Alexandre Laganière

Rassembler ses passions

En 2019, Alexandre Laganière était l’analyste des matchs des Alouettes au 98,5 FM. Ce n’est toutefois qu’une petite partie de ce que réalise l’ancien joueur des Carabins de l’Université de Montréal, homme-orchestre dont la première mission est d’unir les gens. Entretien avec celui qui se surnomme « le rassembleur ».

Après sa quatrième saison comme bloqueur à droite des Carabins, Alexandre Laganière ne s’attendait pas à être repêché par une équipe de la Ligue canadienne de football (LCF). Le natif de Québec qui s’était amené chez les Carabins en 2011 croyait que son parcours de footballeur se terminerait avec les Bleus.

« J’avais le Rouge et Or dans ma cour, mais j’ai décidé d’aller jouer pour les méchants Carabins. Danny Maciocia était arrivé dans l’équipe en même temps, et je trouvais que c’était une belle occasion et le bon timing. Il y avait aussi l’attrait d’une nouvelle ville, car je savais exactement à quoi aurait ressemblé ma vie universitaire si j’étais resté à Québec. »

La présence de Maciocia a été un facteur important dans la décision de Laganière de se joindre aux Carabins. Maciocia se doutait d’ailleurs que son joueur de ligne offensive ne jouerait pas au football encore très longtemps.

« Danny m’avait dit [avant le repêchage de 2015] que j’étais doué et que je pouvais faire beaucoup de choses avec ma vie. Il m’avait demandé si de jouer au football était vraiment ce que je voulais faire. Et je ne le savais pas. »

Laganière a été le 54espoir sélectionné lors du repêchage de 2015 et est ainsi devenu un membre du Rouge et Noir d’Ottawa. « C’était contre toute attente, je ne m’attendais pas à être repêché du tout. »

Même s’il a participé au camp du Rouge et Noir en 2015 et qu’il a fait partie de l’équipe de réserve durant deux mois, il était déjà convenu que Laganière disputerait une cinquième et dernière saison avec les Carabins cette année-là. Il allait toutefois subir une déchirure ligamentaire à un genou lors de ce dernier tour de piste universitaire.

« Oui, je me suis blessé, mais dans mon for intérieur, je savais que je n’avais pas la flamme. »

« Ce serait facile de dire que ma blessure m’a empêché d’avoir une belle carrière, mais je n’avais pas la flamme pour m’entraîner assez fort pour devenir un joueur partant au niveau professionnel. Je sentais que d’autres missions m’attendaient. »

— Alexandre Laganière

« Mais le fait d’avoir été repêché m’a permis de vivre l’expérience durant deux mois. J’ai mis le casque du Rouge et Noir pour un match hors-concours à Hamilton. Ç’a été un court passage, mais tout de même une expérience intéressante à vivre. »

Sa plus grande passion

En s’entretenant avec Laganière, on discerne rapidement sa plus grande passion : raconter et filmer des histoires. Et c’est grâce au football qu’il a commencé à vivre cette passion.

« Je faisais des tournages à l’université en filmant des joueurs de football ou des équipes universitaires dans différents évènements. On se rendait, par exemple, à l’hôpital Sainte-Justine ou dans des écoles primaires pour aller à la rencontre d’enfants, et j’aimais raconter ces expériences en images. Je trouvais que ça donnait encore plus de portée à des engagements communautaires comme ceux-là. »

Les Carabins avaient donné la permission à Laganière d’organiser des évènements et de faire des vidéos, qui étaient ensuite diffusées sur les comptes de l’UdeM.

« Je le faisais bénévolement. C’était par passion et parce que ça me tentait, mais ça m’a également permis de développer mes compétences. »

« L’un de mes amis qui travaille pour le Club des petits déjeuners m’a ensuite signalé qu’ils cherchaient un vidéaste. De fil en aiguille, j’ai donc commencé à être payé pour faire des choses que je faisais bénévolement auparavant et qui m’avaient fait passer plusieurs nuits blanches à l’université. Je suis heureux. »

Détenteur d’un baccalauréat en marketing et en entrepreneuriat, Laganière obtient de plus en plus d’offres et de contrats, et pour une multitude de choses. Il peut réaliser et produire des vidéos, mais aussi animer des soirées dans l’évènementiel ou des conférences d’affaires.

