Courrier

« Ramener l’immobilier sur terre à coups de marteau »

L’éditorial de Stéphanie Grammond sur la fièvre immobilière*, publié le 1er mai, a suscité de nombreux commentaires. Voici un aperçu des courriels reçus.

Les mécanismes du marché

Lorsque le gouvernement intervient dans le marché, en limitant les hausses de loyer par exemple, il dérègle les mécanismes du marché. Résultat : soit de la rareté comme pour les logements à prix modiques, soit le gaspillage comme avec l’électricité. Que le gouvernement se contente de fixer les normes, s’assure qu’elles soient respectées et laisse aux intervenants dans le marché la liberté d’action : les plus performants prospéreront et les consommateurs et citoyens seront mieux servis. À voir comment sont gérés nos systèmes de santé et d’éducation, comment peut-on en redemander ?

— Michel Jacques

Coûteux matériaux

Vous avez oublié de mentionner que les prix des matériaux de construction ont triplé. Donc le prix de la maison neuve vient d’augmenter. Et combien de propriétaires ont remis à plus tard les rénovations ?

— Denis Marquis

Des bâtons dans les roues

Je suis d’accord avec l’éditorial et je comprends que c’est difficile. Mais après tout ce que j’ai entendu cette semaine sur la crise du logement, il faudrait aussi dire à Valérie Plante et à toute son administration d’arrêter de mettre des bâtons dans les roues des promoteurs et des bâtisseurs d’immeubles. Je suis un bâtisseur d’immeubles et ça fait deux ans que nous nous battons avec la Ville pour bâtir un immeuble dans Ville-Marie, parfaitement intégré à la réglementation et à la communauté. Et encore aujourd’hui, nous ne voyons pas le jour où notre projet va naître. Et nous ne sommes pas les seuls. Ça semble idéologique, pour ne pas dire systémique. Ça fait mal. Non seulement à nous, les bâtisseurs, mais ça fait mal jusqu’au dernier des locataires. J’ai compris tout ce qui s’est dit cette semaine sur cette « crise du logement ». Mais pour reprendre le titre de l’éditorial : sortons nos marteaux et bâtissons.

— Alain Chevalier

Une solution évidente

Avec la pandémie, un grand nombre d’édifices ont été vidés et désormais plusieurs fonctionnaires travailleront de la maison plutôt qu’au bureau. Alors, pourquoi ne pas convertir ces emplacements en logements sociaux ? Pourquoi construire d’autres logements lorsque les structures sont déjà montées et, surtout, lorsque l’on connaît les coûts liés à la construction ? À quoi serviront ces grands espaces abandonnés ? Je ne comprends pas tous ces débats alors que la solution est évidente ! Avec un peu d’imagination, les architectes pourraient régler le problème !

— Marie Reine Boisvert

Des incitatifs

Pour favoriser l’accroissement des immeubles locatifs, pourquoi ne pas accorder un crédit d’impôt aux particuliers sur la construction des nouveaux immeubles entre 2 et 16 logements ? Peu importe la nature du moyen, il ne faut pas que ce moyen soit coercitif, mais plutôt incitatif.

— Marc André Gervais

Sans garantie

En décembre, je cherchais à acheter une maison, mais j’ai opté pour un loyer en attendant que cette surenchère s’arrête. J’ai remarqué un autre problème lors de ces recherches : de plus en plus de vendeurs vendent sans garantie légale et le font sur les conseils de leurs agents immobiliers. Cette façon de faire ajoute de la pression pour acheter trop rapidement.

— Justin Brière

Une taxe judicieuse

Taxez les gains en capitaux sur les résidences principales au-delà d’une certaine somme, et d’une certaine superficie habitable. Cela réduirait la propension à l’enflure des résidences principales sans léser les petits propriétaires. Mesure environnementale et sociale.

— Yves St-Onge

La Bourse de l'immobilier

Voilà un effet collatéral du peu de rendement que nous avons sur nos placements dits conservateurs. À long terme, à force de voir notre capital financier stagner, on joue à la Bourse ou, à défaut, on crée de toute pièce un marché boursier avec le capital immobilier. C’est une très mauvaise idée. À terme, cette course au rendement ne reflétera plus la véritable valeur économique du capital immobilier, la grenouille qui voulait devenir aussi grosse que le bœuf explosera.

— Christian Castonguay

Hôtels ou logements ?

Vous ne parlez pas de légiférer davantage sur les Airbnb, ce serait pourtant une avenue permettant de retourner au marché locatif pour habitation des logements qui sont actuellement intégrés à l’offre d’hôtellerie. D’autre part, c’est une vraie folie qui s’est emparée des acheteurs de maisons, entre autres, leur faisant oublier toute prudence. Qui donc encourage la surenchère sur les maisons par encan silencieux (secret) ? Ça profite bien aux intermédiaires dont le mode de rémunération n’est absolument pas en lien avec la valeur ajoutée qu’ils apportent à la transaction, n’est-ce pas ?

— Mance Cléroux

Mauvais placement

Qui donc sera intéressé à investir dans les logements locatifs à bas prix avec les politiques de logement et de contrôle des prix ? Il est beaucoup plus intéressant quand on a un peu d’argent de le placer ailleurs.

— René Rochon, Bromont

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