement besoin d’un médecin quand on est capable de se rendre soi-même dans une clinique ou des urgences d’hôpital. Quand c’est urgent, j’imagine qu’on appelle l’ambulance… C’est probablement le Collège des médecins qui fait obstruction au déploiement général des IPS.

— Francine Davis

Examens inutiles

Quoique d’accord avec le fait d’avoir accès au système public, le fameux bilan de santé est le parfait exemple de ce qui contribue à engorger le système. Cette vision à courte vue et d’une autre époque doit évoluer vers le bon service avec le bon professionnel au bon moment. Cessez les examens inutiles.

— Jean Châtrauneuf

Mauvaise nouvelle

Le père Noël ne passera pas cette année. Notre médecin de famille vient de nous envoyer une lettre pour nous annoncer qu’il prendra sa retraite le 1er février 2023, qu’il ne prend plus de rendez-vous, mais qu’il respectera les rendez-vous prévus jusqu’au 1er février. Il nous informe de la procédure avec le Guichet d’accès pour la clientèle orpheline : nous ne pouvons nous inscrire que le 2 février 2023. Impossible de commencer la recherche d’un nouveau médecin de famille avant cette date. En attendant, si besoin est, il faut allez engorger les urgences. Bravo à la flexibilité d’un système déficient…

— Guy Vaillancourt

Au privé à nos frais

Je partage entièrement les préoccupations de M. Lazure. Mon conjoint et moi sommes sans médecin de famille depuis maintenant trois ans. Nous avons dû nous tourner vers la médecin privée, à nos frais, pour obtenir les suivis requis par notre condition médicale. Le Guichet d’accès à la première ligne (GAP) est à la disposition des patients orphelins, mais il faut être très « patient » pour pouvoir obtenir la ligne, ce qui n’a jamais été possible pour nous dans l’Outaouais. Il serait pourtant si facile de mettre en place un système de rappel téléphonique, comme l’a fait dernièrement ma compagnie d’assurance, pour éviter les longues heures d’attente au téléphone. Comme le souligne avec justesse M. Lazure, il y a deux classes de citoyens au Québec quand il est question de soins de première ligne, ce qui est tout à fait inacceptable. À tout le moins, des avantages fiscaux devraient être mis en place pour ceux qui doivent payer de leur poche les soins qu’ils ne peuvent obtenir, faute d’un médecin de famille.

— Odette Mercier, Gatineau

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