« J’ai deux marques. La première, c’est “Alexandre Laganière, le rassembleur”, qui est un peu ce que je fais comme animateur, que ce soit en milieu d’affaires, avec les Alouettes ou autres. La deuxième, c’est “rassembleur productions”. »

Laganière a notamment produit une vidéo intitulée Québec. Confiné. Rassemblé., que vous pouvez retrouver sur sa page Facebook. « J’avais zéro budget pour ce projet-là, mais j’ai joint des créateurs sur les réseaux sociaux pour participer », a-t-il raconté.

Et la réponse a été bonne : une quarantaine de personnes ont participé au projet pour donner un résultat fort impressionnant. « Ç’a vraiment été un beau projet collaboratif. »

Une place au football

Laganière ne s’en cache pas. La réalisation, la production et l’animation le passionnent plus que le football. Mais que ce soit dans son rôle d’analyste à la radio ou encore en faisant des tournages, l’homme de 29 ans veut rester en contact avec son sport.

« J’aime le football pour ce que ça apporte à la société, de même que pour la partisanerie et les rivalités. Je pense que ça va continuer de faire partie de ma vie parce que le football m’a donné beaucoup et je veux redonner au sport. Cela dit, je ne me vois pas être le prochain Pierre Vercheval. »

Laganière a réalisé des vidéos pour le RESQ, les Carabins et même la Ligue canadienne de football. Il adore raconter ce qui se passe dans les coulisses. Le vidéaste aimerait participer à de tels projets pour le compte des Alouettes. Il a d’ailleurs réalisé un hommage à l’ancien propriétaire du club Robert Wetenhall, à la demande de l’organisation.

« L’un de mes rêves serait d’obtenir le contrat pour faire la vidéo du lancement d’une saison des Alouettes. C’est l’équipe du Québec en entier, pas seulement celle de Montréal, et je sais que j’ai la capacité d’être fédérateur. »

Des projets plein la tête

Laganière travaille actuellement sur de nombreux projets. Il participera notamment au Festival western de St-Tite en septembre prochain, de même qu’au Déjeuner des grands du Club des petits déjeuners, le 16 avril. Il s’agira d’un évènement virtuel sous la formule d’un morning show.

En plus d’animer des évènements, de produire et de réaliser des vidéos, et d’être analyste à la radio, Laganière est actionnaire de l’auberge Le Norbert, à Sainte-Adèle, avec quatre autres partenaires.

« C’est la toute première maison qui a été construite dans les Laurentides, ç’a été confirmé par des historiens. On y organisait des soirées musicales en 2019, mais aussi des rencontres d’affaires et des retraites santé. »

Des projets, vous dites ?

Mais il y a encore beaucoup à explorer pour Laganière, qui voit grand. Le colosse aimerait se tailler une place dans le show-business québécois au cours des prochaines années.

« C’est sûr que j’aimerais ça, intégrer les grands diffuseurs. Et grâce aux différents projets auxquels je participe, je parle de plus en plus avec des gens de l’industrie. Bien des personnes qui font partie du monde du spectacle pensent que j’ai ma place dans ce milieu-là. »

— Alexandre Laganière

Laganière est convaincu qu’il pourrait faire un bon animateur, à la télévision ou à la radio, ce qui semble effectivement assez évident.

« Mon plus gros objectif professionnel, c’est d’animer ma propre émission, pour être bien honnête. C’est ce que je veux. Mon plus grand souhait, c’est de communiquer avec les gens. J’essaie de faire du contenu qui va toucher les gens. Mais j’ai l’authenticité de dire que je ne suis pas le meilleur dans ce que je fais et que je veux continuer d’apprendre. »

Où se voit-il dans 5 ou 10 ans ?

« Une personne qui m’inspire beaucoup dans le milieu, c’est Louis Morissette. C’est un touche-à-tout, qui a sa vision, qui est devant la caméra, mais qui soutient aussi les projets d’autres personnes.

« Au football, je faisais partie de la ligne offensive, où le travail se fait dans l’ombre. Et je veux permettre à des gens dans l’ombre, qui travaillent en arrière-scène, d’obtenir un peu plus de lumière.

« Je me verrais donc avec une boîte de production qui me permettrait de produire mes propres évènements et ceux d’autres gens. En parallèle, j’aimerais également avoir mon émission de télé ou de radio dans laquelle je pourrais rassembler les gens. »

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